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QUESTION D'ACTU

Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône

Procès Morat : une "bombe humaine" pour l'avocate générale qui requiert 15 ans

15 ans de réclusion ont été requis par l'avocate générale contre l'homme accusé d'avoir transmis sciemment le VIH à plusieurs femmes. Le verdict est attendu en fin d'après-midi.

Procès Morat : une \ PETILLOT/SIPA

  • Publié 02.10.2014 à 13h28
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Le procès de Christophe Morat s'est ouvert mardi devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône. Ce quadragénaire, séropositif, est accusé d’avoir sciemment contaminé une de ses partenaires avec le VIH, et d’en avoir mis en danger cinq autres. Il avait déjà été condamné en 2005 à six ans de prison pour des faits similaires, et risque donc cette fois une peine de trente ans pour cause de récidive. Mais ce jeudi, le ministère public a rendu son réquisitoire.

Quinze ans requis
Une peine minimale de quinze ans de prison a été requise aujourd'hui à l’encontre de l'homme de 40 ans. « Il a persisté à ne pas vouloir se protéger, la préméditation est caractérisée », a affirmé auprès de l'Agence France Presse (AFP) l’avocate générale Martine Assonion, qui a réclamé une peine à la hauteur « du lourd passé d’un séducteur sans limite pour arriver à ses fins. »
Ce dernier avait en effet aussi été mis en examen en 2012 pour « administration volontaire de substances nuisibles ayant entraîné une infirmité permanente, avec préméditation et en récidive légale », en l'espèce le virus responsable du sida transmis à sa compagne Maryse sans l'avoir informée qu'il était porteur du virus du sida.


Une bombe humaine

L’avocate générale a mis en lumière la « carence totale médicamenteuse » de l’accusé durant la période des faits, qui l’a « transformé en bombe humaine. »
« Il s’est volontairement mis en marge. Il a été dans le mensonge et la manipulation tout le temps. Ce qui compte, c’est son intérêt personnel, c’est d’avoir une certaine jouissance dans la vie de tous les jours », a souligné Martine Assonion qui a évoqué une « utilisation utilitaire des femmes » de la part de l’accusé. Le verdict est attendu ce jeudi en fin d'après-midi.

Double responsabilité 
Dans l'attente, les associations de lutte et de prévention contre le Sida ont toujours prévenu qu'une gestion répressive de la transmission de l'épidémie pourrait avoir de lourdes conséquences. Le Conseil National du Sida insiste en effet sur l'idée d'une double responsabilité. Ainsi, il rappelle que « si une personne vivant avec le VIH a la responsabilité de ne pas transmettre le virus, la personne non contaminée a la responsabilité, à l’occasion d’une nouvelle relation, de se protéger du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles. Par conséquent, cette responsabilité ne saurait être unilatérale ». 
Les associations avancent aussi que pénaliser la transmission du VIH peut aggraver la marginalisation des personnes séropositives, et créer un climat de suspicion généralisé qui inciterait les personnes à ne pas se faire dépister, car l’ignorance de la séropositivité permettrait d’échapper aux poursuites pénales. Elles cherchent aussi à combattre la stigmatisation, qui fait que certains malades préfèrent cacher leur condition à leurs partenaires, par crainte de leur réaction. 

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