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QUESTION D'ACTU

26000 Français à la loupe

Le déclin significatif du sperme des Français

La quantité et la qualité du sperme d'un Français se sont dégradées ces dernières années. Les auteurs d'une vaste étude adressent une sérieuse mise en garde et pointent les perturbateurs endocriniens.

Le déclin significatif du sperme des Français DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 05.12.2012 à 16h58
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Des études précédentes avaient souligné son déclin, la dernière relève qu'il est significatif. La quantité et la qualité du sperme des hommes ne cessent de se dégrader. Entre 1989 et 2005, sa concentration  a diminué de 32% et, chez les hommes de 35 ans, la proportion de spermatozoïdes normaux a connu une réduction de 33%. 
C'est ce que démontre une étude française portant sur 26 600 hommes publiée dans la revue Human Reproduction. « A notre connaissance, soulignent les auteurs, c'est la première étude concluant à une diminution sévère et générale de la concentration du sperme et de sa morphologie à l'échelle d'un pays entier et sur une période aussi importante » .

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont utilisé les bases de données de personnes ayant recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP).  Les échantillons de sperme proviennent de partenaires de femmes totalement stériles. Ils n'ont pas été sélectionnés, ce qui élimine le biais méthodologique. « C'est l'étude la plus importante menée en France et probablement dans le monde si l'on considère que l'on a là un échantillon qui se rapproche de la population générale » , confirme le Dr Joëlle Le Moal, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire. Cependant, ajoutent les chercheurs, cette diminution de la qualité du sperme pourrait être en réalité plus importante, car  la population de l'étude aurait à priori tendance à moins fumer et être obèse, deux facteurs connus pour nuire à la qualité du sperme.


Ecoutez le Dr Joëlle Le Moa
l, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire: « Depuis 17 ans, la baisse de la concentration est continue ».  



Pour expliquer ce qui est devenu aujourd'hui  « une sérieuse mise en garde » , les auteurs de l'étude souhaitent que «le lien avec l'environnnement en particulier soit déterminé » . Par le passé, plusieurs  travaux ont mis en cause les perturbateurs endocriniens. Par exemple, les expositions professionnelles à certains pesticides, au plomb ou à des composés chimiques comme les éthers de glycol affectent les capacités reproductrices des hommes.

Mais les effets environnementaux sur la qualité du sperme et plus largement sur la fertilité sont particulièrement difficiles à démontrer scientifiquement. La toxicologie, qui étudie les effets de l’exposition d’un organisme à un produit toxique, voit ses concepts remis en question par ces perturbateurs présents dans notre environnement. L’effet produit n’est visiblement pas proportionnel à la dose mais au contraire plus dangereux avec les faibles doses. Et les effets cumulés de plusieurs perturbateurs ne se résument pas à la somme des effets de chaque perturbateur.

Pr Louis Bujan, Centre d’études et de conservation des œufs et du sperme (CECOS) de Midi-Pyrénées : « Le défi qui nous attend c’est comprendre la multiexposition ». (Entretien réalisé en février 2012)

 

Les spécialistes plaident donc pour un effort de recherche soutenu qui permette d’identifier les produits toxiques dans notre environnement et de proposer des alternatives de substitution. Mais visiblement, il faudra attendre. L’appel à projets Santé-Environnement de l’Agence nationale de la recherche qui devait allouer des financements dans ce domaine a été suspendu fin 2011.

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