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Interview

Saint-Valentin : s'aimer d'abord soi-même pour mieux aimer les autres

Et si à l'occasion de la Saint-Valentin, on apprenait enfin à s'aimer soi-même avant d'aimer les autres ? Nathalie Lefèvre, auteure de "C'est décidé je m'épouse" et coach de vie, décomplexe pour nous cette philosophie de vie intelligente, moteur d'une vie remplie de succès.

Saint-Valentin : s'aimer d'abord soi-même pour mieux aimer les autres StarLineArts /istock

  • Publié 14.02.2019 à 08h00
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"Ma grande obsession dans la vie, c’est l’amour. C’est comme un drogué. Un moment t’as envie d’en faire pousser chez toi pour en avoir à disposition". Assise à la table d'une brasserie parisienne, Nathalie Lefèvre, auteure de C'est décidé je m'épouse (Éditions Larousse), coach de vie et créatrice du programme 21 jours pour s'épouser, nous parle de l'importance de s'aimer inconditionnellement déjà soi-même, pour mieux aimer les autres. Un chemin de vie courageux, une quête personnelle intime, qui nous contraint à faire face à nos "névroses", à accepter nos imperfections et surtout, à les aimer. "J’ai pris conscience que quand les choses bougent en nous, ça bouge à l’extérieur". 

Avant ça, "j’avais du mal à trouver mon équilibre, je voyais que je me heurtais, que je souffrais d’une importante insécurité, d'une dépendance, quelque chose qui ne me rendais pas libre. Parce que quand tu es dans la dépendance affective, la dépendance de l’autre, tu n'es pas du tout libre". En somme, s'aimer c'est faire la paix avec soi-même, se détacher des attentes ou des avis des autres, et ne plus attendre d'eux qu'ils nous rendent heureux ou portent nos maux. Tordu ? Vous allez comprendre.

Comment s'aimer ?

C'est bien beau tout ça, mais comment accepte-t-on nos "défauts" physiques, nos réactions et tous nos traits de caractère ? En étant aussi indulgent avec soi-même, qu'on le serait avec son enfant. "Je pense que je suis douce avec moi. Je n’ai pas encore d’enfants, mais j’imagine qu’avec des enfants on est comme ça justement", qu'on ressent un amour inconditionnel. "Ce n’est pas parce qu’il te déçoit un jour que tu ne l’aimeras plus. Et bien c’est le même principe, c'est viscéral. Bien entendu, parfois je peux me faire chier moi-même, me décevoir. Ça peut me traverser, mais je ne garde pas ça". S'aimer soi-même s'apprend au quotidien et demande des ajustements, comme dans un couple. Mais globalement, se pardonner, s'écouter et s'obéir constituent les bases d'une relation épanouie avec soi-même. 

Pour emprunter le chemin sinueux qui mène à cet amour inconditionnel, aucune stratégie n'est fausse. A chacun sa méthode. "Moi je prends 5 minutes par jour pour me connecter à moi, fermer les yeux, sentir un peu mon corps. Et je fais un check up de mes émotions tous les matins : comment je me réveille ? Qu’est-ce qui se passe en moi ? Je suis très proche de mes émotions. Je m’écoute et m’obéis (...) Si je sens un jour que je dois annuler quelque chose, je le fais".

S'aimer pour se libérer des jugements et des attentes des autres

Libérez-vous donc de votre exigence de perfection et de votre sentiment d'insatisfaction. Inversez la tendance. "Il ne faut pas s’en vouloir" si on a du mal. "Il ne faut pas se flageller si on n'y arrive pas". Souvenez-vous des mots clés : indulgence, pardon et compréhension. Agissez avec vous-même avec autant de bienveillance que vous le feriez avec votre enfant ou un ami, et déculpabilisez. S'aimer, c'est aussi accepter qu'on n'est parfois moins performant, efficace ou en forme. "Bien sûr, je sais que parfois lors d’une conférence, je suis excellente et parfois non. Ce n’est pas grave. Je ne garde pas ça". 

Qu'est-ce que ça vous a apporté de vous aimer Nathalie ? Qu'est-ce que ça a changé dans votre vie ? "Tout. Ça m’a apporté un apaisement, une quiétude, un soulagement... Tu n'as plus à redoubler d’efforts pour obtenir l’amour des autres, tu n'as pas à devenir quelqu’un d’autre", à rentrer dans le moule, à suivre le troupeau, à cocher des cases pour être accepté, "on s’en fout". "Je pense que j’ai toujours été rebelle et ça s’est amplifié : je respecte les gens et les contextes dans lesquels je suis, mais je n’ai pas à plaire aux gens pour autant".

Vers une indépendance émotionnelle

Le trouble de la personnalité dépendante, plus communément appelé "dépendance affective", se caractérise par une dépendance psychologique persistante (légère ou pathologique) aux autres pour assurer ses besoins physiques et émotionnels. Outre le fait qu'elle entraîne une perte de liberté et d'autonomie, "la dépendance affective et le manque d’amour de soi nous font emprunter des voies dangereuses" dans notre vie sentimentale : excès, possession, jalousie, oppression, relation accélérée, engagements précipités... Alors que s'aimer, se suffire à soi et se choisir avant de choisir l’autre est fondamental.

"Et ça soulage l’autre aussi de ne plus lui demander de nous rendre heureux. Ce n’est pas le job de notre partenaire de tout faire pour notre bonheur". Il y contribue intrinsèquement, mais ne doit pas en avoir l'entière responsabilité. "Apprendre à s’aimer nous rend responsable de notre bonheur et de nos malheurs, parce que nous arrêtons de les faire reposer, ou peser, sur les autres".

"Je suis meilleure humaine depuis que j’ai fait ce chemin"

En faisant le choix de s'aimer inconditionnellement, on acquière plus de confiance en soi, on se déleste d'idées mentales erronées qui nous limitent pour accueillir de meilleures choses. "On devient plus doux avec les autres, on est moins dans le jugement. Moi je suis meilleure humaine depuis que j’ai fait ce chemin. Je n’ai rien à prouver, je n’ai pas besoin de me comparer. J’essaie de me dire que n’importe lequel des êtres humains que je trouve merveilleux est une source d’inspiration et que ceux qui me dérangent sont des sources de travail personnel".

Contrairement aux avis septiques des plus fermés ou des plus moqueurs, s'aimer est une preuve d'intelligence et une vraie richesse. Plus qu'une lubie de "nana-bobo-perchée-accro-au-yoga-et-à-la-bouffe-vegan", le concept même de l'amour de soi implique une profonde prise de conscience et engendre, dans de nombreux cas, une transformation progressive et positive de ses propres croyances concernant ses capacités, son potentiel, l'amour, le travail, l'argent, la santé ou le bonheur. "L’être humain ne peut pas se fuir, il vit avec lui du matin au soir". Et quel être humain n'a pas besoin d'avoir confiance en lui et d'être épanoui ?

Bonne Saint-Valentin à toutes et à tous. 

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