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Sommeil: faire la grasse matinée le week-end pour vivre plus longtemps?

D'après une nouvelle étude suédoise, faire la grasse matinée le week-end permettrait de compenser le manque de sommeil en semaine et de vivre plus longtemps. Cette recherche ne fait toutefois pas l'unanimité... 

Sommeil: faire la grasse matinée le week-end pour vivre plus longtemps? GeorgeRudy/iStock

  • Publié le 27.05.2018 à 14h27
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Voilà qui devrait faire plaisir à nombre d’entre vous. Selon une nouvelle étude suédoise parue mardi 22 mai dans le Journal of Sleep Research, faire la grasse matinée le week-end permettrait d’augmenter son espérance de vie. De nombreux scientifiques restent toutefois sceptiques face aux résultats de cette recherche.   

Pour en arriver à cette plaisante conclusion, des chercheurs du Stress Research Institute de Stockholm ont analysé les données collectées lors d’une étude sur le mode de vie de 38.000 Suédois, suivis pendant 13 ans. Ils ont pris en compte des facteurs tels que le sexe, les caractéristiques physiques, l’activité sportive et la consommation d’alcool et de cigarettes des participants.

Résultat : les adultes de moins de 65 ans qui dormaient moins de cinq heures par nuit avaient un taux de mortalité de 65% plus élevé que ceux qui dormaient plus de six heures de façon régulière. Autre découverte notable : les personnes dormant plus de neuf heures par nuit avaient en revanche un taux de mortalité plus élevé que les autres. Pour Torbjörn Åkersted, le principal auteur de l'étude, cela pourrait s’expliquer par le fait que quelqu’un qui passe beaucoup de temps au lit a généralement des ennuis de santé.

Mais si vous avez un travail stressant qui vous empêche de dormir correctement en semaine, pas de panique, puisque d’après les chercheurs suédois, faire la grasse matinée le week-end ou pendant ses jours de congés permettrait de gommer les mauvais effets du manque de sommeil hebdomadaire. En effet, le taux de mortalité serait le même pour ceux qui dorment peu la semaine mais font la grasse matinée le reste du temps que ceux qui dorment entre six et sept h par nuit en semaine et le week-end.

"L’hypothèse ici est que le sommeil du week-end est un sommeil de rattrapage", explique Torbjörn Åkersted. Car, "la durée du sommeil est primordiale pour vivre longtemps", renchérit-il.

Mais si tous les scientifiques s’accordent à dire que le sommeil est bénéfique aux êtres humains, la grasse matinée est quant à elle un sujet polémique. En effet, dans le passé, d’autres études ont déjà mis en lumière ses effets négatifs sur la santé. En 2015, une étude américaine réalisée par l’Université de Pittsburg en Pennsylvanie avançait par exemple qu’en décalant l’horloge biologique des dormeurs, elle avait tendance à favoriser le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Etre à l'écoute de son horloge interne 

Ainsi, les résultats de cette nouvelle étude sont à prendre avec des pincettes. D’autant plus que, si elle se base sur des donnes collectées pendant 13 ans, le comportement pendant le sommeil n’a été analysé qu’au début. Par ailleurs, le panel étudié n’est pas représentatif de toute une population. En effet, les participants ayant été choisis lors d’un gala de charité contre le cancer, peu d’entre eux étaient fumeurs.

Michael Grandner, de l’Université de l’Arizona, est donc très sceptique par rapport aux résultats. Selon lui, se reposer le week-end pour rattraper le manque de sommeil général reviendrait à manger des légumes après avoir consommé plusieurs hamburgers. Si cela est certes nécessaire, cela ne suffit pas à inverser les effets néfastes de la mal-bouffe.  

D’après The Guardian, le mieux reste donc de faire confiance à la nature. Notre sommeil étant régulé par notre horloge biologique, il faudrait ne pas résister à l'appel de Morphée quand on a sommeil et éviter au maximum de se dérégler pour ne pas traumatiser son corps. Et même s'il est vrai que le besoin de dormir varie d'une personne à une autre, à la fin, la "dette de sommeil" doit toujours "être réglée", conclut Stuart Peirson de l'Université Oxford. 

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