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Patrimoine génétique

Le paracétamol n’est pas un bonbon : les bébés qui en prennent ont de l'asthme

L'utilisation du paracétamol chez les jeunes enfants a été associée à un risque accru d'asthme chez des adolescents ayant un capital génétique particulier. 

Le paracétamol n’est pas un bonbon  : les bébés qui en prennent ont de l'asthme chrisbrignell / stock

  • Publié 18.09.2018 à 10h13
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L'utilisation du paracétamol chez les jeunes enfants est liée à un risque accru d'asthme chez les adolescents, selon une nouvelle étude présentée au European Respiratory Society International Congress. Par ailleurs, des variantes génétiques semblent jouer un rôle dans une plus grande susceptibilité aux problèmes pulmonaires.

En France, environ 4 millions de personnes souffrent d'asthme : on compte près de 60 000 hospitalisations (près de 40 000 chez les enfants) et environ 1 000 décès chaque année. Les premières crises surviennent généralement au cours de la première année de vie dans 10 à 50% des cas, avant la cinquième année dans 65 à 95% des cas, ou après 10 ans, mais cela reste rare.

Inflammation des bronches

L’asthme est une maladie chronique provoquée par une inflammation des bronches qui se traduit par leur hypersensibilité à différentes stimulations : froid, virus, tabac, pollution… L’inflammation bronchique entraîne une "hyperréactivité" de la paroi musculaire avec un gonflement de la paroi interne de la bronche, une hypersécrétion de mucus (normalement produit en petites quantités) et la contraction des muscles de la paroi bronchique. Au final, tous ces phénomènes aboutissent au rétrécissement de la lumière de la bronche, voire à son obstruction, et à une gène pour respirer.

L’inflammation et l’hyperréactivité de la paroi bronchique paraissent favorisées par des facteurs de risque : certains sont "endogènes", c’est-à-dire propres au malade, et d’autres sont "exogènes" c’est-à-dire extérieurs au malade (allergènes, pollution, virus…). Parmi les facteurs de risque "endogènes", on retrouve un terrain allergique familial et surtout personnel chez près de 9 malades sur 10. Ces facteurs génétiques prédisposent à faire de l’asthme, mais aussi à devenir allergique aux substances qui sont respirées au quotidien, comme les "acariens", la poussière d'intérieur, les poils d’animaux ou les pollens. On appelle cette prédisposition "atopie".

Gènes de la famille Glutathion S-transférase (GST)

L’équipe de Xin Dai (Université de Melbourne, Australie) a suivi 620 enfants depuis leur naissance jusqu’à l’âge de 18 ans. Tous avaient de hauts risques de développer une maladie allergique (asthme, eczéma, rhume des foins, allergie alimentaire), ayant au moins un membre de leur famille (mère, père, frère ou sœur) qui déclarait en souffrir.

La prise de paracétamol a été évaluée régulièrement par téléphone. Lorsque les enfants ont eu 18 ans, ils ont tous donné un échantillon de sang ou de salive, afin d’y détecter l’éventuelle présence de gènes de la famille Glutathion S-transférase (GST) : GSTT1, GSTM1 et GSTP1. La présence d’asthme et la capacité à inhaler et expirer de l’air ont aussi été mesurés.

L’association entre la consommation de paracétamol et l’asthme a été la plus forte chez les adolescents porteurs du gène GSTP1. Le gène GSTM1 a aussi été associé a une fonction pulmonaire réduite. "Nous avons constaté que les enfants avec la variante GSTP1 avaient 1,8 fois plus de risque de développer de l'asthme avant l'âge de 18 ans pour chaque doublement des jours d'exposition au paracétamol par rapport aux enfants qui étaient moins exposés", indique Xin Dai.

Mais le paracétamol n'étant pas un bonbon, il est généralement donné chez l'enfant en cas de fièvre qui est elle-même liée à une infection virale : il n'est pas dit que ce ne soit pas l'infection virale qui soit en cause dans cette augmentation de l'asthme, le paracétamol étant un marqueur du risque (l'infection virale), plus qu'un vrai facteur de risque.

Un antioxydant appelé "glutathion"

Les gènes de la famille GST utilisent un antioxydant appelé "glutathion" pour éponger les effets de l'exposition aux toxines dans le corps et les poumons. "Le paracétamol, en revanche, consomme du glutathion, ce qui réduit la capacité de l'organisme à faire face à une exposition toxique", explique encore la scientifique. Les gène GSTM1, GSTT1 et GSTP1 ont déjà été associés à diverses maladies, dont le cancer, l'asthme, l'athérosclérose, la maladie d'Alzheimer et de Parkinson.

"Le paracétamol est un médicament sûr et efficace dans les conditions normales d’utilisation. Mais en cas de mésusage, notamment par surdosage en associant plusieurs produits contenant du paracétamol et/ou par non-respect de leur posologie, le paracétamol peut entraîner des lésions graves du foie dans certains cas irréversibles. La mauvaise utilisation du paracétamol est la 1ère cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France", indiquait récemment l’ANSM, suite à l’affaire Naomie Musenga, décédée des suites d’une intoxication au paracétamol.

La dose maximale de paracétamol

Pour rappel, la dose maximale de paracétamol à ne pas dépasser est de  3 grammes par 24 heures, en espaçant les prises. De plus, le traitement par paracétamol doit être le plus court possible et strictement adapté à la durée des symptômes. Si la douleur ou la fièvre dure plus de 3 jours, il vaut mieux consulter un médecin. En cas de consommation, il faut également vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments éventuellement utilisés pour douleurs, fièvre, allergies, symptômes du rhume ou état grippal. Certaines populations doivent également avoir un rapport particulièrement contrôlé au médicament (-50kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique, sida…).

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