- Atteinte de polypose nasale, Élodie a bénéficié d’une intervention chirurgicale qui n’a pas atténué les symptômes nasaux et respiratoires dont elle souffre depuis l’âge de 15 ans.
- En 2018, la patiente fait un bilan allergologique qui révèle plusieurs allergies respiratoires (acariens, cyprès, oliviers, graminées, pins, chats).
- Bien qu’elle suive un traitement à vie et réalise une désensibilisation, la trentenaire fait état d’une perte totale de l’odorat invalidante et de troubles de sommeil liés aux allergies respiratoires.
"Tout a commencé à l’âge de 15 ans. J’ai commencé à présenter des symptômes similaires à une sinusite, à savoir une inflammation des sinus (cavités aériennes creusées dans le massif osseux de la face). Mon nez était bouché en permanence. C’était horrible cette sensation d’être tout le temps enrhumé. Parfois, mes yeux étaient irrités et larmoyants", se souvient Élodie, aujourd’hui âgée de 30 ans. Après plusieurs examens, son médecin ORL détecte une polypose nasale, qui se caractérise par la formation de polypes (une sorte de pseudo-tumeurs inflammatoires bénignes) obstruant la fosse nasale. Pour traiter cette maladie chronique inflammatoire de la muqueuse respiratoire, elle se fait opérer.
Acariens, graminées, chats, oliviers… Un traitement à vie contre les allergies respiratoires
"Malheureusement, les polypes étaient revenus au bout de deux à trois mois. En 2018, le spécialiste m’a alors orienté vers un allergologue puisqu'il y a souvent un lien entre polypose et allergies." Lors de la consultation, l’infirmière effectue un bilan allergologique (tests cutanés, dosage sanguin, test de provocation). Puis le verdict tombe : "je suis allergique aux acariens, aux cyprès, aux oliviers, aux graminées, aux pins et aux chats. Je ne sais pas s’il y a une composante génétique, car dans ma famille, personne n’est dans le même état que moi. Ainsi, personne n'a fait de test." Afin de réduire les manifestations gênantes de ces troubles, l’habitante de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) doit supprimer son exposition à ces allergènes et bénéficie, depuis le diagnostic, d’un traitement à vie : des antihistaminiques "à prendre matin et soir en cas de crises" et d’un spray nasal à base de corticoïdes.
Une perte de l’odorat totale qui "peut avoir un impact sur ma sécurité"
Malgré ces médicaments, la trentenaire fait état d’une qualité de vie altérée. "Depuis environ 15 ans, je ne sens plus rien. Un effet de la polypose nasale liée à mon allergie. Au début, la perte de l’odorat était partielle, maintenant, elle est totale. Ce déficit sensoriel a des avantages dans certaines situations, mais il peut avoir un impact sur ma sécurité. En effet, je suis incapable de sentir la fumée si jamais il y a le feu à la maison. Si ma nourriture crame, je ne vais pas le sentir non plus. La perte de l’odorat a aussi entraîné une perte de goût. Désormais, je ne sens plus les épices dans les plats, je ne sens que les saveurs très prononcées."
"Je ne sais plus ce que c’est de faire une nuit complète"
Élodie se plaint également d’un manque de sommeil. "À cause de mes allergies, je ne respire plus que par la bouche. C’est handicapant la nuit, car je ronfle et je me réveille plus souvent. Je ne sais plus ce que c’est de faire une nuit complète. Je suis donc sans cesse fatiguée", explique la jeune femme qui affirme ne jamais sortir sans mouchoirs, car elle se mouche régulièrement, notamment en hiver. "Les allergies, c’est donc invalidant au quotidien. Contrairement à ce que mes parents peuvent penser, ce n’est pas un simple rhume. Souvent, ils me conseillent de me moucher et de prendre un médicament. J’entends régulièrement : 'c’est bon, ça va passer !' Ils ne comprennent pas pourquoi je consulte fréquemment un allergologue. Pour eux, c’est un luxe", confie l’infirmière.
Désensibilisation : "J’obtiens de bons résultats respiratoires"
Bien que ses symptômes et leurs conséquences soient gênants, la patiente continue de profiter pleinement de la vie. "Je ne refuse jamais de sorties, à part les enterrements de vie de jeune fille (EVJF) ou certaines escapades, car je ronfle trop la nuit. En revanche, avant de sortir, je me suis habituée à me blinder d’antihistaminiques pour prévenir les crises en cas de contact avec les allergènes. Je veille bien à les prendre quotidiennement. Si je les oublie un jour, le lendemain, mon état dégringole", explique la trentenaire qui bénéficie d’une désensibilisation aux graminées, au cyprès et aux oliviers depuis un an et demi. Cette immunothérapie allergénique consiste à administrer, pendant une période de longue durée, des extraits d'allergènes à doses progressives, de façon à "éduquer" le système immunitaire et à rendre la personne tolérante à la substance. Celle-ci est réalisée par injection sous-cutanée sous contrôle médical ou par prise sublinguale (gouttes buvables) ou orale (comprimés). "J’obtiens de bons résultats, notamment respiratoires. Cette méthode me permet enfin d’avoir de l’air qui passe dans mon nez. Ça change beaucoup de choses pour moi !"



