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Fibromyalgie : une douleur d'origine neurologique
Fibromyalgie : une douleur d'origine neurologique
Publié le 22.04.2018
Mise à jour 13.05.2019
Fibromyalgie : une douleur d'origine neurologique
© Shutterstock-PathDoc

Fibromyalgie : DIAGNOSTIC

Quels sont les signes de la fibromyalgie ?

Les malades se plaignent d’avoir « mal partout » mais les régions cervico-scapulaires et lombo-fessières sont les plus sensibles. La douleur qui est le symptôme majeur, est ressentie comme une sensation de nouures musculaires accompagnées de points douloureux aux insertions musculo-tendineuses.
Les personnes atteintes de fibromyalgie ont souvent du mal à décrire leur douleur. Il est en effet difficile de préciser de façon exacte la localisation : muscle, tendon, articulation ou zone autour de l’articulation. La caractérisation de ces douleurs est également délicate : brûlure, piqûre, déchirures, coup de poignard… Pour les médecins, ces douleurs sont appelées « douleurs neuropathiques » car traduisant une souffrance du système nerveux. Le sentiment général qui se dégage pourrait se résumer par « j’ai mal partout, depuis toujours ».
La douleur est variable, aggravée par différents facteurs en fonction des malades (effort fatigue, froid, humidité, stress…). Les extrémités des mains et des pieds sont habituellement respectées par les douleurs et le repos améliore au moins partiellement les douleurs. Des paroxysmes douloureux nocturnes sont parfois observés, ainsi qu’une raideur matinale, qui peuvent faire évoquer à tort un rhumatisme inflammatoire.
La sensation de fatigue est très fréquente au cours de la fibromyalgie. Elle est à l’origine d’une gêne aussi importante voire supérieure à celle occasionnée par les douleurs. Cette fatigue (ou asthénie) est présente dès le matin. Elle se caractérise par une fatigabilité anormale aux efforts répétitifs ou lors du maintien d’une attitude.
Les articulations sont ressenties comme gonflées, mais ce n’est objectivement jamais le cas. 
Cette présentation peut s’accompagner d’autres symptômes tels que troubles psychologiques, céphalées de tension, colopathie fonctionnelle et troubles du sommeil.
La mauvaise qualité du sommeil, constante, est également une des caractéristiques de la fibromyalgie. Le caractère non réparateur du sommeil est particulièrement mis en avant. La durée totale du sommeil est raccourcie avec un délai d’endormissement proche de la normale, voire diminué. L’architecture même du sommeil est perturbée. Le sommeil normal se caractérise par des cycles qui se répètent 4 à 5 fois par nuit. Au cours de la fibromyalgie, la durée du sommeil paradoxal est diminuée ainsi que la proportion de sommeil lent profond. Or c’est pendant le sommeil lent profond que la restauration des fonctions est effectuée. Cela pourrait expliquer l’asthénie et les douleurs musculaires de la fibromyalgie. En effet pour ces dernières, pendant la phase réparatrice du sommeil, les muscles sont complètement détendus.
Des troubles psychiques sont fréquemment observés et sont parfois au premier plan. Il s’agit le plus souvent d’états anxieux ou de syndromes dépressifs, sans véritable dépression.
Contrastant avec l’intensité des douleurs, l’examen est le plus souvent normal en dehors de très nombreux points douloureux à la pression disposés de façon symétrique dans la région du cou et des épaules, des coudes, des hanches et des genoux (ce qui a amené à développer différents scores diagnostiques). Les extrémités (mains et pieds) sont généralement respectés.

Comment fait-on le diagnostic de fibromyalgie ?

A l’issue d’une enquête soigneuse basée sur un interrogatoire et un examen détaillé et la négativité des examens déjà réalisés, le médecin dispose de plusieurs éléments pour évoquer une fibromyalgie.
Les caractéristiques de la douleur de la fibromyalgie peuvent être évocatrices du fait de leur caractère diffus et chronique. Le fait qu’elles s’accompagnent de nombreux autres signes peut mettre également sur la piste du diagnostic.
Les critères d’examens cliniques basés sur l’examen des points douloureux vont permettre de poser le diagnostic. Ces points douloureux à la pression ont une localisation très précise. Ils sont multiples, constants et fixes chez une même personne. Différents scores diagnostiques ont été construits à partir de ces points douloureux et des symptômes associés. On compte 18 points douloureux et le diagnostic de fibromyalgie est évoqué lorsque 11 points sur 18 sont retrouvés.
Il faut également que le reste de l’examen des articulations et des muscles ne retrouve aucune autre anomalie.
Il n’existe aucun test spécifique de la fibromyalgie. Le diagnostic ne peut être posé que s’il n’existe aucun autre argument pour une autre maladie au terme d’une démarche diagnostique qui a permis d’éliminer les autres causes de douleur chronique, y compris une maladie inflammatoire des insertions tendineuses, une poly-enthésite, ou spondylarthrite à forme enthésitique pure.

Faut-il faire des examens pour confirmer le diagnostic ?

Certains examens sont nécessaires afin d’éliminer d’autres diagnostics, mais il ne faut pas multiplier à l’infini les investigations pour retrouver une cause aux douleurs.
Lors de l’enquête sur la douleur chronique, un certain nombre d’examens ont été réalisés, parfois par différents médecins, au cours de différentes consultations. La normalité de ces examens est constante au cours de la fibromyalgie. Il ne sert à rien de les refaire si la douleur ne s’est pas modifiée depuis.
Il n’existe pas aujourd’hui de test biologique spécifique de la  fibromyalgie. Aucun examen d’imagerie comme les radiographies n’est indispensable sauf en cas de doute avec une maladie articulaire ou osseuse, car les articulations ne présentent aucune lésion dans la fibromyalgie.
Les examens de neuro-imagerie fonctionnelle ne sont pas d’utilisation courante pour faire le diagnostic de fibromyalgie, ils sont utilisés en recherche et ils éclairent seulement certains des mécanismes à l’origine de la maladie.

Y a-t-il des facteurs de bon pronostic ?

Certains éléments sont en faveur d’une évolution favorable de la fibromyalgie. Il en est ainsi d’un jeune âge de survenue de la fibromyalgie, d’une intensité plutôt faible ou modérée des douleurs et du maintien d’une activité professionnelle. Lorsqu’il n’existe pas de troubles psychologiques associés au début de la maladie, l’évolution semble également être meilleure.

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