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QUESTION D'ACTU

Etude menée sur 402 Françaises

Patchs à la nicotine : résultats "décevants" chez les femmes enceintes

Selon une étude, les patchs à la nicotine seraient inefficaces pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer. L'abstinence complète n'a été obtenue que chez 5% des femmes.    

Patchs à la nicotine : résultats \ BONY/WPA/SIPA

  • Publié 11.03.2014 à 11h52
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Les patchs à base de nicotine seraient inefficaces chez les femmes enceintes dans le cadre d'un sevrage tabagique ! C'est la conclusion surprenante d'une étude française publiée ce mardi dans le British Medical Journal qui fait état de « résultats décevants lors de la grossesse » pour l'arrêt du tabac avec ces substituts nicotiniques.

Des hautes doses de patchs utilisées
Cette étude a été réalisée en France entre 2007 et 2012. Elle a porté sur 402 femmes enceintes de plus de 18 ans, fumant au moins cinq cigarettes par jour. Pour parvenir à ce constat, des patchs délivrant de la nicotine pendant 16 heures ont été utilisés, pour une dose journalière allant jusqu'à 30 mg/jour. 
« Il s'agit de la dose quotidienne la plus élevée et de la durée d'exposition la plus longue testées dans une étude chez les femmes enceintes », précise dans cette publication le Dr Yvan Berlin (hôpital Pitié-Salpêtrière/Inserm/APHP, Paris), principal auteur de l'étude, qui a reçu l'aval de l'Agence française du médicament (ANSM) pour administrer cette dose.
En détails, l'essai comparatif a été réalisé en double aveugle, avec répartition par tirage au sort des participantes en un groupe recevant des patchs placebo et un autre des patchs à la nicotine, avec une « dose adaptée individuellement ». En moyenne, le traitement entrepris à partir du 2e trimestre de grossesse, a été pris durant 105 jours.

Un délai moyen de reprise du tabac de 15 jours    
Et les résultats rapportés par l'équipe sont sans appel : les timbres à la nicotine, en dépit des doses et de la durée du traitement, n'augmentent pas l'arrêt du tabac. Pour preuve, l'abstinence complète n'a été obtenue que chez onze femmes (5,5%) du groupe nicotine et dix (5,1%) du groupe placebo. Dans les deux groupes, le délai moyen de reprise de la cigarette était de 15 jours.
En outre, le poids moyen à la naissance des nouveau-nés était similaire dans les groupes nicotine et placebo (respectivement 3.065 g et 3.015 g) alors que celui des bébés des femmes devenues totalement abstinentes (21) était nettement supérieur (3.364 g). Enfin, une pression artérielle significativement plus élevée a été relevée sous substituts nicotiniques. Les auteurs suggèrent donc que le contrôle de la tension artérielle fasse partie des critères d'évaluation des études à venir chez les femmes enceintes.
« Ces résultats sont décevants et devraient encourager les efforts pour évaluer de nouvelles approches. En l'absence de preuve de l'efficacité des substituts nicotiniques chez les femmes enceintes fumeuses très dépendantes du tabac (+ de 5 cigarettes/jour), le soutien psycho-comportemental reste l'intervention à privilégier pour les aider à cesser de fumer », concluent les auteurs.

Pour rappel, selon une enquête nationale, 24 % des femmes françaises enceintes fument au quotidien. C'est deux fois plus que la moyenne européenne. Le tabagisme fait pourtant courir de nombreux risques au foetus. Par exemple, le monoxyde de carbone provenant de la fumée des cigarettes passe dans le sang du foetus et peut le priver partiellement d'oxygène.
Autre effet néfaste, le tabagisme de la mère entraîne une difficulté pour le foetus à prendre du poids. Et malheureusement, la liste des effets nocifs du tabac pour le foetus, et la maman, est encore longue.

 

 

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