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Santé publique

Pesticides : des distances d’épandage par rapport aux habitations dès janvier 2020

À partir du 1er janvier, des distances minimales d’épandage des pesticides par rapport aux habitations devront être respectées : entre 5 et 10 mètres selon les types de culture, et jusqu’à 20 mètres en cas d’utilisation de produits dangereux.

Pesticides : des distances d’épandage par rapport aux habitations dès janvier 2020 cmspic/iStock

  • Publié 21.12.2019 à 16h30
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Dès le 1er janvier 2020, les agriculteurs devront respecter une zone de sécurité entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations, a indiqué vendredi 20 décembre une source gouvernementale.

Cette distance minimale, qui sera fixée par un arrêté dans les prochains jours, établit une distance de 5 mètres pour les cultures basses telles que les céréales et les cultures. Elle sera de 10 mètres pour les vignes ou les cultures arboricoles et pourra atteindre 20 mètres – une "distance incompressible" - pour les produits les plus dangereux dont "la toxicité est quasi-avérée pour l’homme".

Toutefois, un décret publié en même temps que l’arrêté prévoit la possibilité de réduire ces zones de sécurité : elles passeront à cinq mètres pour l’arboriculture et à trois mètres pour les vignes et les autres cultures si l’agriculteur se dote de "matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental".

"Avec ce dispositif, la France devient l’un des premiers pays européens à se doter d’un cadre national pour la protection des riverains des cultures agricoles", s’est félicitée la ministre de la transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne.

Les ONG environnementales inquiètes

Un avis loin d’être partagé par les associations de défense de l’environnement, qui reprochent au gouvernement d’avoir établi des distances "très insuffisantes pour protéger la santé des populations". Pour François Veillerette, directeur de l’ONG Générations futures, "les distances soi-disant de sécurité retenues sont inconséquente". "Dix mètres ou rien, cela s’avère identique. Il y a là un mépris flagrant des familles exposées et qui ne peuvent se protéger des dangers des pesticides", a-t-il déclaré au Monde.

Les ONG environnementales déplorent aussi que la limitation d’épandage à 20 mètres des habitations pour les produits dangereux ne concerne qu’une infime partie des produits phytosanitaires autorisés, dont ne font partie ni le glyphosate, ni les fongicides SDIH.

Elles regrettent enfin que la décision de l’exécutif intervienne sans qu’ait été prise en considération la consultation publique ouverte en septembre par le ministère de la Transition écologique et solidaire, et qui a recueilli plus de 53 000 contributions en moins d’un mois. Les résultats, réclamés "de toute urgence" par La Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, Générations futures, Association santé environnement France et Alerte des médecins sur les pesticides, seront publiés en même temps que l’arrêté.

Une critique balayée par le ministère de la transition écologique, qui a fait savoir que les résultats de la consultation avaient abouti à des "positions très antagonistes" entre riverains et agriculteurs et que l’arrêté constituait "un cadre pour une bonne cohabitation" entre eux.

Une pollution de l’air et des sols avérée

Cette décision gouvernementale controversée intervient alors qu’Atmo France vient de publier un inquiétant rapport, résultat de 15 ans d'analyses menées par la fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) et montrant que l’air que nous respirons en France est chargé de particules fines et de gaz toxiques, mais aussi de 40 à 90 pesticides. Parmi les plus fréquents retrouvée sur les sites de prélèvement, se trouvent notamment quatre herbicides et deux insecticides, dont un déjà interdit, et trois fongicides.

Ces produits "sont toujours dans le sol, puisqu'ils sont persistants. Et par différents phénomènes de météo par exemple par le vent, par la remise en suspension de particules, on peut encore les retrouver dans l'air", explique Charlotte Lepitre, coordinatrice du réseau santé Atmo France, citée par Franceinfo.

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