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Hommes, usagers de drogues, femmes

Truvada en prévention du VIH : la PrEP n’atteint pas toutes ses cibles

Truvada en prévention du VIH : la PrEP n’atteint pas toutes ses cibles Jeff Chiu/AP/SIPA

  • Publié 20.02.2016 à 07h45
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REPORTAGE – La consultation PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) de l’hôpital Saint-Louis (Paris) fonctionne à plein régime. Mais les autres populations visées par le Truvada en prévention d’une infection par le VIH ne s’y rendent pas encore.

En quatre heures, dix hommes se sont succédé dans le bureau de Diane Ponscarme. Cette infectiologue à l’hôpital Saint-Louis (Paris) les reçoit dans le cadre de sa consultation dédiée à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), prescrite en prévention d’une infection par le VIH. Depuis son ouverture au sein du service des maladies infectieuses, le 10 novembre 2015, seuls des hommes se sont présentés.

Un public très exposé

Ces usagers de la PrEP correspondent tous au premier critère d’éligibilité de prescription du Truvada (emtricitabine/ténofovir) : ce sont des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH). « Je suis en couple ouvert avec un homme séropositif depuis cinq ans », explique Lionnel qui consulte pour la première fois. Si le jeune homme se protège souvent, il lui arrive d’abandonner le préservatif avec des partenaires occasionnels. Une pratique considérée à risque mais fréquente dans la population des HSH.

Ecoutez...
Lionnel, usager : « Avec mon compagnon, on s’autorise à aller voir ailleurs. J’ai abandonné le préservatif avec lui. Je vois la PrEP comme un ajout à la responsabilisation de l’acte. »


Lionnel appartient de fait à une population exposée à un risque accru. En 2014, les HSH représentaient 42 % des découvertes de séropositivité. C’est ce constat qui pousse de nombreux hommes à rejoindre les différentes consultations PrEP ouvertes en France, dont une carte est disponible sur le site de l’association AIDES.

« On sait que le VIH n’est plus une maladie mortelle, mais elle reste chronique avec des répercussions sur la vie quotidienne, explique Romain, un autre "débutant" de la PrEP. Si je prends le Truvada, c’est parce que pour certaines pratiques, je n’utilise pas toujours de préservatif. » C’est notamment souvent le cas pour la fellation.

 

#Truvada en prévention du #VIH : la PrEP n’atteint pas (encore) toutes ses cibles - Reportage à l'hôpital Saint-Louis (Paris)Un usager et un accompagnateur AIDES témoignent...

Posté par Pourquoi docteur sur samedi 20 février 2016

 

L’absence des femmes

Les médecins déplorent que très peu de jeunes adultes se présentent à la consultation. Ils sont pourtant touchés par une hausse marquée des nouvelles contaminations, selon les dernières données de l’Institut de Veille Sanitaire. « Les jeunes qui prennent des risques, on ne les voit pas », regrette Diane Ponscarme. Le message de prévention passe difficilement dans cette catégorie d’âge. Dans la consultation de Saint-Louis, la moyenne d’âge est sensiblement plus élevée.

Ecoutez...
Khafil Moudachirou, accompagnateur AIDES : « Au niveau de l’âge, on est plutôt sur des 30-40 ans. Le public est plutôt éduqué, les personnes prennent plutôt soin d’elles. »


Pour autant la PrEP ne s’adresse pas exclusivement aux HSH. Le rapport du Pr Philippe Morlat a servi de base à l’examen de la Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU) du Truvada par un comité de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il désigne quatre autres populations pouvant bénéficier de cette prescription par les infectiologues. Parmi elles, les personnes transgenres ayant des rapports à haut risque.

Les trois autres populations font l’objet d’une détermination au cas par cas : les usagers de drogues injectables, les personnes en situation de prostitution et les personnes vulnérables exposées à des rapports non protégées. Cette définition implique donc que la PrEP s’adresse aussi à des femmes. « Je n’en ai pas vu du tout, admet Diane Ponscarme. C’est un public difficile à sensibiliser et à toucher, puisque ce sont des personnes en situations de précarité, de vulnérabilité sociale. » C’est le point faible de ces consultations qui se cantonnent à l’hôpital. Mais elles sont encore récentes et les associations communautaires, AIDES au premier plan, n’ont sans doute pas encore eu le temps d’atteindre ces populations.

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