Deux cancers sur trois touchent des personnes de plus de 75 ans, selon des données de l’Institut Curie. Pour ces patients, la prise en charge de la maladie peut être plus complexe, notamment la chirurgie. Une étude, publiée dans la revue The Lancet, démontre qu’au contraire, les patients âgés de 80 ans et plus, diagnostiqués d’un cancer du poumon à un stade précoce, peuvent subir une intervention chirurgical "en toute sécurité".
Cancer du poumon : la chirurgie est rarement une option pour les personnes de plus de 80 ans
"Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de patients de plus de 80 ans reçoivent un diagnostic de cancer du poumon de stade précoce, pourtant, la chirurgie n'est souvent pas envisagée pour eux", souligne Dr Raja M. Flores, directeur de cette recherche. Avec son équipe, il a donc voulu comprendre les effets de ce type d’opération sur ces patients âgés. Les scientifiques, issus de l'École de médecine Icahn du Mont Sinaï et du Centre de cancérologie Tisch du Mont Sinaï, situés à New-York, ont suivi 884 patients. Tous étaient atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules de stade précoce, la forme la plus répandue de la maladie. Parmi ces participants, 114 étaient âgés de 80 ans ou plus. Les scientifiques se sont intéressés aux résultats chirurgicaux et à la qualité de vie des patients après l’opération.
Ils ont constaté que les patients âgés vivaient aussi longtemps que les patients plus jeunes après l’intervention chirurgicale. "Bien que certains patients âgés aient présenté davantage de complications immédiatement après l'opération, la plupart des patients des deux groupes se sentaient mieux au fil du temps et leur qualité de vie s'améliorait en moins d'un an", observent les chercheurs.
Chirurgie du cancer du poumon : l'état de santé global compte plus que l'âge
Selon eux, ces résultats montrent que l’âge ne doit pas être le seul critère de décision en matière de chirurgie du cancer du poumon : il faut prendre en compte l’état de santé général. "Nous devons garantir l'accès à des traitements efficaces à tous ceux qui peuvent en bénéficier, indique la Dr Emanuela Taioli, co-autrice de l’étude. Les personnes âgées sont souvent exclues des décisions cliniques, mais nos résultats montrent qu'elles devraient avoir un accès égal aux soins susceptibles d'améliorer leur survie et leur qualité de vie."
Les auteurs rappellent que, pour assurer les meilleurs résultats, il est aussi nécessaire de réaliser un dépistage précoce. "Lorsqu'un cancer du poumon est détecté à un stade précoce, les patients (même ceux de plus de 80 ans) peuvent bénéficier de traitements offrant une réelle chance de guérison", complète la Dr Claudia Henschke, également co-autrice. Pour le directeur de ces travaux, le Dr Flores, l’opération du cancer du poumon peut être cruciale. "Si un patient est suffisamment robuste, la chirurgie peut lui sauver la vie", conclut-il.




