Publicité

QUESTION D'ACTU

Dépassements d'honoraires, tarifs

Médecins- sécu: l'épreuve de force

En rejetant ce week-end, les dernières propositons de l'assurance maladie sur les honoraires, les médecins de la CSMF hypothèquent les chances des partenaires de conclure un accord pour la dernière réunion. 

Médecins- sécu: l\'épreuve de force Le président de la CSMF, le Dr Michel Chassang, doit présenter des proposions éloignées du projet d\'accord souhaité par l\'assurance maladie (WITT/SIPA)

  • Publié 22.10.2012 à 06h00
  • |
  • |
  • |
  • |


A l'unanimité. Ce week-end, l'assemblée générale de la CSMF, le principal syndicat de médecins chargé de négocier avec l'assurance maladie les tarifs des consultations et les dépassements d'honoraires, a rejeté en bloc le projet d'accord présenté jeudi dernier par les partenaires. De l'aveu d'un participant à cette réunion, «le président de la CSMF est même sous observation».
Le Dr Michel Chassang va donc se présenter aujourd'hui à la table des discussions pour une ultime réunion avec une feuille de route bien précise. Elle diffère sensiblement de celle donnée par le gouvernement et que le chef de l'Etat a rappelée samedi au congrès de la Mutualité française:  «une diminution progressive mais réelle, du reste à charge pour les patients». Et François Hollande  n'a pas manqué de fixer à nouveau l'objectif de plafonner les dépassements d'honoraires. Les médecins de la CSMF, eux, souhaitent des engagements précis  pour la revalorisation de leurs actes. «L'ambiance n'est donc pas à la signature», résume un adhérent. Or, faute d'un accord entre les signataires de la convention médicale ce lundi, le ministre de la Santé a prévenu dimanche sur BFM qu'«un texte de loi est déjà prêt ». Marisol Touraine veut «sanctionner les dépassements abusifs de manière rapide et efficace » mais aussi « maitriser les dépassements qui, même s'ils ne sont pas abusifs, sont pour beaucoup de français, excessifs ».

Si le syndicat est prêt à engager un bras de fer avec les pouvoirs publics, c'est aussi pour exprimer un ras-le-bol de la base. Il « touche toutes les spécialités et toutes les tranches d’âges, y compris les futurs médecins», souligne la motion. Pour en finir avec «ce contexte de stigmatisation des médecins libéraux mal payés, maltraités par les caisses et accusés de tous les maux», la CSMF pose  «sept conditions» dont la plupart concerne  «un plan d'urgence pour le secteur 1».
En clair, les médecins de  ce syndicat souhaitent que les tarifs de base de la consultation soient revalorisés . «L’étalement dans le temps, sur trois ans, tel qu’il est proposé, correspondrait, une fois de plus, à un saupoudrage inacceptable, mais surtout, il rend suspect les intentions des pouvoirs publics, indiquent-ils en guise d'avertissement. Les complémentaires sont appelées à la rescousse pour prendre en charge une partie de ces revalorisations. Dans le projet d'accord présenté jeudi dernier, une enveloppe de 300 millions d'euros avait été évoquée pour les financer, dont la moitié avancée par les complémentaires. Mais aucune date n'avait été précisée, ce que contestent aujourd'hui les médecins. 

Avec, de part et d'autre, des positions aussi tranchées et une telle radicalisation dans les discours, on voit mal comment le gouvernement pourra sortir de cette impasse, si ce n'est en force. Témoin de ce fossé grandissant, ce  lundi, le Parti de gauche a prévu de distribuer  devant le siège de l'assurance maladie , des " cartes Vitale gold " pour dénoncer un «simulacre d'encadrement » des dépassements. Les internes, eux, manifesteront pour réclamer le maintien du secteur à honoraires libres !

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité