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Cancer du foie : un diagnostic souvent trop tardif

Cancer du foie : un diagnostic souvent trop tardif

Publié le 13.01.2017
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Cancer du foie : un diagnostic souvent trop tardif
©123RF-Kurhan

Le cancer primitif du foie est une tumeur cancéreuse qui prend naissance dans les cellules du foie. Cette tumeur peut ensuite envahir les tissus voisins. Le cancer secondaire du foie (ou « métastases ») provient d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps.

Cancer du foie : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Les « tumeurs cancéreuses » du foie sont également appelées « tumeurs malignes » du foie.
Le « cancer primitif » du foie désigne une tumeur cancéreuse qui prend naissance dans les cellules du foie : les « hépatocytes ».Le « cancer secondaire » du foie (ou « métastase ») provient d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps et dont certaines cellules ont migré dans le foie par voie sanguine

Qu’est-ce qu’un cancer du foie ?

Le cancer du foie est une tumeur maligne caractérisée par le développement d’un ou plusieurs nodules cancéreux dans le foie.
Le foie est un organe essentiel au fonctionnement de l’organisme et qui ne peut pas être suppléé. En revanche, un quart seulement du foie suffit à assurer ses principales fonctions et le foie a des capacités de régénération très importantes qui lui permettent de reprendre une fonction normale à partir d’une fraction réduite de sa masse. Enfin, il est possible d’envisager des greffes de foie.
Dans la grande majorité des cas, ces nodules se développent dans un foie malade, en raison d’une affection chronique qui a provoqué une surcharge en graisse du foie (« stéatose ») ou des lésions cicatricielles généralisées (« cirrhose »). Ces maladies peuvent être l’alcoolisme, une stéatose au cours d’un diabète de type 2, une hépatite virale chronique ou une surcharge en fer au cours d’une hémochromatose.
Le cancer du foie reste longtemps « silencieux », c’est-à-dire sans provoquer de signes cliniques, ce qui rend son diagnostic précoce difficile. En conséquence, les personnes chez lesquelles ce cancer est finalement découvert souffrent souvent de formes avancées, plus difficiles à traiter.
Le nombre de cancers du foie diagnostiqués chaque année est en baisse sensible, en particulier en raison du nombre de personnes traitées contre l’hépatite C.

Quels sont les différents types de cancers du foie ?

• Le « carcinome hépatocellulaire », ou « hépatocarcinome », est la forme la plus fréquente de cancer primitif du foie (90 % des cancers primitifs du foie). Il prend naissance dans les cellules qui forment la majeure partie du foie (appelées « hépatocytes »). Le carcinome hépatocellulaire se développe le plus souvent chez les personnes qui ont un foie endommagé, comme par exemple au cours d’une cirrhose (cicatrisation du foie) alcoolique, virale ou toxique. Il peut prendre la forme d’une seule tumeur qui peut devenir très grosse si elle n’est pas détectée de façon précoce. Le « carcinome fibrolamellaire » est une variante qui apparaît surtout chez les femmes âgées de moins de 40 ans.
D’autres formes de cancers primitifs du foie sont plus rares : Lorsqu’un cancer prend naissance dans un canal biliaire à l’intérieur du foie, on le désigne sous le nom de « cancer des canaux biliaires intrahépatiques » ou de « cholangiocarcinome ». Les canaux biliaires sont les tubes qui acheminent la bile, qui contribue à la digestion des gras, du foie vers l’intestin grêle.
Il est également possible d’observer des « sarcomes des tissus mous » (« angiosarcome », « léiomyosarcome », « fibrosarcome », « histiocytome fibreux malin », « rhabdomyosarcome »), mais aussi des cancers développés à partir des cellules des vaisseaux du foie (« hémangioendothéliome épithélioïde »), à partir des cellules endocrines (« tumeur neuroendocrine »), à partir des cellules immunitaires comme le lymphome non hodgkinien, (habituellement un lymphome non hodgkinien diffus à grandes cellules B ou un lymphome T hépatosplénique)…
• Les « métastases hépatiques », qui sont des tumeurs secondaires du foie, sont bien plus fréquentes que le cancer primitif du foie. Une métastase hépatique désigne un cancer issu d’un cancer qui a pris naissance dans un autre organe du corps et qui s’est propagé au foie. Dans ce cas, la tumeur qui se trouve dans le foie est composée de cellules du type où le cancer a pris naissance, et non de cellules hépatiques. Par exemple, le cancer colorectal se propage souvent au foie : on parle alors de « cancer colorectal avec métastase hépatique », et ce cancer secondaire serait traité comme un cancer colorectal, et non comme un cancer primitif du foie. Les cancers qui « métastasent » souvent au foie sont surtout les cancers du pancréas, du sein, de la vésicule biliaire et des canaux biliaires, le cancer colorectal, le cancer de l’estomac, de l’œsophage, du poumon, de la peau (« mélanome »), de l’ovaire, de l’œil, et les neuroendocriniens.

Quels sont les signes du cancer du foie ?

Au début de la maladie et pendant longtemps, le cancer du foie ne cause aucun problème et il n’y a aucun signe. Le foie est, en effet, un organe volumineux avec de grosses capacités de compensation et il peut fonctionner normalement même s’il renferme une grosse tumeur.
Les signes apparaissent lorsque la tumeur grossit et provoque des complications, par exemple si elle obstrue les canaux biliaires.
De plus, les signes ne sont pas spécifiques du cancer du foie et d’autres maladies, dont la cirrhose, peuvent causer les mêmes signes que le cancer du foie. Il en est ainsi des douleurs du ventre (lesquelles peuvent irradier jusqu’à l’épaule droite), des nausées et des vomissements, une perte d’appétit, une sensation de « trop manger », même après un repas léger (appelée « satiété précoce »), une diarrhée, une constipation, une perte de poids, un renflement sous les côtes à droite, un gonflement proéminent de l’abdomen (causé par une accumulation de liquide appelée « ascite »), un gonflement des pieds et des jambes causé par une accumulation de liquide (appelé « œdème »), une fatigue avec une faiblesse.

Quels sont les facteurs de risque du cancer du foie ?

Lorsque les cellules du foie sont agressées de manière prolongée, elles meurent et sont remplacées par du tissu fibreux : c’est la « fibrose ».
La « cirrhose » est la phase terminale de la fibrose et c’est le facteur de risque le plus important de cancer du foie. Elle apparaît lorsque que le tissu sain du foie est remplacé par du tissu cicatriciel. La circulation du sang dans le foie est alors bloquée, ce qui empêche l'organe de fonctionner normalement. La cirrhose n’est pas seulement provoquée par l’alcoolisme et d’autres facteurs peuvent également être à l’origine de cirrhose : les hépatites chroniques B et C, l’accumulation de graisse dans le foie en rapport avec une obésité.
De plus, le tabagisme peut s’associer aux autres facteurs pour accroitre le risque de cancer du foie : la plupart des cancers sont attribuables à de nombreux facteurs de risque.
L'aflatoxine est une sorte de « mycotoxine » (toxine produite par des moisissures et des champignons). Elle peut contaminer différents aliments dont les céréales comme le maïs, le riz et le blé, les graines oléagineuses comme l'arachide, le soja et le tournesol, des épices comme le piment chili, le poivre noir et le gingembre, des noix comme l’amande, la noix, la pistache et la noix du Brésil ou des aliments provenant d'animaux nourris avec du grain contaminé par les aflatoxines.
Le chlorure de vinyle est employé dans l'industrie des plastiques afin de fabriquer du polychlorure de vinyle (PVC) qui est utilisé dans de nombreux produits. « L’hémochromatose » (surcharge de fer) est une maladie héréditaire dans laquelle l’organisme stocke une quantité de fer plus élevée que la normale. Cet excès de fer s'accumule dans divers tissus, en particulier dans le foie. Quand le foie emmagasine trop de fer et que l'affection n'est pas traitée, l'organe peut subir des dommages (cirrhose).

Quelles sont les complications du cancer du foie ?

• Une « encéphalopathie hépatique » survient lorsque le foie ne fonctionne plus correctement et que des déchets s’accumulent dans le sang et différents signes en rapport avec « l’intoxication du cerveau » apparaissent : confusion mentale, somnolence, changement de la personnalité ou de l’humeur, nervosité et anxiété, troubles de l’élocution (difficulté à articuler), haleine avec une odeur sucrée ou de moisi, tremblements ou difficulté à maîtriser le mouvement des mains et des bras, et enfin, coma.
• « L’hypertension portale » désigne une augmentation de la pression sanguine dans la veine principale qui achemine le sang au foie (la « veine porte »). Cela peut se produire lorsqu’une tumeur hépatique bloque la circulation du sang dans cette veine, ou encore en présence d’une cirrhose importante. L’augmentation de la pression sanguine entraîne la formation de grosses veines, ou « varices », dans l’estomac et l’œsophage afin de permettre au sang de contourner le blocage. Les varices sont très fragiles et peuvent facilement saigner et les signes de l’hypertension portale comprennent : une bosse du côté gauche du ventre (causée par un gonflement de la rate ou « splénomégalie »), une accumulation de liquide dans l’abdomen (appelée « ascite »), un essoufflement (causé par une accumulation de liquide autour des poumons, appelée « épanchement pleural ») et des hémorragies digestives, soit minimes avec du sang dans les selles (couleur noire et goudronneuse), soit massives avec des vomissements de sang.
• Lorsqu’il est diagnostiqué de manière tardive, le cancer du foie peut être traité de manière curative (élimination complète) chez environ un tiers des malades. Dans les autres cas, des traitements sont possibles mais le taux de récidive est élevé (dans 80 à 85 % des cas cinq ans après le premier diagnostic).
• Le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer du foie varie fortement selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic : de 25 % dans les formes où la tumeur est localisée à moins de 10 % dans les formes où la tumeur est plus étendue.
Lorsqu’une greffe de foie a été réalisée pour traiter le cancer, le taux de survie à cinq ans est d’environ 70 %.

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