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Psychologie sociale

Quitter Facebook réduit le niveau de cortisol, l’hormone du stress

A court terme, se passer de Facebook réduit le niveau de cortisol, l'hormone du stress. Mais quitter le réseau social n'est pas pour autant source d'un bien-être accru...

Quitter Facebook réduit le niveau de cortisol, l’hormone du stress Evgeny Gromov / iStock

  • Publié 07.04.2018 à 14h33
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Et si vous vous offriez des vacances loin de Facebook ?  C’est moins onéreux que les Bahamas, et peut-être aussi efficace… C’est en tout cas ce que suggère une récente étude australienne, publiée dans le Journal of Social Psychology. Après avoir suivi 138 utilisateurs actifs du réseau social (étudiants), et demandé à la moitié d’entre eux de faire une pause Facebook d’une semaine, les chercheurs ont observé une réduction du taux de cortisol, l’hormone du stress.

Là où les choses se compliquent, c’est que les psychologues ont aussi évalué le bien-être subjectif de ces abstinents volontaires. Et loin de ressentir les effets positifs d’une diminution du stress, ceux-là se déclaraient en moyenne moins satisfaits de leur vie après leur pause hebdomadaire, que lorsqu’ils pouvaient voguer sur le réseau social en toute liberté. face

L’insoutenable légèreté de l'être

« Il semble que les gens arrêtent Facebook quand ils sont trop stressés, puis y retournent quand il se sentent malheureux de perdre le contact avec leurs amis », explique Eric Vanman, psychologue à l’université du Queensland (Australie) et premier auteur de l’étude. Cette ambivalence illustre la dynamique profonde du réseau social : s’il est générateur de stress et d’éparpillement de l’attention, il est devenu si essentiel au maintien d’une vie sociale que s’en passer tient de la gageure.

Pas simple, donc, de mettre à exécution ses projets de sevrage numérique. À moins de faire preuve d’imagination… et encore. « Pour se tenir à distance de Facebook et résister à la tentation d’y revenir, une de mes étudiantes a demandé à un ami de modifier son mot de passe », poursuit Eric Vanman. « Mais elle a fini par craquer et demander le nouveau mot de passe à son ami au bout de deux mois. »

Une autre étude, conduite en 2016 à l’université de Copenhague sur 1095 participants, avait pourtant donné des résultats inverses : au fur et et à mesure de leur semaine d'abstinence, les participants semblaient se sentir plus heureux. Faut-il y voir une différence de personnalité entre le jeune Danois moyen et l'étudiant australien en psychologie, ou bien un usage différencié du réseau social ?

Des affres de la comparaison sociale

Car les différents modes d’utilisation de Facebook semblent avoir des effets distincts, si ce n'est concurrents, sur la santé mentale. À long terme, il semble clair que la comparaison sociale peut avoir une influence délétère sur le niveau de bien-être. Contempler des photos de vacances à Bali depuis un RER bondé, ou se faire le témoin de la réussite professionnelle d’un ami quand on stagne au RSA n’est – étrangement – pas le meilleur moyen de se sentir heureux dans sa vie.

Mais Facebook est aussi très utilisé pour maintenir le lien et discuter avec des amis, et cet aspect proprement communicationnel est de moins en moins une option lorsqu'on souhaite maintenir une vie sociale satisfaisante, en tout cas pour certaines classes d’âge. C'est d'ailleurs vrai pour tous les réseaux sociaux, et pas seulement pour le plus célèbre d'entre eux.

Reste qu’une petite pause de temps en temps ne peut sans doute pas faire de mal. Dans un sondage réalisé fin 2012 par l’institut Pew Research Center (enquête par téléphone, 1006 personnes), 61 % des utilisateurs américains de Facebook déclaraient d’ailleurs avoir déjà pris des « vacances de Facebook », renonçant à l’usage du réseau pour quelques semaines ou plus.

Le scandale Cambridge Analytica

Le réseau social fait actuellement scandale outre-Atlantique. Le New York Times et le Guardian ont révélé que la société Cambridge Analytica s’était procuré les données de plus de 50 millions d’utilisateurs Facebook, afin de leur proposer des publicités ciblées pour Donald Trump lors de la campagne présidentielle. La manœuvre, alambiquée mais légale, est un électrochoc pour l’opinion publique américaine, qui réalise soudain le pouvoir du big data.

Quant à Facebook, elle doit faire face à feu nourri de critiques pour sa réaction à l’affaire, jugée minimale et ambivalente. Un rejet qui a même donné lieu au lancement d’un mouvement #DeleteFacebook (« supprimez Facebook ») sur les autres réseaux sociaux. Une occasion à saisir ?

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