- Dans une nouvelle étude, les chercheurs ont étudié différentes façons de légaliser le cannabis.
- Quand la vente est encadrée, la dépénalisation n'entraîne pas de hausse de la consommation.
- En revanche, quand le cannabis est laissé au marché à but lucratif, l’usage, la puissance des produits, les addictions et les hospitalisations psychiatriques augmentent.
En termes de consommation de cannabis, le marché français du cannabis est l’un des plus importants en Europe. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), il y a 5 millions d’usagers annuel en France, sur un total de 22 millions dans l’Union européenne. Dans ce contexte, légaliser cette drogue serait-il une bonne idée ?
Quand la vente est encadrée, pas d’augmentation de la consommation de cannabis
Une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet Psychiatry, apporte un élément de réponse à cette question. Loin des clivages idéologiques, des scientifiques de l’Université de Bath, en Angleterre, ont analysé les données de plusieurs pays ayant dépénalisé cette drogue entre 2000 et 2025. Leur objectif était de mesurer l’impact de la légalisation sur la consommation de cannabis.
D’après leurs résultats, la dépénalisation du cannabis n'entraîne pas d’augmentation significative de la consommation de cette drogue dans la population, seulement si la vente est encadrée par les pouvoirs publics. C’est le cas en Uruguay, premier pays au monde à avoir légaliser cette drogue, mais sous conditions strictes. Encore aujourd’hui, les seules façons de s’en procurer est d’aller en pharmacie, dans des centres sociaux spécialisés ou de la cultiver soi-même.
L’intérêt des industriels, souvent à l’encontre de celui de la santé publique
En revanche, quand le cannabis est laissé au marché à but lucratif, l’usage, la puissance des produits, les addictions et les hospitalisations psychiatriques augmentent. C’est ce que les chercheurs ont observé au Canada et aux États-Unis.
“Aux États-Unis, on compte désormais plus de consommateurs quotidiens de cannabis que d'alcool, explique le professeur Tom Freeman, l’un des deux auteurs, dans un communiqué. La légalisation à des fins commerciales a entraîné une hausse des addictions au cannabis ainsi qu’une augmentation des hospitalisations pour psychose, y compris des cas où des troubles psychotiques étaient associés à une dépendance au cannabis.”
Et ce n’est pas un hasard. Les auteurs soulignent que l’intérêt de ces industriels va souvent à l’encontre de la santé publique, comme cela a été le cas avec le tabac et l’alcool. “Une plus grande disponibilité du produit, une puissance plus importante [du cannabis] et un marketing intensif contribuent à augmenter les risques pour la santé”, souligne le professeur Tom Freeman.
À moins d’un an de la présidentielle en France, cette étude pourrait aider les candidats à orienter leurs propositions sur ce sujet. Du moins, pour ceux qui proposent de légaliser cette drogue… En 2018, d’après l’OFDT, 62 % des Français étaient opposés à la vente libre de cannabis.



