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Acné, infarctus, dépression, cancer : le stress est vecteur de 90% des maladies

De l'AVC au diabète en passant par l'acné, 90% des maladies seraient provoquées par le stress, selon des scientifiques américains de l'Université de Californie. On fait le point. 

Acné, infarctus, dépression, cancer : le stress est vecteur de 90% des maladies Irina_Qiwi / stock

  • Publié 26.07.2018 à 11h36
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C’est un mal insidieux, au point que nous n'en avons pas toujours conscience. Pourtant, le stress serait, selon une nouvelle étude, à l’origine de 90% des pathologies. Un salarié sur quatre est aujourd’hui trop stressé au travail, au point de se mettre en danger. "On peut faire une analogie avec l'hypertension : tout le monde a de la tension artérielle, le problème c'est quand on en a trop", explique au Nouvel Obs le docteur Patrick Légeron, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne de Paris. La sphère privée n’est pas épargnée par le phénomène, comme l’a récemment démontré le post facebook d’une maman en plein burn-out, devenu viral sur la toile.

En balayant l’actualité médicale, il est possible d’associer la quasi-totalité des maladies au stress, sur le plan physique comme sur le plan psychologique :

Maladie auto-immunes

Une étude vient de démontrer que les personnes atteintes du TSPT (trouble de stress post-traumatique) étaient 46% plus susceptibles de développer une des 41 maladies auto-immunes existantes, et plus de deux fois plus susceptibles de développer au moins trois troubles auto-immuns, comparativement aux adultes sans trouble de stress.

Les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, la maladie coeliaque, la maladie de Crohn, le psoriasis et la polyarthrite rhumatoïde apparaissent lorsque le système immunitaire attaque par erreur le corps, détectant incorrectement les envahisseurs étrangers, ou antigènes.

Maladies cardiométaboliques

Selon une nouvelle recherche publiée dans Lancet Diabetes and Endocrinology, les individus souffrant d'une maladie cardiométabolique et de stress au travail présentent un risque de mortalité beaucoup plus élevé que ceux qui travaillent sereinement.

Les maladies cardiovasculaires (athérosclérose, infarctus, insuffisance cardiaque, etc.), lorsqu'elles se développent chez un même patient, sont souvent associées à des maladies métaboliques, c'est-à-dire caractérisées par des perturbations du métabolisme, notamment des sucres (diabète) et des lipides (obésité, dyslipidémie). On parle donc de maladies ou de syndromes cardiométaboliques.

Maladies cardiovasculaires

Publié dans le prestigieux Lancet, un essai indique qu’une hausse de stress est associée à un risque 1,6 fois plus élevé d’incident cardiovasculaire. Cela inclut les AVC, les infarctus mais aussi les maladies chroniques du système cardiovasculaire (maladie artérielle périphérique, insuffisance cardiaque, angine de poitrine).

Lors de l’analyse des résultats, les chercheurs se sont concentrés sur l’activité de l’amygdale, une région cérébrale impliquée dans l’expression du stress.

Maladies de peau

Le stress est "un facteur important dans le déclenchement et l’entretien d’une poussée d’acné, rappelle Laurent Misery, chef du service de dermatologie du CHRU de Brest. Cela n’a rien d’étonnant dans la mesure où les glandes sébacées sont très sensibles à la substance P et à la corticolibérine, deux neurotransmetteurs fabriqués en cas de stress par les neurones présents dans le réseau nerveux cutané".

Plus largement, ces médiateurs chimiques sont connus pour aggraver moult maladies cutanées présentant une composante inflammatoire : psoriasis, eczéma atopique, herpès… "En cas d’événement stressant, ils ne sont pas relargués uniquement dans le cerveau ou les glandes surrénales puis dans le flux sanguin, mais aussi directement dans les cellules de la peau", poursuit le médecin.

Surtout, plus un patient souffre d’une maladie de peau et plus il stresse, et plus il stresse et plus sa maladie s’intensifie. "Il faut bien expliquer aux patients qu'il est plus que normal de réagir physiquement au stress et que, dans certains cas, psychothérapies et psychotropes peuvent leur être utiles", insiste Laurent Misery.

Hypertension et diabète

Les adolescents stressés font des adultes hypertendus, comme l’a révélé une vaste recherche américaine publiée dans la revue Heart. Ces travaux mettent en évidence qu’une faible résistance au stress au cours de cette période de la vie accroît le risque de développer une hypertension à l’âge adulte.

A l’adolescence, une mauvaise gestion de son stress peut se faire ressentir sur le long terme. Une étude, publiée dans la revue scientifique Diabetologia, indique que 20% des jeunes participants les plus stressés avaient 50% de risques en plus de développer un diabète de type 2 que les 20% des moins stressés. Les chercheurs soulignent que plus la résistance au stress est élevée, plus le risque de diabète diminue.

Cancers 

Une recherche publiée dans le BJM a conclu que, par rapport au groupe exempt de stress : "les taux de mortalité dans le groupe le plus stressé ont constamment augmenté pour tous les cancers confondus, dont les cancers non liés au tabagisme, le carcinome du colorectum, la prostate, le pancréas, l'œsophage et la leucémie".

Déclin cognitif et dépression

Une mauvaise résistance au stress chez les jeunes adultes a également été associée à des troubles cognitifs plus importants 25 ans après, révèle une étude de l’université de Genève(UNIGE) publiée dans le journal Neurology. Le terme "déclin cognitif" englobe des maladies comme Alzheimer ou Parkinson.

Il existe un lien biologique étroit entre le stress et la dépression. Cette association a été établie pour la première fois par l'équipe du Dr Stephen Ferguson, de l'Université Western Ontario, en découvrant un mécanisme de connexion dans le cerveau.

Fausse couche

On s’éloigne de la notion de "maladie", mais les études sont tellement nombreuses sur le sujet qu’elles méritent de s’y arrêter. Le revue Scientific Reports explique qu’avoir été exposée au stress psychologique au cours de sa vie peut augmenter de 42% le risque de fausse couche.

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