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Obligations vaccinales

Hépatite B : pourquoi de plus en plus de parents refusent-ils ces soins pour leur bébé ?

Un nombre croissant de parents s’opposent à la vaccination contre l’hépatite B et à l’administration de vitamine K chez les nourrissons. Pourtant, cette protection est cruciale. Que se cache-t-il derrière ce refus qui inquiète les médecins ?

Hépatite B : pourquoi de plus en plus de parents refusent-ils ces soins pour leur bébé ? PeopleImages/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une supplémentation en vitamine K et la vaccination contre l’hépatite B dès la naissance protègent la santé des bébés.
  • Pourtant, les parents de filles sont deux fois plus susceptibles de refuser ces deux soins néonatals que les parents de garçons.
  • L'une des raisons possibles de cette disparité entre les sexes réside dans la circoncision, selon des scientifiques américains.

Chez les nouveau-nés, les réserves de vitamine K, essentielle à la coagulation sanguine normale, sont naturellement faibles, car cette substance traverse peu le placenta pendant la grossesse. Sans supplémentation, une carence en vitamine K peut causer une maladie hémorragique chez les bébés, caractérisée par une tendance à saigner. Pour prévenir le risque de saignement intracérébral et intestinal après l’accouchement, une injection intramusculaire de vitamine K est ainsi préconisée pour tous les nourrissons. Autre recommandation dès la naissance : la vaccination contre l’hépatite B par une injection à 2 mois, 4 mois et 11 mois pour les bébés de plus de 2 kg et par une injection à la naissance, puis à 1, 2 et 6 mois pour les prématurés de moins de 32 semaines et/ou de poids inférieur à 2 kg. Pour rappel, l’hépatite B est une maladie virale du foie, qui peut devenir chronique. Cette dernière expose les tout-petits un risque d'insuffisance hépatique, de cancer du foie et de décès prématuré.

Les filles sont davantage privées des deux soins néonatals essentiels

Bien que ces soins soient cruciaux, de plus en plus de parents y renoncent, selon une étude, publiée dans la revue JAMA Network Open. Pour parvenir à ce constat, des chercheurs de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) ont analysé les dossiers de 93.163 nouveau-nés nés entre janvier 2018 et décembre 2025, incluant uniquement les bébés nés à 35 semaines ou plus et en assez bonne santé pour être pris en charge en néonatalogie. "Les caractéristiques de la mère et du bébé ont été extraites du dossier médical électronique, ainsi que les informations relatives à la prophylaxie par le vaccin contre l’hépatite B et à l'administration de vitamine K pendant l'hospitalisation du nourrisson. Nous avons évalué les associations entre le sexe du nouveau-né et le refus parental", ont précisé les auteurs.

Ces derniers ont constaté qu’un nombre croissant de parents contestaient ces deux traitements néonataux essentiels. Parmi les bébés suivis, 777 n'ont pas bénéficié d’une supplémentation en vitamine K et 9.400 n'ont pas reçu de vaccin contre l'hépatite B. "Ceux qui refusent un traitement renoncent souvent l'autre : 83 % des bébés n'ayant pas reçu l'injection de vitamine K n'ont pas non plus été vaccinés contre l'hépatite B." Les scientifiques ont noté que tous les bébés n’étaient pas touchés de la même manière par ce refus parental qui préoccupe les professionnels de santé. Selon les résultats, les filles étaient deux fois plus susceptibles que les garçons de ne pas recevoir l'injection de vitamine K. La même tendance a été observée pour le vaccin contre l'hépatite B, bien que l'écart entre filles et garçons soit moins marqué.

Vaccin contre l’hépatite B et injection de vitamine K : pourquoi certains parents disent non ?

D’après l’équipe, des facteurs socioculturels, religieux et individuels influencent probablement la décision des parents de refuser les soins néonatals recommandés. Plus précisément, le contexte familial, notamment l’accès à une couverture par une assurance maladie publique, influençait fortement ces décisions.

Leur étude montre aussi que le désir de circoncision peut influencer l'acceptation de la prophylaxie par vitamine K chez les parents de nouveau-nés de sexe masculin qui seraient autrement réticents. En effet, la vitamine K étant essentielle à la coagulation sanguine, de nombreux hôpitaux refusent de pratiquer une circoncision chez un garçon sans qu'il ait préalablement reçu l'injection de vitamine K. "Les différences liées au sexe dans l'administration du vaccin contre l'hépatite B sont mal documentées, bien que les pays à revenu faible et intermédiaire signalent des disparités entre les sexes en matière de vaccination infantile."

En France, certains parents refusent le vaccin contre l’hépatite B principalement à cause d’une ancienne controverse sur un possible lien avec la sclérose en plaques et d’une méfiance générale envers les vaccins. Pourtant, les études scientifiques n’ont pas confirmé ce lien et les autorités sanitaires considèrent que les bénéfices de la vaccination dépassent largement les risques. En ce qui concerne l’administration de vitamine K, elle est parfois contestée par méfiance envers les actes médicaux chez le nouveau-né, en raison d’une confusion avec les vaccins ou parce que les parents perçoivent le risque d’hémorragie comme trop faible pour justifier une intervention systématique.

"Des stratégies novatrices sont nécessaires pour réduire les disparités en matière de prophylaxie de la vitamine K et d'administration du vaccin contre l'hépatite B et pour limiter la morbidité potentiellement mortelle chez les nouveau-nés de sexe féminin", ont conclu les chercheurs.

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