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Activités sportives et masques sont-ils vraiment compatibles ?

Tandis qu’une nouvelle étude assure que porter le masque pendant l’effort ne présente pas de danger pour les personnes sans difficulté cardiaque ou respiratoire, l’OMS estime que le masque ne devrait pas être porté pendant l’activité physique et qu’il peut avoir des effets négatifs importants sur les systèmes cardiovasculaire et pulmonaire. Enjeu du débat : faudrait-il ou non rouvrir les salles de sport ?

Activités sportives et masques sont-ils vraiment compatibles ? Photodjo/iStock

  • Publié le 11.03.2021 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • Pour le ministère des Sports, le masque est “incompatible avec l’activité physique”.
  • “Chaque activité doit être examinée de manière individuelle”, affirme le docteur Bruno Brunel, médecin du sport et vice-président du Syndicat national des médecins du sport.
  • L'activité physique ne doit pas être interrompue et est essentielle pour avoir une bonne santé.

Les avis sont contradictoires. Dans une nouvelle étude, publiée le 7 mars dans le European respiratory journal, des chercheurs italiens affirment que faire du sport avec un masque ne présente aucun danger pour les personnes qui n’ont pas de problème cardiaque ou respiratoire. Une conclusion qui confirme celle d’une précédente étude, parue le 3 novembre dernier dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health, qui suggère qu’aucune preuve ne vient justifier de ne pas porter le masque pendant l’effort physique, même intense.

Parallèlement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé, le 1er décembre au travers d’un communiqué, de ne pas porter le masque pendant “une activité physique d’intensité rigoureuse”. Une indication qui appuie celle du ministère des Sports qui, dans un guide des recommandations présenté le 16 juillet dernier, avançait que le masque est “incompatible avec l’activité physique”.

Pas de réponse universelle

Le masque est une réponse aux micro-gouttelettes, dans lesquelles se loge le virus SARS-CoV-2, gouttelettes expulsées lorsque l'on parle ou respire trop fort et responsables des infections de nouveaux hôtes. Pendant l’effort, la respiration est plus intense et la projection de ces gouttelettes plus importante, donc le risque de transmission du virus augmente. Problème, porter un masque est gênant pour la respiration et donc semble incompatible avec l’activité physique. “Les gens ne devraient pas porter de masque pendant une activité physique d'intensité vigoureuse, car les masques peuvent réduire la capacité de respirer confortablement”, a écrit l’OMS dans ses recommandations. Le masque pourrait même être contre-productif. Elle estime que “la sueur peut faire que le masque se mouille plus rapidement, ce qui rend la respiration difficile et favorise la croissance des micro-organismes.”

Alors, qui croire ? “Il est vrai qu’il n’y a pas de réponse universelle, affirme le docteur Bruno Brunel, médecin du sport et vice-président du Syndicat national des médecins du sport au magazine Essentiel Santé. Chaque activité doit être examinée de manière individuelle. On peut se poser la question du port du masque lors d’une pratique peu intensive en groupe, par exemple.” 

Rouvrir les salles de sport ?

Dans l’étude la plus récente, les chercheurs italiens ont testé la respiration, l’activité cardiaque et les performances physiques de douze personnes qui utilisaient un vélo d’exercice avec ou sans masque. Résultat : aucun risque pour la santé. “Bien que le masque ait considérablement réduit la ventilation, toutes les valeurs se situent dans une plage normale, a rapporté Elisabetta Salvioni, du centre de cardiologie Monzino de Milan, interrogée par Le Parisien. La diminution des performances n’est pas suffisante pour porter, au pic de l’effort, la consommation d’oxygène à des valeurs pathologiques ou cliniquement significatives.” Des conclusions qui ne peuvent s’appliquer, ajoutent les chercheurs, que pour des personnes sans problèmes respiratoire ou cardiaque puisqu’aucun des participants de l’étude ne présente l’un de ces troubles.

Les chercheurs concluent, comme leurs homologues canadiens qui ont réalisé l’étude publiée le 3 novembre dernier, que ces résultats justifient la réouverture des salles de sport. “En attendant que davantage de personnes soient vaccinées contre le Covid-19, cette découverte pourrait avoir des implications pratiques dans la vie quotidienne, par exemple en rendant potentiellement plus sûr l’ouverture des gymnases intérieurs”, estime Massimo Mapelli, qui travaille sur les maladies cardiovasculaires à l’université de Milan. En attendant d’avoir des résultats plus poussés sur une plus grande cohorte de participants, en France, le sport amateur ne reprendra pas “avant un mois”, a affirmé la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, le 1er mars dernier.

Continuer à faire du sport 

Quoi qu'il en soit, l’activité physique ne doit pas être abandonnée et est essentielle pour la santé. “Il est indispensable de continuer à faire du sport, y compris pendant la période de pandémie, insiste le docteur Brunel. Il stimule l’immunité et contribue à l’équilibre général. Le sport protège des maladies ! Y compris celles liées à l’anxiété ou à la dépression. Quant aux affections chroniques, elles s’aggravent si on ne fait pas de sport. Il faut bien comprendre que l’absence d’activité physique est un risque pour la santé. 80% des pathologies chroniques ont un lien avec la sédentarité.”

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