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QUESTION D'ACTU

Semaine mondiale de l’allergie

Allergie alimentaire : comment voyager sans stress ?

Les allergies alimentaires ne prennent jamais de vacances. Pour le dernier jour de la Semaine mondiale de l’allergie, une conseillère en nutrition spécialisée dans ce trouble partage ses astuces pour voyager sans stress.

Allergie alimentaire : comment voyager sans stress ? triocean/istock




L'ESSENTIEL
  • Avant le départ, il faut se renseigner sur les habitudes alimentaires du pays ainsi que la liste des allergènes à déclaration obligatoire.
  • Il faut avoir une trousse d'urgence contenant tous les traitements nécessaires en double.
  • Il est conseillé de préparer une carte avec la liste détaillée de toutes allergies dans la langue locale pour pouvoir la remettre au restaurateur ou à l'hôtelier.

Vérifier toutes les étiquettes et tous les menus à la recherche de ses allergènes, éviter les contaminations croisées, avoir toujours son traitement avec soi… les allergies alimentaires sont une charge mentale qui ne prend pas vraiment de congés. Ainsi, la vigilance reste de mise, même en vacances.

Heureusement, quelques bonnes pratiques permettent de profiter du voyage comme les autres, même lorsqu’on est à des kilomètres de chez soi et de ses repères.

Bien se préparer avant le départ

Avant de partir à l’étranger, il est toujours conseillé de se renseigner sur la culture et les spécificités de sa destination, ou même d'apprendre quelques mots de la langue du pays pour faciliter les échanges avec la population. C’est encore plus vrai pour les personnes allergiques !

"Il faut savoir, prévoir et anticiper les aliments qu’on va trouver sur place et ce qu’on n’aura pas", prévient Angéline Galinier-Warrain, conseillère en nutrition spécialisée dans les allergies alimentaires et l’accompagnement des familles confrontées à ce trouble.

"Les allergènes à déclaration obligatoire ne sont pas forcément les mêmes d'un pays à l’autre. Il faut toujours se renseigner sur lesquels sont concernés. Il faut aussi vérifier comment ces déclarations sont formulées sur les étiquettes. La signalisation n’est pas forcément la même", ajoute-t-elle. En France et dans l’UE, les allergènes sont mis en évidence par une typographie différente (gras, majuscule, italique…). Aux États-Unis et au Canada, les allergènes doivent être mentionnés dans la liste des ingrédients et/ou dans une mention commençant par “contient” sur leur étiquette.

Autre conseil de l’experte : si vous ne connaissez pas la langue locale, préparez à l’avance des cartes détaillant les allergies à l’aide d’un traducteur ou encore d’un proche qui la parle. Elles faciliteront les échanges à l’hôtel ou au restaurant, et surtout éviteront les incompréhensions et les malentendus dangereux.

Il peut être bon de faire traduire son ordonnance également. "Elle aidera surtout à justifier les allergies et la détention de traitements ou de seringues lors des contrôles. Pour l'obtention du traitement sur place grâce à l’ordonnance, cela sera plus compliqué. De mon expérience personnelle, quels que soient les pays, les pharmacies ou les hôpitaux sont généralement frileux à les délivrer sans l’aval d’un médecin local."

C’est pourquoi, il est recommandé de se constituer à l’avance une trousse d'urgence avec les traitements et stylos injecteurs nécessaires. "Il est préférable d’avoir tout en double exemplaire… au cas où". En effet, dans certains pays, les EpiPens et autres médicaments peuvent être difficilement accessibles et/ou très onéreux.

Aéroport, vol : les risques de réaction allergique sont bien présents dès le trajet

Face aux allergies, la première chose à laquelle il faut faire attention est le trajet en lui-même : les repas à l'aéroport et ceux dans l'avion. Certes, les compagnies aériennes ont une offre de plateaux spéciaux, mais elle couvre généralement que les allergies les plus fréquentes et à déclarations obligatoires.

"Je prends toujours l’avion ou le train avec un sac rempli de snacks, de collations ou de lunchbox adaptés aux allergies de mes enfants. Quel que soit le nombre de repas prévu pendant le trajet, j'en ai toujours plus, parce que tu n'es pas à l'abri d'avoir un problème, comme rater ta correspondance, avoir du retard ou un problème avec le plateau-repas commandé, avoir des enfants qui ont envie de grignoter parce qu’ils s’ennuient…", explique Angéline Galinier-Warrain qui a deux filles ayant plusieurs allergies alimentaires. "Il n'y a aucun problème pour passer toutes les barrières de sécurité avec de la nourriture pour les enfants", rassure-t-elle.

En plus du sac chargé de produits sûrs, la spécialiste conseille aussi de venir avec ses propres couverts pour ne pas avoir à stresser ou encore des lingettes pour nettoyer son siège et sa tablette.

"Quand j’arrive dans l’avion, je précise toujours nos allergies aux hôtesses et stewards parce qu’on n’est pas à l'abri que la communication entre la compagnie et l’équipage n'ait pas été correctement faite."

Sur place : être bien équipé pour profiter des vacances sans stress

L’un des principaux buts des vacances est de passer de bons moments avec ses proches, et surtout sans stress. Mais entre le manque de repères alimentaires, les différences culturelles, décompresser n’est pas toujours simple pour les personnes allergiques. Angéline a une astuce pour réduire le stress lié aux allergies pendant les voyages.

"Je conseille toujours de partir en mettant dans ta valise, soit tous les produits alimentaires essentiels et préférés des enfants, soit juste de quoi démarrer les premiers jours. Par exemple, si tu as un enfant intolérant au gluten, tu pars avec un pain sans gluten pour les premiers matins. Cela permet d'observer comment ça se passe les premiers jours, sans avoir à courir les supermarchés, et de s'acclimater sans stress."

"Les enfants, quel que soit l'âge, surtout avec les allergies, ils ont besoin de repères. On les déstabilise déjà un petit peu en voyageant, ça ne sert à rien de s’ajouter du stress les premiers jours. D’autant plus qu’il faut gérer le décalage horaire, la fatigue du voyage", ajoute la conseillère en nutrition.

Pour l’hébergement, opter pour des appart-hôtels ou des locations est aussi une bonne solution pour réduire les risques d’allergie. Cela permet d’avoir sa propre cuisine et de préparer des repas, pique-nique et snack où la composition est sûre à 100 %. En plus, cela permettra à toute la famille de manger des produits frais et locaux… voire même de faire des économies !

Toutefois, il n'est pas nécessaire de renoncer totalement aux restaurants. Il est possible d’y aller, d’autant plus qu’avec Internet, il est maintenant plus facile de trouver des adresses allergy-friendly à proximité de ses visites ou de son hébergement. "Et dans les restaurants “traditionnels”, la communication est la clé. J’avertis pour les allergies deux fois : à la commande et à la réception. Je passe à chaque fois pour l'enquiquineuse de service, mais les risques sont trop élevés", explique Angéline. En cas de barrière de la langue, il ne faut pas hésiter à tendre la petite carte des allergies préparée au préalable.

"Il faut être extrêmement précis et détaillé dans cette liste. Par exemple, mes filles ont une allergie aux produits laitiers. Ainsi, en plus du lait, je précise aussi le beurre, le fromage, le yaourt. Les gens ne classent pas toujours le beurre dans les produits laitiers. Pareil pour les œufs, je n'hésite vraiment pas à dire : j'ai une allergie aux oeufs frais et cuits... Il faut vraiment faire la liste de tous les produits qui contiennent de l'allergène."

Pour les enfants, l’experte propose même d’apporter directement leur repas. "Il ne faut pas hésiter. Pour les enfants ayant des allergies sévères, si tu lui amènes une lunchbox, on ne te dit généralement pas non. Les restaurateurs sont assez tolérants de mon expérience”. “En plus, si tu as déjà ses petits pots ou sa salade tomates/concombres/maïs, ça te permet aussi de te libérer du stress. Parce que les vacances, c'est fait pour se détendre."

Allergie : les voyages peuvent aussi faciliter les repas

Les voyages permettent de découvrir un peuple, une histoire, une culture ainsi que d’autres habitudes alimentaires… et cela peut tourner à l’avantage des personnes allergiques.

"Les traditions alimentaires sont très différentes d’un continent à l’autre. Cela peut aiguiller le choix de la destination des vacances de la famille. Par exemple, il n’y aura pas de cuisine au beurre en Asie, ce qui est une bonne chose pour les allergiques aux produits laitiers. Par contre, leur cuisine repose beaucoup sur les cacahuètes, les amandes ou les noix de cajou… donc pour les patients allergiques aux fruits à coque, ça sera plus compliqué", explique l’experte.

"Si tu es intolérant au gluten, il faut éviter tout ce qui est pays européen, à l’exception de l’Italie où ils sont très en avance sur le sans gluten. L’Amérique latine peut être une destination intéressante pour les personnes ne pouvant pas manger cet allergène. “Le blé est très peu utilisé dans les plats des pays de ce continent. Pour eux, l'ingrédient numéro un, c’est le maïs. Du coup, il y a moins de problèmes et de risques pour les personnes allergiques au gluten. Ils peuvent manger local facilement."

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