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Etude dans 16 hôpitaux français

Seize maternités rémunèrent les femmes enceintes qui arrêtent de fumer

Une étude menée dans 16 hôpitaux français teste l’efficacité des incitations financières dans le sevrage tabagique des femmes enceintes.

Seize maternités rémunèrent les femmes enceintes qui arrêtent de fumer Prazisss/epictura

  • Publié 06.05.2016 à 00h43
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Payer les femmes enceintes pour qu’elles cessent de fumer ? L’idée peut sembler contre-intuitive, et pourtant. Les incitations financières au sevrage tabagique font l’objet d’une étude multicentrique, lancée le 7 avril dans 16 hôpitaux à travers la France.

Financée par l’Inca (Institut National du Cancer), l’étude « FISCP » a vocation à étudier l’efficacité d’une telle mesure sur l’abstinence tabagique parmi une population particulièrement vulnérable, alors que 18 % des femmes continuent à fumer pendant le dernier semestre de leur grossesse.

« Maladie de la récompense »

« On connaît les effets délétères du tabac pour la mère et son bébé – naissances prématurées, augmentation des décès in utero, petit poids de naissance, retards de développement, asthme, diabète…, rappelle Ivan Berlin, pharmacologue à la Pitié Salpêtrière, qui coordonne les travaux. Une première étude a démontré l’inefficacité des patchs nicotiniques à la fois sur l’abstinence et sur le poids de naissance. Du coup, nous avons voulu explorer d’autres pistes ».

Bien entendu, l’idée ne vient pas de nulle part. La littérature anglo-saxonne fournit plusieurs exemples d’incitations financières dans le domaine de l’addiction, notamment pour les produits les plus « durs » - cocaïne, héroïne.
Même si les essais portent sur des petites cohortes, l’efficacité de ce système de récompense semble effectivement s’avérer. « Ce qui est logique, confirme Ivan Berlin. L’addiction est une maladie de la récompense. Ici, on remplace une récompense par une autre ».
 

Sous forme de bons d'achat

Concrètement, les participantes à l’étude seront partagées en deux groupes. Le premier recevra 20 euros à chaque visite prénatale mensuelle, où un point sera fait sur la consommation tabagique. Le second groupe recevra la même somme, ainsi que 20 euros supplémentaires à chaque mois en cas d’abstinence, vérifiée par un contrôle des urines.

Au final, une femme sevrée pourra percevoir jusqu’à 300 euros si elle entre dans l’étude dès le début de sa grossesse. Les sommes seront versées sous forme de bons d’achat, « pour éviter l'acquisition d’alcool, de cigarettes ou de drogues avec », précise Ivan Berlin. A ce jour, quinze femmes font partie de cette étude menée par l’AP-HP (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris), qui prévoit d’inclure 400 participantes. Les premiers résultats seront disponibles d’ici deux ans.
 

Les Français favorables

Si l’étude permet d’avérer leur coût-efficacité dans le sevrage tabagique des femmes enceintes, les incitations financières pourraient s’ériger en tant qu’intervention standard, prises en charge par l’Assurance-Maladie. « L’idée peut être difficile à faire accepter par la population », souligne Ivan Berlin. De fait, le tabagisme est souvent perçu comme un comportement non vertueux que seuls les consommateurs doivent savoir maîtriser.

Et pourtant, les Français semblent avoir saisi tout l’intérêt de cette mesure, notamment en terme d’économies générées. Un sondage Ipsos mené dans le cadre de cette étude révèle que 53 % des personnes interrogées plébiscitent ces incitations financières pour le sevrage tabagique des femmes enceintes ; seules 28,6 % y sont défavorables.

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