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Anosmie

Un mauvais odorat augmente le risque de dépression chez les seniors

Par Chloé Savellon

Une étude de Johns Hopkins Medicine met en évidence l'existence d'un lien entre la perte de l'odorat et le risque de développer une dépression chez les personnes âgées. 

stefanamer/istock
Les personnes âgées présentant une perte d'odorat avaient un risque plus important de présenter des symptômes dépressifs.
Plus la perte d'odorat était importante, plus les signes de troubles dépressifs étaient importants.
Les chercheurs envisagent de débuter d'autres travaux afin de déterminer si l'odorat peut être utilisé dans les stratégies d'intervention pour atténuer le risque de dépression en fin de vie.

L'hyposmie, la diminution de l'odorat, est depuis longtemps associée à la maladie d'Alzheimer et à d'autres démences chez les personnes âgées. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de Johns Hopkins Medicine montre que la perte de ce sens est aussi liée à une hausse des risques de dépression chez les seniors.

Il y a bien un lien entre perte d'odorat et dépression

Pour cette étude présentée le 26 juin 2023 dans la revue Journal of Gerontology: Medical Sciences, les scientifiques ont évalué 2.125 personnes âgées de 70 à 73 ans au début de l'expérience. Les participants étaient évalués physiquement chaque année et par téléphone tous les six mois. Les tests mesuraient entre autres leur capacité à détecter certaines odeurs, les signes de dépression et leur mobilité.

Lorsque l'odorat a été testé pour la première fois, 48 % des participants affichaient un odorat normal, 28 % présentaient un odorat diminué, connu sous le nom d'hyposmie, et 24 % avaient une perte profonde du sens, soit l'anosmie. Au cours des huit années de suivi, 25 % des volontaires ont également développé des symptômes dépressifs importants.

"Nous avons vu à maintes reprises qu'un mauvais odorat peut être un signe avant-coureur de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson, ainsi qu'un risque de mortalité. Cette étude souligne son association avec les symptômes dépressifs", explique Dr Vidya Kamath, professeure agrégée de psychiatrie et de sciences du comportement à la Johns Hopkins University School of Medicine.

Anosmie : plus l'odorat est mauvais, plus les symptômes dépressifs sont importants

Lors d'une analyse plus approfondie, l'équipe a découvert que les personnes âgées présentant une perte d'odorat avaient un risque accru de développer des symptômes dépressifs significatifs par rapport aux autres. Par ailleurs, une perception des odeurs plus faible était associée à un risque accru de troubles dépressifs modérés ou élevés. "Ce qui signifie que plus l'odorat d'une personne est mauvais, plus ses symptômes dépressifs sont importants", précise le communiqué de l'établissement américain.

"La perte de votre odorat influence de nombreux aspects de notre santé et de notre comportement, tels que la détection d'aliments avariés ou de gaz nocifs, et le plaisir de manger. Maintenant, nous pouvons voir que cela peut également être un indicateur de vulnérabilité important de quelque chose dans votre santé qui a mal tourné", déclare Dr Vidya Kamath. "L'odorat est un moyen important de s'engager dans le monde qui nous entoure, et cette étude montre qu'il peut être un signe avant-coureur d'une dépression tardive".

Pour les chercheurs, l'olfaction et la dépression seraient liées à la fois par des mécanismes biologiques (par exemple, des niveaux de sérotonine altérés, des changements de volume cérébral) et comportementaux (par exemple, une fonction sociale et un appétit réduits). Ils prévoient par ailleurs de vérifier si ce sens peut être utilisé dans les stratégies d'intervention pour atténuer le risque de dépression en fin de vie.