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Insomnie

Compléments alimentaires à la mélatonine : quels sont les risques pour la santé ?

La consommation de compléments alimentaires à la mélatonine a augmenter ces dernières années en France où 40% de personnes disent souffrir de troubles du sommeil. Mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur 90 effets indésirables et les risques pour la santé. 

Compléments alimentaires à la mélatonine : quels sont les risques pour la santé ? Tatiana Dyuvbanova /Istock

  • Publié 12.04.2018 à 10h25
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Somnolence, vertiges, migraines, nausées, douleurs abdominales... Dans une étude parue le 11 avril, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur les dangers liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la mélatonine. Au total, 90 cas d’effets indésirables survenus à la suite de la prise de ces produits ont été déclarés entre 2009 et 2017, parmi lesquels des symptômes généraux (céphalées, vertiges, somnolence, cauchemars, irritabilité), des troubles neurologiques (tremblements, migraines) et gastroentérologiques (nausées, vomissements, douleurs abdominales). 

La mélatonine est une hormone naturelle sécrétée par le cerveau lorsque la lumière baisse pour lui signaler qu’il est l’heure d’aller dormir. Depuis plusieurs années, sa consommation augmente en France, notamment à travers les compléments alimentaires. Pourtant précise l'Anses, la mélatonine possède également d’autres propriétés comme la "modulation de l’humeur et du système immunitaire, la régulation de la température corporelle et de la motricité intestinale". Trop en consommer, surtout chez certains types de personnes, peut présenter des risques sérieux pour la santé.

Les personnes les plus à risque 

Après l'examen de ces différents cas, l'agence recommande en effet "aux personnes souffrant de maladies inflammatoires ou auto-immunes, aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants, aux adolescents et aux personnes devant réaliser une activité nécessitant une vigilance soutenue et pouvant poser un problème de sécurité en cas de somnolence de ne pas consommer de mélatonine sous forme de compléments alimentaires".

L'Anses préconise également dans son communiqué, un avis médical pour "les personnes épileptiques, asthmatiques, souffrant de troubles de l’humeur, du comportement ou de la personnalité ou suivant un traitement médicamenteux". En l’absence de données suffisantes sur les effets à long terme de la consommation de mélatonine, l’Agence recommande de limiter la prise de ces produits à un usage ponctuel et de solliciter l'avis d'un médecin. 

Lors du Congrès du sommeil qui a eu lieu en novembre 2017 à Marseille, les chercheurs se sont accordé sur les indications et usages de cette hormone. Les médecins réunis ne recommandaient pas non plus l’utilisation de la mélatonine en complément alimentaire, vendue librement donc trop peu encadrée. Au contraire, ils conseillent de la prendre sous forme médicamenteuse et de varier les doses selon le type d’insomnie, avec l'avis d'un médecin.

Les Français emprunts aux troubles du sommeil

En France, 40% des Français disent souffrir de troubles du sommeil. Notamment 17 % des 25-45 ans qui dorment en moyenne 5h48 par nuit, selon le dernier rapport de l'Institut de Prévention et d'Education pour la Santé (Inpes). Autant dire, peu. Les femmes, âgées entre 55 et 65 ans et non-sportives, sont plus concernées que les hommes (45% contre 34% d'hommes).

Pourtant, le sommeil est indispensable au développement cérébral de l’enfant, mais aussi à l’élimination des déchets produits par le fonctionnement du cerveau. Avoir une insomnie, ou limiter son temps de sommeil, expose donc à des risques pour la vigilance et l’apprentissage. Par ailleurs, les troubles du sommeil sont associés à diverses maladies, dont le surpoids, l'obésité, et les maladies cardiovasculaires.

Trois sortes d'insomnie

On parle d’insomnie dans 3 circonstances : soit lorsque l’on a du mal à s’endormir à l’heure du coucher (insomnie initiale), soit lorsque l’on se réveille fréquemment en pleine nuit pendant de longues durées, soit lorsque l'on se réveille prématurément le matin avec une incapacité à retrouver le sommeil. L'insomnie peut être ponctuelle et transitoire, parfois durable, voire chronique lorsque les troubles se produisent plus de trois fois par semaine, depuis au moins un mois.

Les premières causes d'insomnie sont le stress et l’anxiété. Ce sont les événements de vie, qu’ils soient positifs ou négatifs, voulus ou subis, qui en sont à l’origine (mariage, divorce, deuil, perte d’emploi...). On parle alors d’insomnie réactionnelle. Il s’agit d’une insomnie aiguë d’ajustement qui est directement causée par l’événement stressant. Ce type d’insomnie dure quelques jours ou semaines et disparaît généralement en moins de trois mois, après la disparition du traumatisme ou des facteurs en cause. Chez les personnes les plus vulnérables, il peut arriver que l’insomnie persiste à la suite de la disparition de l’événement stressant et devienne chronique.

Les conséquences de l'insomnie

L’insomnie aigüe peut causer une détresse psychologique et émotionnelle, mais généralement, elle se traduit surtout par des problèmes de concentration et de mémoire, avec la nécessité d’un plus grand effort de volonté pour accomplir ce qui est habituellement une tâche simple. Le manque répété de sommeil peut avoir des conséquences néfastes à court terme et à long terme.

Certaines conséquences de l’insomnie sont immédiates : fatigue, somnolence, irritabilité, pertes de mémoire et difficulté à se concentrer durant le jour. Les difficultés de concentration, des troubles de la mémoire et un déficit de l'attention peuvent conduire à une baisse des performances scolaires ou professionnelles.
Une fatigue et une somnolence durant la journée sont clairement à l’origine d’un risque accru d'accidents du travail. Elles sont particulièrement dangereuses en cas de conduite automobile prolongée : la fatigue au volant serait ainsi impliquée dans 20 à 25 % des accidents de la route aboutissant à un décès. 

Combien de temps devons-nous dormir ?

La National sleep foundation (NSF), l’organisme américain visant à promouvoir l'éducation au sommeil, a déterminé des durées de sommeil idéales en fonction de l'âge par l'analyse de plus de 300 études publiées :

Elle recommande :

- pour les nouveaux-nés (moins de 3 mois) de dormir entre 14 et 17 h par jour
- pour les nourrissons (entre 4 et 11 mois) de dormir entre 12 et 15 heures
- pour les bambins (entre 1 et 2 ans) de dormir entre 11 et 14 heures
- pour les enfants de moins 5 ans de dormir entre 10 et 13 heures
- pour les écoliers (entre 6 et 13 ans) de dormir entre 9 et 11 heures
- pour les adolescents (entre 14 et 17 ans) de dormir entre 8 et 10 heures
- pour les jeunes adultes (entre 18 et 25 ans) de dormir entre 7 et 9 heures
- pour les adultes (entre 26 et 64 ans) de dormir entre 7 et 9 heures
- pour les seniors (de plus de 65 ans) de dormir entre 7 et 8 heures

Ce sont des durées idéales moyennes, mais, un bon "truc" pour savoir si l'on dort suffisamment par rapport à ses besoins, c'est de comparer la durée usuelle de son sommeil en semaine par rapport à celle du sommeil en vacances.

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