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Pesticides

Glyphosate : comment comprendre les tests urinaires ?

Les études menées sur des échantillons d’urine révèlent des résultats contradictoires. Ils doivent être interprétés avec prudence. 

Glyphosate : comment comprendre les tests urinaires ? Tero Vesalainen/iStock

  • Publié le 27.12.2019 à 16h00
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Six mille “pisseurs volontaires” ont déjà fait testé leurs urines au glyphosate. L’objectif est de déterminer le niveau d’exposition de la population à ce pesticide. En parallèle, des études ont été menées sur le même sujet. Les résultats obtenus sont contradictoires, d’où la nécessité d’interpréter ces résultats avec prudence. 

Des résultats opposés 

La première étude, appelée Pélagie, a été réalisée auprès de 600 femmes en début de grossesse. Le glyphosate a été détecté dans les urines de 43% d’entre elles. Les deux pesticides retrouvés sont interdits en France depuis 2003, mais des résidus subsistent dans l’environnement. Les chercheurs précisent toutefois que les taux détectés sont inférieurs à ceux enregistrés aux Pays-Bas ou aux États-Unis. En parallèle, Santé publique France a réalisé une autre étude, appelée Elfe. Menés également auprès de femmes enceintes, ces travaux ont décelé du glyphosate dans 0,3% des échantillons. Quant à l’association Campagne Glyphosate, elle dénonce la présence de glyphsate dans des quantités dépassant les normes chez les “pisseurs volontaires”. Elle constate en moyenne 1, 25 microgramme de glyphosate par litre d’urine. 

Quels seuils prendre en compte ? 

Le Point rappelle que la quantité de glyphosate autorisée dans l’eau potable est un seuil réglementaire et non sanitaire : cela signifie qu’il indique un niveau à partir duquel l’eau est considérée comme impure mais n’évalue pas les risques sur la santé, à la différence d’un seuil sanitaire. Pour le glyphosate, il est de 900 microgrammes par litre d'eau potable. Pour l’heure, la question de niveau de dangerosité du glyphosate est floue : selon les études, les organismes, les pays, les seuils maximaux autorisés varient. L’outil le plus pertinent pour mesurer le niveau de nocivité du glyphosate est probablement la dose journalière autorisée. Elle est régie par un règlement européen : un humain ne doit pas absorber plus de 0,5 milligramme de glyphosate par kilogramme de poids corporel par jour. Au-dessus de ce seuil, l’Union européenne estime qu’il pourrait y avoir des risques pour la santé. Le glyphosate peut également être présent sous forme de résidus, pour lesquels la limite varie selon le produit. Le Point précise que pour les lentilles vertes dans le commerce, la limite est de 10 mg/kg, contre 2mg/kg pour les haricots rouges. 

De nouveaux produits retirés du marché 

Si les résultas des études s’opposent, et qu’il semble difficile de tirer des conclusions. En France, les autorités jouent la prudence. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a annoncé le retrait de 36 produits à base de glyphosate de la vente. D’après les données de l’agence, ces produits représentait trois quart des ventes de glyphosate, sur le marché agricole et non-agricole, en 2018. L’Anses invoque “l’insuffisance ou l’absence de données scientifiques permettant d’écarter tout risque génotoxiques”. En 2015, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l'Organisation mondiale de la santé, a classé le glyphosate comme cancérigène probable. L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), estime au contraire qu'il est “improbable que le glyphosate fasse courir aux humains un danger cancérogène”. Des avis aussi contradictoires que les résultats des études !

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