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Moins la maman est diplômée, plus le poids du bébé est bas

Le niveau d'instruction de la mère, le revenu des parents ou la consommation de tabac et d'alcool influencent la santé des nouveau-nés, notamment le retard de croissance.  

Moins la maman est diplômée, plus le poids du bébé est bas Ben Jary/AP/SIPA

  • Publié 11.06.2015 à 07h20
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Les femmes de milieux défavorisés ou sans diplôme ont plus de risques de donner naissance à un nourrisson de petit poids (moins de 2,5 kg), selon une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) publiée ce mercredi. Cette dernière montre ainsi que les inégalités socio-économiques seraient visibles dès le berceau.

« Le poids à la naissance nous intéresse, d’une part, parce qu’il indique si la grossesse s’est bien déroulée et donne des informations sur l’état de santé de la mère. D’autre part, c’est un indicateur important du développement du nourrisson, aussi bien actuel que futur », explique à Pourquoidocteur Lidia Panico, chercheur à l’Ined et responsable de l’étude.

Indicateur de la santé de la mère et de l'enfant

En effet, de nombreuses études ont montré que le petit poids à la naissance est associé à un risque élevé de mortalité néonatale et infantile ou de développer un diabète de type 2 à l’âge adulte, des troubles psychomoteurs.
Tous les enfants de faible poids à la naissance ne subiront pas les conséquences de leur retard de croissance. Mais les chances d’être en bonne santé et de naître à poids normal varient selon la catégorie socio-économique des parents.

C’est justement ce que montre l’étude réalisée par l’Ined, qui s’appuie sur l’enquête Elfe (suivi d’une cohorte de 18 000 enfants nés en 2011 en France métropolitaine). « Grâce à ces données, nous avons pu observer les mécanismes derrière ces inégalités, comme le niveau d’instruction des mères, les revenus du ménage ou la consommation de tabac et d’alcool », indique Lidia Panico.

Ecoutez...
Lidia Panico, chercheur à l'Ined et responsable de l'étude : « Le petit poids à la naissance nous indique si la mère a eu des problèmes de santé qui ont pu influencer négativement sa grossesse »

 

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Un risque double pour les non diplômées

« Moins une femme est diplômée, plus elle présente de risques de donner naissance à un enfant de petit poids », note l’étude. Ainsi, pour les femmes sans aucun diplôme, le risque est 50 % plus élevé que pour les mères bachelières. A l’inverse, les femmes diplômées d’un Bac + 2 ou plus, ont 25 %  de risques en moins de donner naissance à un enfant de petit poids que celles n’ayant pas le baccalauréat. A ce niveau d’instruction faible, s’ajoutent souvent des revenus moyens ou très bas. 

« L’âge des mères joue aussi », notent les auteurs. L’étude montre que les mères jeunes – âgées de moins de 28 ans à la naissance de l’enfant – ont un risque plus élevé d’avoir un enfant de petit poids que les femmes de 31 à 34 ans. Les naissances au début de la vingtaine peuvent en effet indiquer un milieu défavorisé et/ou un faible niveau d’études.

Le rôle du tabac et de l'alcool

L’hygiène de vie de la mère, comme la consommation de tabac ou d’alcool durant la grossesse, est aussi l’une des causes du retard de croissance du bébé. Une cause qui serait liée au faible niveau d’éducation de certaines mères, selon ces travaux.
« En effet, on retrouve que 30 % des mères les moins instruites consomment du tabac tandis que 10 % des mères les plus instruites ont fumé durant leur grossesse », rapporte la chercheuse. Cette consommation expliquerait ainsi, en partie, pourquoi la fréquence d'enfants de petit poids est plus élevée chez les femmes peu ou pas diplômées. « La consommation de tabac, souvent liée au stress des mères, pourrait donc être une cible possible de prévention et d'intervention », ajoute Lidia Panico. « Surtout que si la mère arrête de fumer, le bébé peut reprendre du poids », explique le Dr Catherine Crenn-Hébert, gynécologue à l'hôpital Louis-Mourier à Colombes. 

Par ailleurs, les chercheurs ont comparé le risque de mettre au monde un enfant de petit poids selon le niveau d'instruction en France et au Royaume-Uni. Des pays comparables puisque la fréquence de petits poids à la naissance est similaire (plus de 6 % des nouveau-nés) et dans la moyenne des pays de l'OCDE.
En revanche, alors que les chercheurs s'attendaient à ce que les politiques publiques mises en place en France protègent les familles et les enfants des inégalités, il s'avère qu'elles sont comparables entre les deux pays. « Dire que la France fait beaucoup mieux que les autres pays est peut-être un mythe », conclut Lidia Panico. 

 

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