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Le rire, cet inconnu

Certes, on peut mourir de rire… mais rire est au total excellent pour la santé

Par Dr Eric Du Perret

On ne l’étudie pas pendant les études de médecine et il fait pourtant partie de notre vie de plaisir. On commence même à voir des spécialistes apparaître dans les hôpitaux. Des chercheurs britanniques affirment très sérieusement qu’il peut avoir des effets dramatiques sur la santé, mais au total, il ne faut pas se priver, bien au contraire, de cette propriété de notre cerveau dont on ne connaît pas encore le mécanisme.

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On commence d’abord par le sujet qui fâche. Malgré tous les bienfaits que la tradition prête au rire, il paraît qu'il peut aussi être dangereux !

Le British Medical Journal s’est intéressé au rire pathologique, c’est-à-dire qui peut provoquer des maladies. Et ils ont sorti une forme d’épilepsie pas très connue, l’épilepsie gélastique (du grec gelos qui signifie rire) pour laquelle un rire incontrôlable et différent du rire spontané de la personne est le symptôme qui permet de faire le diagnostic.

Les auteurs ont également identifié de nombreux effets indésirables de l’hilarité : l’incontinence (ça, tout le monde connaît l’expression « pisser de rire »), mais aussi l’étouffement ou la crise d’asthme du fait du manque d’air inspiré.

L’expression mourir de rire a une vraie signification…

Les Anglais ne se privent pas de rappeler que l’expression mourir de rire peut se révéler dramatiquement exacte et rapportent des cas de fous rires ayant entraîné la mort par arrêt cardiaque. Se tordre de rire est tout aussi préjudiciable puisque dans ce cas, c’est l’œsophage qui trinque et se tord.

On ne va pas laisser quelques chercheurs britanniques nous gâcher notre bonne humeur latine ! Et qu’il faut toujours faire confiance au langage populaire qui connaît bien ce moyen gratuit de bien-être. Certes, on dit « mourir ou se tordre de rire » mais on peut aussi « rire de bon cœur, être plié de rire en détendant notre diaphragme, se rouler par terre lorsque les jambes cèdent de plaisir ou rire à gorge déployée dans une véritable polka des zygomatiques… » Le rire possède plus de formes que le médicament, mais ne nous trompons pas, si l’on connaît mal le mécanisme de naissance de cette aide de bonheur, ses effets positifs ne sont pas là par hasard.

Et puis pour être honnête, les chercheurs britanniques de ces études négatives ont aussi retrouvé pas moins de 85 travaux de recherche qui évoquent les bienfaits de la franche rigolade. Les clowns qui interviennent dans les hôpitaux le savent bien, rire augmente par exemple notre capacité de résistance à la douleur.

On connaît mal le mécanisme du rire

On ne sait pas encore vraiment pourquoi on rit. Parce qu’on est heureux, me direz-vous. Certes ! Rire fait du bien, personne n’en discute. Les psychiatres vous diront que pendant ce temps, on oublie le reste… Mais ce n’est pas tout, il provoque une amélioration de la respiration, de l’oxygénation du sang, et une meilleure digestion…

Il faut aussi évoquer l’importance du sourire qui ne relaxe que les muscles du visage, ce qui n’est déjà pas si mal puisque cela retardera de plusieurs années l’apparition des rides ; mais le rire est lui un véritable massage des muscles. Quelques minutes de rire seraient l’équivalent d’une heure de relaxation. Pourtant, malgré toutes ces qualités, les Français rient de moins en moins. Six minutes par jour en moyenne aujourd’hui contre plus de vingt en 1939. 

Pleurer soulage

On a aussi prouvé scientifiquement, en analysant les larmes d’un œil irrité par une poussière ou celles d’un gros chagrin, que pleurer soulage. Les premières ne sont que de l’eau salée, les autres contiennent tout un tas de substances de stress qui nous pourrissent la vie.

Passer du rire aux larmes… Cela prend tout juste quelques minutes... Le temps d’une « Question d’actu »  de Pourquoi Docteur !