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Collyre

Cataracte : des gouttes oculaires pourraient évincer la chirurgie

Par Julian Prial

Un collyre contenant du lanosterol, substance qu'on retrouve dans des yeux sains, s'est révélé capable de réduire la cataracte sur des chiens malades.

WIDMANN PETER/TPH/SIPA

La cataracte est une opacification du cristallin d’évolution lente, entraînant une baisse progressive de la vision. Une gêne dans les activités quotidiennes ou professionnelles amène à envisager un traitement chirurgical pour rendre à l’œil sa transparence et corriger la vue.
Cette opération, connue pour être sûre et efficace, en fait l’intervention chirurgicale la plus fréquente au monde. En France, près de 600 000 personnes, âgées pour la plupart, sont opérées chaque année.

Mais pour éviter les désagréments d’une opération chirurgicale, des chercheurs travaillent sur d’autres alternatives. Dans une étude publiée dans la revue Nature, une équipe de scientifiques chinois emmenée par Ling Zhao, de l'Université du Sichuan (Chengdu), explique avoir démontré qu'un traitement par collyre, « pouvait réduire la sévérité de la cataracte (...) in vivo sur des chiens ». 

Des résultats à confirmer sur l'homme 

Pour parvenir à ce résultat, des chiens qui souffraient naturellement de cataracte ont reçu des gouttes contenant du lanosterol. Il s'agit d'une petit molécule qu'on retrouve dans l'œil sain identifiée par l'équipe chinoise comme un élément clé pour prévenir ou empêcher le mécanisme de formation de la cataracte.
Résultat, après six semaines de traitement, l'opacité du cristallin des chiens malades a diminué, réduisant la sévérité de la maladie. Des résultats comparables ont été obtenus in vitro sur des cristallins malades de lapin. En fait, une fois dans l'œil, la substance réussit tout simplement à s’opposer au lent processus de dénaturation des cristallins et de formation d’agrégats dans l’œil, conséquences d'une cataracte.

Cette recherche pourrait déboucher sur « le premier traitement préventif de la cataracte chez l'homme », a estimé l'expert indépendant américain J. Fielding Hejtmancik, dans un commentaire séparé publié par Nature. Reste donc maintenant à tester ce nouveau collyre de traitement chez l’homme et à prouver à nouveau son efficacité.

 

Une personne sur cinq touchée à partir de 65 ans

Aun final, le fait de ralentir et retarder de plusieurs années l'apparition de la cataracte chez les personnes âgées permettait de réduire fortement le recours aux opérations, souligne cet ophtalmologue. Une œuvre utile lorsqu'on sait que le vieillissement de la population mondiale va se traduire par un doublement des opérations de la cataracte d'ici 20 ans. Aujourd'hui, cette pathologie touche une personne sur cinq à partir de 65 ans, une sur trois chez les plus de 75 ans et près de deux sur trois après 85 ans, d'après l'Inserm.

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