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Bébés de petit poids

Retard de croissance : 4 sur 5 ne sont pas décelés avant la naissance

80 000 enfants naissent chaque année en France avec un retard de croissance intra-utérin. Mais seul 1 cas sur 5 est correctement diagnostiqué avant la naissance, dénonce la fondation PremUp.

Retard de croissance : 4 sur 5 ne sont pas décelés avant la naissance   Felipe Dana/AP/SIPA

  • Publié 22.05.2014 à 17h40
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Trop peu diagnostiqué pendant la grossesse, le retard de croissance intra-utérin est la 1e cause de mortalité néonatale et l’une des principales causes de handicap de l’enfant à la naissance. La fondation PremUp publie ce jeudi les résultats d’une étude médico-économique sur cette pathologie affectant chaque année plus de 80 000 enfants en France.

 

Un dysfonctionnement du placenta serait en cause

Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) concerne les fœtus dont le poids à la naissance fait partie des 10 % des fœtus les plus petits nés au même âge gestationnel. Il est le plus souvent la conséquence d’un mauvais fonctionnement du placenta qui altère la nutrition et l’oxygénation du fœtus. L’hypertension, les maladies rénales ou encore le tabagisme de la mère peuvent contribuer à ce dysfonctionnement du placenta.

C’est une cassure dans la courbe de poids du fœtus qui permet de détecter le RCIU. Mais selon l’étude menée par la fondation PremUp, 4 retards de croissance sur 5 ne sont pas diagnostiqués avant la naissance de l’enfant. « La 1e échographie, entre la 11e et la 13e semaine d’aménorrhée, est capitale pour établir un diagnostic et mettre en place la meilleure surveillance possible, explique le Dr Danièle Evain-Brion, pédiatre et directrice de la fondation PremUp. Les nouvelles techniques d’imagerie ont permis d’intégrer dans le processus de dépistage le critère du ralentissement de la croissance entre deux mesures successives, témoin d’une véritable restriction de croissance chez le fœtus et non pas d’un petit poids constitutionnel, génétiquement programmé. »

 

Un surcoût de 90 millions d'euros par an

Le fait de naître avec un petit poids de naissance nécessite des soins plus longs et plus coûteux que pour un bébé né avec un poids normal. L’étude médico-économique de la fondation PremUp estime à 1000 euros le surcoût de prise en charge par enfant par rapport aux 4500 euros d’une naissance normale. Lorsque le RCIU s’accompagne de prématurité, le surcoût est par exemple estimé à 19 000 euros si l'enfant naît à 28 semaines.
Globalement, l’absence de repérage et de prévention du retard de croissance coûte donc près de 90 millions d’euros par an à notre système de santé. « Il ne s’agit là que de la période de la grossesse et de la 1e année de vie. C’est l’arbre qui cache la forêt si l’on prend en compte l’impact de cette pathologie sur une plus grande susceptibilité à déclarer des maladies chroniques à l’âge adulte ! », souligne Robert Dahan, président de la fondation PremUp.


Des séquelles à vie

Les enfants nés avec un retard de croissance peuvent en effet en garder des séquelles à long terme : un handicap mental ou moteur mais aussi des prédispositions à l’asthme, au diabète, à l’hypertension ou encore à l’obésité. Une étude publiée en mars dernier montrait également que les enfants nés avec un poids inférieur à 2,5 kg gardaient toute leur vie une capacité réduite des reins et du foie à dégrader les médicaments.
Face aux conséquences à long terme pour la santé des enfants, la Fondation alerte sur le faible niveau d’information des futures mères. Une femme sur deux interrogée en 2012 ignorait ce qu’était le retard de croissance intra-utérin. Elle espère contribuer à la sensibilisation de Français à travers la Marche des bébés, qu’elle organise le 15 juin prochain à Paris, Lille et Toulouse.

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