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Burn-out : le syndrome d’épuisement professionnel est une souffrance
Burn-out : le syndrome d’épuisement professionnel est une souffrance
Publié le 16.01.2018
Burn-out : le syndrome d’épuisement professionnel est une souffrance
demaerre/iStock

Burn-out : DIAGNOSTIC

Comment faire le diagnostic de burn-out ?

Cette maladie n’est pas encore officiellement reconnue en tant que telle car elle n’appartient à aucune classification scientifique ou médicale. Elle rentre dans la nébuleuse de la « souffrance au travail ».
Avant que la science ne parvienne à en faire une pathologie codifiée, avec une prise en charge standardisée, la médecine doit s’approprier cette maladie par référence à la fois à la normalité et aux maladies constituées. C’est une tâche difficile, car les signes de « burn-out » peuvent être nombreux et variés (fatigue, troubles anxiodépressifs, maux de dos, pathologies ostéo-articulaires, céphalées de tension).
Il existe cependant des outils qui, sans permettre de diagnostiquer avec certitude un « burn-out », aident à l’individualisation du trouble. Ainsi, les experts préconisent le recours à l’échelle MBI (Maslach Burnout Inventory), sorte de questionnaire qui permet de quantifier les différentes composantes du « burn-out » (22 questions). Le MBI explore trois versants du trouble : l'épuisement, la dépersonnalisation, l'accomplissement personnel.
• La première dimension explorée par le MBI est de constater l’épuisement émotionnel et cognitif : les gens expliquent qu’ils sont vidés, qu’ils n’ont plus de ressort, plus la force.
• La deuxième dimension, c’est une dimension de dépersonnalisation, ou plutôt de deshumanisation : les personnes ne ressentent plus grand chose vis-à-vis d’autrui. Ils disent souvent fonctionner « comme des robots », réalisant les tâches professionnelles automatiquement, sans aucun affect.
• La troisième dimension du MBI fait apparaître un sentiment de non accomplissement de soi, de baisse d’estime de soi, c’est-à-dire le sentiment que l’on ne vaut plus rien, que professionnellement on est mauvais. Le MBI permet de scorer individuellement chacune des 3 dimensions.
D'ici quelques années, les données scientifiques auront sans doute évolué de façon à permettre une véritable classification du « burn-out ». Les marqueurs biologiques du stress et de la dépression, par exemple, pourraient constituer une voie pour évaluer les maux des patients, mais ils gagneraient à être affinés. En tout cas, standardiser cet ensemble de signes semble nécessaire afin d'uniformiser la prise en charge, qui reste très disparate sur le territoire.

Avec quoi peut-on confondre le burn-out ?

• L’épuisement professionnel est un diagnostic différentiel avec une dépression avérée qui correspond à un tableau bien constitué d’humeur triste, d’anhédonie et de troubles des fonctions cognitives. Même si des caractéristiques communes existent quant à leurs présentations, le « burn-out » se différencie de la dépression au sens où il s’exprime en premier lieu dans la sphère professionnelle. Ce qui n’est pas le cas pour une dépression qui s’étend à tous les aspects de la vie et nécessite un traitement plus global. Le diagnostic de dépression décrit un « état » de l’individu alors que le « burn-out » permet de décrire un « processus » de dégradation du rapport subjectif au travail. En conséquence, l’atténuation des troubles liés au « burn-out » passe par une analyse des dysfonctionnements organisationnels et relationnels de travail, analyse qui doit être menée de manière collective, c’est-à-dire de façon paritaire et participative.
• De même, il ne faut pas confondre le syndrome d’épuisement professionnel avec l’addiction au travail (« workaholisme » ou « worlalcoolisme »), qui concerne des personnes dépendantes au travail, incapables de s’en détacher psychologiquement, et travaillent de manière compulsive en effectuant de nombreuses heures de travail.
Elles fournissent un travail qui va au-delà de ce qui est attendu de leur part, au point que leur vie privée s’en trouve affectée. Cependant, pour ces personnes très investies, un changement brutal dans leur environnement professionnel, une remise en cause de leurs compétences ou de leur travail, un échec cuisant ou des circonstances provoquant une crise de sens identitaire, peuvent entraîner une érosion de leurs ressources et les faire basculer dans un syndrome d’épuisement professionnel.
• Le trouble de l’adaptation avec humeur dépressive correspond à des personnes exposées à des facteurs de stress qui développent différents troubles de stress.
• L’anxiété est un autre trouble qui peut conduire à des crises d’angoisse, à des attaques de panique, elles-mêmes qui peuvent être confondues avec un « burn-out ».
L’idée générale de la démarche diagnostique, c’est que le médecin cherche d’abord à poser un diagnostic de pathologies connues comme la dépression, le trouble de l’adaptation ou l’anxiété et, si les scores obtenus sur les échelles de ces maladies sont insuffisants pour arriver à ces diagnostics, il peut alors s’orienter vers un diagnostic de « burn-out » (diagnostic d’élimination), pour ensuite essayer d’affirmer ce diagnostic.

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