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Neurologie

Pourquoi l’apathie n’est pas à prendre à la légère

Repérer l’apathie et la distinguer de la dépression est essentiel, car ce symptôme est fréquent dans de nombreuses maladies neurologiques et peut précéder l’apparition d’une démence.

Pourquoi l’apathie n’est pas à prendre à la légère AntonioGuillem/iStock




L'ESSENTIEL
  • L'apathie est un symptôme fréquent de nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques.
  • Mais, selon une étude, l’apathie précoce pourrait aussi être corrélée au développement futur de troubles cognitifs.
  • La repérer tôt et consulter permet une évaluation médicale adaptée et une meilleure prise en charge.

Manque de motivation ? Isolement ? Perte d’initiative ? Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère. Ils peuvent être le signe que vous souffrez d’apathie, un déficit persistant de la motivation très fréquent dans de nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques. 

Près de 50 % des personnes atteintes de démence souffrent d’apathie

D'après l'Institut du cerveau, de nombreuses pathologies neurologiques et psychiatriques sont concernées par l’apathie. L’instance précise que 80 % des patients atteints de schizophrénie sont apathiques, 40 % pour ceux souffrant d’Alzheimer, 70 % de ceux atteints de démence fronto-temporale et 70 % des personnes atteintes de dépression. 

Les symptômes de l’apathie sont d’ailleurs, pour beaucoup, similaires à la dépression. Il s’agit par exemple de la diminution ou la perte d’intérêt, du ralentissement psychomoteur ou de l’asthénie, c’est-à-dire une fatigue anormale. 

Est-il possible de distinguer l’apathie de la dépression ? La réponse à cette question est cruciale. Si apathie et maladies neuropsychiatriques sont liées, une étude publiée en 2020 dans la revue Alzheimer's & Dementia va plus loin. Dans ces travaux, les chercheurs montrent une corrélation entre l’apathie précoce et le développement de troubles cognitifs. 

La prise d'initiative, principale différence entre la dépression et l’apathie

En plus de la perte ou de la baisse de motivation, la Haute autorité de santé indique trois critères pour diagnostiquer l’apathie : 

  • symptômes cognitifs, émotionnels et d’action qui persistent pendant au moins quatre semaines
  • impact dans la vie quotidienne et isolement social
  • que ce changement de comportement ne soit pas lié à un état physique ou psychique (handicap, troubles moteurs, altération de la conscience) ou la prise de substances comme des médicaments. 

Là encore, difficile de différencier l’apathie de la dépression. 

L'Institut du cerveau donne un critères pour les différencier : les personnes apathiques ont plus de mal à prendre des initiatives. En revanche, une fois l’activité lancée, elles peuvent y trouver du plaisir, ce qui n’est pas le cas chez les patients dépressifs. Chez eux, “la tristesse et la perte d’intérêt dominent, même dans des activités autrefois appréciées”.

Si vous remarquez des signes d’apathie chez vos proches, l’idéal est de les inciter à consulter leur médecin généraliste. Celui-ci pourra faire une première évaluation et, si besoin, orienter le patient vers un psychiatre. La prise en charge permettra de traiter l’apathie et de limiter le développement de maladies neuropsychiatriques.

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