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Maladie d'Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés alors que le nombre de cas augmente

La ministre de la Santé Agnès Buzyn devrait bientôt annoncer l’arrêt du remboursement des médicaments anti-Alzheimer. Pourtant, le nombre de cas augmente : en France, une personne est diagnostiquée toutes les trois minutes. Selon l'OMS, 75,6 millions de personnes souffriront de démence en 2030. 

Maladie d'Alzheimer : les médicaments bientôt déremboursés alors que le nombre de cas augmente KatarzynaBialasiewicz / Istock

  • Publié 29.05.2018 à 10h05
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La ministre de la Santé Agnès Buzyn devrait annoncer dans les prochaines jours l’arrêt du remboursement par la Sécurité sociale des médicaments anti-Alzheimer, selon une information de Libération. Pour trancher la polémique qui entoure cette médication depuis des années, Agnès Buzyn s’est appuyée sur la Haute Autorité de Santé (HAS).

En effet, la Commission de la transparence de la HAS a réévalué les quatre médicaments utilisés dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer : Ebixa (Lundbeck), Aricept (Eisai), Exelon (Novartis Pharma) et Reminyl (Janssen Cilag). Elle a estimé que le service médical rendu de ces médicaments et de leurs génériques était insuffisant, détaillant qu'aucune donnée n’est disponible à moyen ou à long terme, que les effets sur les troubles du comportement, la qualité de vie, le délai d’entrée en institution et la mortalité ne sont pas établis.

De même, elle a estimé que les données accumulées depuis la commercialisation des médicaments confirment le risque de survenue d’effets indésirables parfois graves (syncopes, réactions cutanées sévères…) et/ou de nature à altérer la qualité de vie des patients (troubles digestifs, cardiovasculaires, neuropsychiatriques…). Que la population visée est souvent polypathologique et polymédiquée, les risques d’interactions médicamenteuses et d’effets indésirables graves sont donc accrus. Et enfin, qu'aucun bénéfice chez les aidants n’a été établi.

Vers une "iniquité entre les familles" des patients ?

"Cela va créer une iniquité entre les familles qui auront les moyens de payer ces médicaments et les autres", explique à La Croix Benoît Durand, directeur général de l’association France Alzheimer. "Bien utilisés, ces médicaments avaient une certaine utilité. On avait de bons retours des patients et des familles", assure encore le professeur Philippe Amouyel (CHRU de Lille), directeur général de la Fondation Plan Alzheimer. 

En réponse à ces critiques, la HAS vient de publier un guide sur un "parcours de soins et d’accompagnement adapté" pour les malades d’Alzheimer. "Il est quand même étrange de considérer que le seul signifiant d’une consultation médicale est le médicament, expliquait le docteur Claude Leicher à La Croix en avril 2017. Ce qui est bénéfique pour les patients, c’est d’abord de répondre à leur souhait de rester à domicile où ils ont tous leurs repères, avec un maintien de relations sociales et amicales. Certes, cela ne permet pas de guérir la maladie, mais cela ralentit l’évolution des troubles cognitifs."

Hausse du nombre de cas

Aujourd’hui en France, plus de 850 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Ce sont majoritairement des personnes âgées de plus de 75 ans, même si on dénombre aussi près de 35 000 personnes atteintes avant l’âge de 65 ans. A ce jour, il n’existe pas de traitement permettant de guérir ces maladies, qui évoluent sur plusieurs années avant de conduire à une perte d’autonomie totale. Globalement, la maladie d'Alzheimer est impliquée dans 60 à 70% des cas de démence.

Avec le vieillissement de la population dans les pays industrialisés, le nombre de personnes développant la maladie d'Alzheimer augmente considérablement. Au total, le nombre de nouveaux cas de démence est d'environ 7,7 millions chaque année et devrait atteindre 75,6 millions en 2030 et à 135,5 millions en 2050, selon l'OMS. Plus précisément, le nombre de personnes atteintes de démences devrait donc presque doubler tous les 20 ans.

Selon la Fondation pour la recherche médicale, "225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués" chaque année en France, soit près d’un toutes les trois minutes. "En 2020, 1 Français de plus de 65 ans sur 4 devrait être touché par la maladie d’Alzheimer". "Le coût de la prise en charge des malades Alzheimer est particulièrement élevé sur le long terme : on estime que 1 000 euros par mois restent à la charge des malades et de leur famille. L’OMS estime qu’en 2010, le coût sociétal total de la démence dans le monde était de 604 milliards de dollars, soit 1 % du produit intérieur brut mondial". Une question se pose alors : si les quatre médicaments sur le point d'être déremboursés par le ministère de la Santé n'ont pas prouvé leur efficacité, que doivent faire les patients pour se traiter ?

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