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Sports de contact : le cerveau est-il en danger même sans commotion cérébrale ?

Les petits chocs subis dans le sport peuvent être tout aussi dangereux que les commotions cérébrales et entraîner des lésions cérébrales.

Sports de contact : le cerveau est-il en danger même sans commotion cérébrale ? andreygonchar/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les chocs "sous-commotionnels" (bousculades, plaquages…) durant l’entraînement ou les compétitions, ne provoquent pas de symptômes immédiats de commotion.
  • Cependant, lorsqu’ils s’accumulent au fil des années, ils peuvent entraîner des lésions cérébrales durables et favoriser la survenue d’une encéphalopathie traumatique chronique.
  • Les chercheurs ne demandent pas l'interdiction des sports de contact, mais plaident pour des adaptations, notamment le développement des versions sans contact.

Et si les coups sans commotion cérébrale laissaient les pires séquelles ? C’est ce que suggèrent Alan Pearce, chercheur à l’université technologique de Swinburne, et Stephen Townsend, chercheur à l’université du Queensland dans une publication de The Conversation. Alors que les événements sportifs, notamment la Coupe du Monde et le Championnat des Nations, s’enchaînent, les deux scientifiques australiens se sont penchés sur les risques d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) et son lien avec les sports de contact (football, rugby, boxe…).

ETC : les traumatismes crâniens répétés en cause

Pour rappel, cette maladie cérébrale correspond à une dégénérescence progressive des cellules cérébrales due à plusieurs traumatismes crâniens, comme des commotions cérébrales. Elle se manifeste par des sautes d’humeur (déprime, irritabilité, pensées suicidaires…), des changements comportementaux (impulsivité, agressivité), des modifications des fonctions cognitives (confusion, tendance à être distrait ou à rencontrer des difficultés pour planifier et s’organiser) et des problèmes musculaires (perte de coordination, troubles d’élocution). "Les personnes peuvent ne présenter aucun symptôme pendant de nombreuses années, parfois jusqu’à la soixantaine. Parfois, l’humeur et le comportement changent au début de l’âge adulte (par exemple, à la trentaine), et des dysfonctionnements cognitifs apparaissent plus tard", indique le Manuel MSD.

L’accumulation de chocs de faible intensité peut être aussi dangereuse que les commotions cérébrales avérées

D’après les chercheurs australiens, qui s’appuient sur une précédente étude publiée dans la revue Frontiers in Neurology, le risque d’encéphalopathie traumatique chronique n'est pas lié aux commotions cérébrales en tant que telles, mais plutôt aux milliers de chocs "sous-commotionnels" subis lors des jeux, qui n'entraînent pas de commotion avérée. "Il s'agit notamment des bousculades, des plaquages ​​et des collisions fortuites survenant à l'entraînement comme en compétition." Le risque ne vient donc pas uniquement des grosses commotions, mais aussi de la répétition de chocs plus faibles.

"Une version adaptée sans contact"

Bien que l’accumulation des petits chocs au fil des années soit aussi dangereuse que les commotions cérébrales avérées, les scientifiques ne préconisent pas l’interdiction des sports de contact, car ces disciplines apportent des bienfaits physiques, psychologiques. Cependant, "si le parent d'un jeune sportif nous demandait si nous recommandons la pratique de sports de contact, notre réponse serait la suivante : pas sous leur forme actuelle, en revanche, nous serions favorables à ce qu'ils pratiquent une version adaptée sans contact", comme il est conseillé dans le protocole de prévention de l’ETC, publié en 2023, de la Concussion and CTE Foundation. Ce dernier préconise "de transformer tous les sports de contact en sports sans contact jusqu'à l'âge de 14 ans. Cet âge a été retenu car, selon les données disponibles, cette mesure permettrait d'éviter aux enfants une exposition aux contacts pendant six à huit années supplémentaires."

Selon les chercheurs, il est temps que le débat sur les traumatismes crâniens dans le sport prenne en compte les risques des chocs de faible intensité (inférieurs au seuil de la commotion) qui font partie intégrante du jeu, et permette aux joueurs et aux parents de faire des choix plus éclairés.

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