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Sport, alcool et voiture

Formule 1 : des associations dénoncent un contrat avec un alcoolier

La Formule 1 vient d’officialiser un contrat de sept ans avec Heineken. Les associations dénoncent l’hyperprésence des alcooliers dans le sport automobile.

Formule 1 : des associations dénoncent un contrat avec un alcoolier Hasan Bratic/PIXATHLON/SIPA

  • Publié 16.06.2016 à 18h36
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Sport et alcool font un douteux mélange. L’Euro 2016 est plus que jamais l’occasion de le notifier, notamment au sein des fanzone de l’UEFA, toutes de vert vêtues, aux couleurs du sponsor officiel Carlsberg. Mais il est un cocktail plus détonnant encore : celui qui allie sport, alcool et conduite automobile.

Cet étrange mariage est en fait l’une des marques de fabriques de la Formule 1. Le sport automobile tire la majeure partie de ses ressources publicitaires des alcooliers. La marque Heineken vient d’ailleurs d’annoncer fièrement l’officialisation d’un contrat qui se prolongera sur plusieurs années, faisant du brasseur un « Global Partner of Formula 1 ».

250 millions de dollars

Le deal, révélé en marge du Grand Prix du Canada, pourrait représenter près 250 millions de dollars (plus de 220 millions d'euros) sur les sept prochaines années, selon le site motorsport.com. Cette campagne marketing de grande ampleur se traduira par une visibilité accrue de la marque de bière, qui affichera ses couleurs à chaque bord de piste. Cette année, à Monza, le Grand Prix d’Italie sera ainsi baptisé « Formula 1 Gran Premio Heineken D’Italia 2016 ».

L’annonce a fait bondir le réseau Eurocare (European Alcohol Policy Alliance), qui regroupe une soixantaine d’ONG et d’associations européennes spécialisées dans la santé publique et engagées dans la réduction des dommages liés à l’alcool. Dans une lettre au président de la FIA (Fédération Internationale d'Automobile), le secrétaire général d’Eurocare réclame l’abandon immédiat de ce contrat, tout en rappelant la Fédération à ses engagements pris en faveur de la sécurité routière. 

11 marques d’alcool par minute

« La F1 devrait se demander si elle veut être un sport mécanique ou un évènement d'une marque d'alcool ? (…) Si le sport et les fabricants d'alcool veulent être vus comme des industries responsables, ils devraient mettre fin à cet accord et abandonner le sponsoring d'alcool en F1 ».

Eurocare évoque par ailleurs les résultats édifiants d’un rapport réalisé à l’occasion du Grand Prix de Monaco de 2014. Ses auteurs avaient calculé que l’événement présentait près de 11 références à des marques d'alcool par minute de diffusion, avec une moyenne d’une référence toutes les cinq secondes.

En tout, plus de 1350 références avaient été recensées (74 avant la course, 1177 pendant le Grand Prix et 77 après). « Qu'est-ce que ce sera quand Heineken arrivera en sponsor principal en plus des autres ? », s’interroge le réseau d’ONG dans sa missive.

Le rapport soulignait par ailleurs que cette exposition intense aux marques d’alcool par le biais des sponsors contrevenait directement aux règles établies par le Service des médias audiovisuels de l'Union européenne.

Un vœu pieu

L’appel d’Eurocare a toutefois peu de chances d’aboutir. L’an dernier, déjà, le réseau a interpellé le président de la FIA, lequel a rétorqué que le sponsoring ne relevait pas de ses compétences et que chaque pays devait prendre ses responsabilités.

Par ailleurs, la F1 est en proie à des pertes de recettes sèches. Traditionnellement, ce sont les cigarettiers qui marquaient de leur seau les écuries – on a encore en tête les images de Schumacher arborant un maillot estampillé Marlboro. Après le passage de la loi Evin, la F1 avait dû trouver d’autres sources de financements ; il y a fort à parier qu’elle ne renoncera pas aux juteuses recettes que lui offre son partenariat avec l’industrie de l’alcool. Et tant pis si cela semble contradictoire avec la sécurité routière qu’elle prétend promouvoir.

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