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Risque dès le premier verre

Syndrome d'alcoolisation fœtale : le cerveau de l'enfant en danger

Un seul verre d'alcool bu pendant la grossesse peut être néfaste pour le cerveau de l'enfant. Une journée internationale est organisée ce mardi vient le rappeler. 

Syndrome d'alcoolisation fœtale : le cerveau de l'enfant en danger Dave Penman / Rex Featu/REX/SIPA

  • Publié 09.09.2014 à 16h37
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« Investissons dans l’avenir de nos enfants. Protégeons leurs cerveaux », c'est le slogan choisi  par l'association « Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) France », à l'occasion de la Journée mondiale du SAF qui a lieu ce mardi.
Ce syndrome est un ensemble d'anomalies physiques et comportementales qui apparaît chez les enfants exposés à l'alcool pendant la grossesse de leur mère. 
Ainsi, SAF France souhaite profiter de cette occasion pour faire prendre conscience au grand public de la nécessité de protéger le cerveau, principal organe qui régit nos capacités à raisonner, imaginer, réguler nos pulsions, nos émotions, mémoriser, prendre du recul… Le cerveau est souvent l’organe le plus abîmé lorsqu’il y a consommation d’ alcool pendant la grossesse. Explications.

Pas de dose dénuée de risques
L’alcool est en effet une substance tératogène, c’est-à-dire responsable de malformations chez le fœtus. Chaque verre expose donc potentiellement l’enfant à naître à un risque sans qu’il soit possible de définir une dose ou une période moins dangereuse qu’une autre. Certaines femmes ont un organisme qui va dégrader l’alcool rapidement et épargner leur bébé tandis que pour d’autres, une dose même faible et isolée aura des conséquences.
De nombreux facteurs influencent la métabolisation, cette capacité de dégradation de l’alcool : l’âge (elle diminue après 30 ans), le patrimoine génétique de la mère et de l’enfant à naître, le fait d’avoir une alimentation équilibrée ou non, le fait qu’il s’agisse d’une ivresse ponctuelle ou d’une consommation régulière et surtout à quel moment du développement du fœtus survient l’alcoolisation.
« Une consommation ponctuelle d’alcool entre le 36e et le 40e jour de grossesse peut, par exemple, perturber la formation du palais et entraîner un bec de lièvre », avait ainsi expliqué dans un entretien à pourquoidocteur, le Dr Denis Lamblin, pédiatre à Saint-Denis de la Réunion (974), et président de l’association SAF France .

Ecoutez le Dr Denis Lamblin, pédiatre à Saint-Denis de la Réunion et président de l’association SAF France : « Le cœur se développe à partir du 21e jour, les femmes savent à peine qu’elles sont enceintes ». (entretien réalisé le 17 mai 2013)


Jusqu'à 8 000 enfants concernés chaque année en France
Mais les conséquences pour les 7 500 à 8 000 enfants concernés chaque année en France sont en fait très variables. Car différents organes peuvent être atteints, le coeur ou le palais par exemple mais c'est principalement le cerveau qui trinque.
La forme la plus sévère du syndrome d’alcoolisation fœtale est la 1e cause de retard mental non génétique en France. A des degrés moindres, les enfants présentent des troubles de l’attention, des difficultés de concentration, de mémorisation à court terme ou encore d’apprentissage du calcul. 

Le nombre de neurones qu’ils sont obligés de solliciter pour chaque tâche est supérieur à celui d’un cerveau normal, ces enfants se fatiguent donc beaucoup plus rapidement. « Adolescents, ce sont souvent des jeunes qui n’ont pas de capacités de discernement et d'auto-contrôle de leurs émotions. Ils sont très influençables. Une étude a montré que 15 % des adolescents en prison dans l’Etat canadien du Manitoba avaient eu le cerveau lésé par l’alcool in utero », indiquait le Dr Lamblin. Et le coût économique est énorme. « Un enfant atteint, c’est l’égalité des chances condamnée dès la naissance mais c’est aussi 1,3 million d’euros que la société va devoir débourser pour le prendre en charge alors que ses handicaps étaient totalement évitables », chiffrait ce spécialiste.

Des centres régionaux pour former les professionnels
Pour toutes ces raisons, la volonté de l’association SAF France est donc d’alerter les pouvoirs publics, les institutions, sur l’urgente nécessité de protéger les cerveaux, « afin d’investir dans l’avenir pas seulement d’un enfant, mais aussi d’un foyer, d’une ville, d’une région et enfin d’un pays », martèle-t-elle. 

Elle plaide ainsi pour la création de centres ressources régionaux afin de former les professionnels au diagnostic, de les soutenir à l’ accompagnement des familles touchées et étendre son expérience unique en France de prévention de ce syndrome.
« S’attaquer à ce syndrome, c’est rentrer en confiance dans l’intimité des gens, leur consommation d’alcool, leurs maladies, leurs passés, leurs vies. Cette mise en confiance est essentielle pour permettre de détecter la consommation d’alcool chez les mères et les aider à arrêter. Ce travail de prévention a déjà porté ses fruits », souligne l'association. « Grâce à ce travail, plusieurs naissances ont pu être épargnées », conclut-elle. 



 

 



 

 

 

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