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Allergie aux pollens : pourquoi il est fortement recommandé d'éviter la gelée royale et le miel ?

Les personnes allergiques aux pollens ne doivent pas manger de miel, ou consommer des compléments alimentaires à base de gelée royale et de propolis, selon l'Anses. Quels sont les risques sur la santé si vous en mangez ? 

Allergie aux pollens : pourquoi il est fortement recommandé d'éviter la gelée royale et le miel ? Metkalova / istock

  • Publié 26.07.2018 à 14h51
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Les 30% de Français allergiques aux pollens doivent à tout prix éviter de manger du miel, selon un communiqué de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). De même, les compléments alimentaires à base de gelée royale et de propolis sont à bannir. "Récemment, des allergies sévères suite à la consommation de compléments alimentaires contenant des produits de la ruche (gelée royale, propolis) et des pollens ont été déclarées. L’Anses rappelle que les personnes allergiques aux pollens peuvent potentiellement présenter un risque d’allergies lors de consommation d’aliments et de compléments alimentaires à base de produits de la ruche".

L'Anses a recensé trois cas de maladie chez des personnes allergiques en ayant consommé : la première, une femme de 29 ans, a terminé aux urgences après avoir avalé des comprimés à base de gelée royale censés lui redonner de l'énergie. Deux autres, âgées de 49 et 65 ans ont pris un antihistaminique pour calmer la crise. "Des pollens peuvent se retrouver dans des produits de la ruche tels que la gelée royale, la propolis ou encore le miel", sans être explicitement signalés, rappelle l'Agence. 

Ainsi, l’Agence conseille aux consommateurs de "signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable survenant suite à la consommation d’un complément alimentaire, de respecter les conditions d’emploi fixées par le fabricant, d’éviter des prises multiples, prolongées ou répétées au cours de l’année de compléments alimentaires sans avoir pris conseil auprès d’un professionnel de santé et d’être vigilants vis-à-vis de produits présentant des allégations abusives ou de produits commercialisés en-dehors des circuits contrôlés, notamment par internet".

Fin juillet, la saison des allergies à l’ambroisie

En cette dernière semaine de juillet, les allergiques à l’ambroisie vont souffrir. Alors que la plante continue sa croissance, elle a été signalée en floraison sur deux jardins botaniques différents (Lyon et Nancy). "L’ambroisie sera déjà une gêne dans les zones de pleine infestation pour les personnes très sensibles. Le risque restera cependant très faible à faible sur la vallée du Rhône entre Lyon et Montélimar et sur le Dauphiné", indique le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.). Les modèles prévisionnels annoncent le premier pic de pollen d’ambroisie entre le 5 et le 8 août.

Les effets de l’ambroisie sur l’organisme ressemblent à ceux du rhume des foins. Les symptômes et signes allergiques sont multiples et souvent désagréables comme des difficultés respiratoires (asthmetoux, essoufflement…), une rhinite (éternuements, nez qui coule…), une conjonctivite (yeux rouges, larmoyants et qui grattent), une trachéite (toux sèche) et autres réactions allergiques plus rares comme l'urticaire, les démangeaisons, les boutons… Ces symptômes sont générateurs de mal-être général, de difficultés à dormir (apnées du sommeil), de fatigue, de stress, d’irritabilité, voire de troubles de concentration pénalisants (travail, etc.).

La France engagée contre les espèces végétales nuisibles à l'Homme

L’année dernière, la France a renforcé ses mesures de lutte contre les espèces végétales nuisibles à la santé humaine, et particulièrement contre l’ambroisie. Deux textes parus au Journal Officiel fixent des objectifs divers. Le premier est un arrêté, qui vise à "limiter ou interdire l'introduction, le transport, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat, sous quelque forme que ce soit, des espèces végétales nuisibles à la santé".

Ainsi, il est interdit d’introduire "de façon intentionnelle sur le territoire national, y compris si ce n'est qu'en transit" des espèces végétales nuisibles, "sauf à des fins de destruction". Ces spécimens toxiques ne pourront pas être "utilisés, échangés ou cultivés, notamment, à des fins de reproduction", ni être "cédés à titre gracieux ou onéreux, y compris mélangés à d'autres espèces". Ces interdictions s’appliquent à tous les particuliers, mais aussi aux entreprises. 

Un deuxième texte publié au Journal Officiel  fait figurer l’ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), l’ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) et l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.). "Le pollen de ces plantes entraîne des symptômes allergiques sévères (rhinite, conjonctivite, eczéma, urticaire…) et peut provoquer l'apparition ou l'aggravation de l'asthme", rappelle le décret. Ainsi, le fait de ne pas se conformer à ces interdictions "constitue une infraction punie de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe" (135 euros, 375 euros maximum).

33 millions d'Européens sont allergiques à l’ambroisie

En Europe, 33 millions de personnes sont touchées par une allergie à l’ambroisie, un chiffre qui devrait augmenter dans les années à venir. Il pourrait atteindre 77 millions d’ici 2050, selon la revue scientifique Environmental Health Perspectives. "Le problème risque de prendre de l’ampleur dans des pays qui font déjà face à l’ambroisie, comme la Hongrie ou les pays des Balkans, explique le Dr Lake, du département des sciences environnementales de l’université d’East Anglia, responsable d’une étude sur la question. Mais la plus grande augmentation en proportion concernera la France, la Pologne et l’Allemagne."

La faute au réchauffement climatique, qui permet à la plante de gagner chaque année un peu de terrain vers des régions plus septentrionales, mais pas seulement. Un tiers de la propagation serait simplement dû à l’expansion naturelle de l’ambroisie, qui conquiert de nouveaux écosystèmes. La lutte contre la plante, l’arrachage, aura donc une influence sur la vitesse à laquelle elle va se développer.

D’après les calculs des chercheurs, si des mesures efficaces sont prises, l’augmentation du nombre de personnes touchées pourrait être limitée à 52 millions de personnes. En revanche, dans le pire scénario, la passivité pourrait faire grimper ce nombre à 107 millions, soit un Européen sur cinq. "Une concentration supérieure en pollens d’ambroisie et une saison d’exposition plus longue risquent de faire augmenter la sévérité des symptômes, ajoute le Dr Lake. En France et dans le nord-ouest de l’Italie, ils pourraient faire leur apparition plus tôt dans la saison, dès mi-juillet, et persister jusqu’à mi-octobre."

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