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QUESTION D'ACTU

Nanomédecine

Des puces pour nous soigner

Traquer les gènes, identifier des biomarqueurs du cancer ou la souche de virus emergents, des petites puces bouleversent le monde de la médecine.

Des puces pour nous soigner INSERM/PATRICE LATRON

  • Publié 28.03.2012 à 17h49
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Et si les traitements classiques étaient parvenus à leurs limites ? En matière de cancers, de diabète ou de maladie d'Alzheimer, la prévalence ne cesse d'augmenter.  Les scientifiques testent donc de nouvelles pistes pour mieux comprendre et traiter ces pathologies : la « nanomédecine ». « En santé et médecine, l'utilisation des nanotechnologies consiste à miniaturiser des outils existants : mettre toujours plus de choses sur une surface toujours plus petite, ou encore rendre ces outils assez petits pour les introduire dans le corps humain », explique Jacques Grassi, directeur de l'Institut Technologies pour la Santé.

Aujoiurd'hui, l'informatique a recours de manière très concrète  aux nanosciences. Grâce à la miniaturisation des composants de base, la puissance des processeurs et les capacités de stockage d'informations ont été multipliées. Le lien avec la santé ? Le développement du scanner, l'IRM, le TEP, les échographies... Ces progrès en microélectronique ont aussi donné naissance aux « labopuces » ! Ces composants miniatures peuvent réaliser tout ce que fait aujourd'hui un laboratoire: analyse biologique d'un échantillon, traitement, résultats. 

Parmi ces « labopuces », les puces à ADN : elles contiennent des centaines de milliers de séquences complémentaires (sondes) à un segment d'ADN recherché. Mises en présence d'un échantillon de sang ou de tissu, ces sondes s'hybrident et signalent les gènes traqués par fluorescence. 
Autre exemple : le séquençage du génome. L'intégralité de notre ADN peut aujourd'hui être passée au crible en quelques heures et pour moins de 1 000 euros, alors qu'en 2000, il fallait 10 ans et des milliards de dollars ! Ainsi, lors d'épidémies, le rôle des « labopuces » est tout trouvé. « Pendant le récent épisode de grippe aviaire, des flux énormes d'échantillons devaient être analysés. En Asie, des labopuces ont été utilisées », explique Patrick Boisseau, spécialiste de la nanomédecine à Grenoble.


Les nanos vont même plus loin, en pénétrant au cœur de nos cellules. Faisant office d' « éclaireurs », des objets nanoscopiques sont envoyés dans les tissus où ils s'attachent aux molécules recherchées et permettent de les visualiser, par fluorescence par exemple. Grâce à cette « imagerie moléculaire », les scientifiques peuvent mettre en évidence de façon précoce la présence de biomarqueurs de certaines pathologies, comme le cancer.
Alice Bomboy 

Sciences et Santé, le magazine de l'Inserm

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