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Diabète de type 1 et 2

Mère diabétique, grossesse à haut risque pour l’enfant

Chez les femmes diabétiques avant leur grossesse, le risque de mort foetale in utero est multiplié par 4,5 selon une étude britannique. Normaliser sa glycémie avant d’être enceinte est crucial.

Mère diabétique, grossesse à haut risque pour l’enfant

  • Publié 29.11.2013 à 07h00
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Grossesse et diabète ne font pas bon ménage. Lorsque le diabète dit gestationnel survient pendant la grossesse mais aussi lorsque le diabète, de type 1 ou plus rarement de type 2, préexiste à la grossesse.

Une équipe britannique de l’Université de Newcastle publie dans la revue spécialisée Diabetologia des chiffres inquiétants observés sur plus de 1500 femmes diabétiques. Le risque de mort fœtale in utero apparaît multiplié par 4,5 et le risque de décès de l’enfant avant un an multiplié par 2 par rapport aux grossesses de femmes non diabétiques. « La grossesse diabétique est une grossesse à risque, on le savait, mais l’ampleur de l’augmentation observée m’a surpris. Il faut tout de même relativiser, dans nos pays, le risque de mort fœtale in utero est faible, multiplié par 4,5, cela veut dire qu’il est, in fine, de 3% pour une femme diabétique », tempère le Pr Serge Halimi, chef du service de diabétologie du CHU de Grenoble.  


Risque accru en cas de diabète non contrôlé

Pour les auteurs de l’étude, ce qui interpelle c’est la part évitable de ces décès si le diabète de leur mère avait été contrôlé. L’étude montre en effet que la grossesse est bien moins à risque pour les femmes dont le taux d’hémoglobine glyquée (l’indicateur qui reflète la glycémie des diabétiques) est inférieur à 7% avant d’être enceinte. « Pour les femmes diabétiques, leur diabétologue et leur médecin généraliste, ces chiffres sont un appel à être encore plus vigilants. La grossesse d’une femme diabétique de type 1 doit absolument être programmée », martèle le spécialiste.


La grossesse d’une diabétique "dure" 12 mois

Une grossesse programmée, cela signifie qu’elle est suffisamment anticipée pour se laisser le temps de faire baisser le taux d’hémoglobine glyquée sous le seuil de 7% et le stabiliser. Les diabétologues ont donc coutume de dire que la grossesse d’une femme diabétique dure 12 mois : au moins 3 mois pour contrôler le diabète puis 9 mois de grossesse.


Ecoutez le Pr Serge Halimi
, chef du service de diabétologie du CHU de Grenoble : « On a encore trop de grossesses découvertes chez des femmes diabétiques de type 1 qui n’ont pas programmé leur grossesse et se retrouvent enceintes avec des taux d’hémoglobine glyquée à 9 ou 10% »


Lorsqu’une grossesse est découverte chez une femme dont le taux d’hémoglobine glyquée est très haut, son fœtus est non seulement exposé au risque de mortalité décrit dans l’étude britannique mais aussi à des risques de malformations, notamment cardiaques. « C’est une situation très délicate. Doit-on laisser la grossesse se poursuivre au vu de ces risques ? La question est extrêmement difficile pour chaque patiente et même le débat entre spécialistes n’est toujours pas tranché depuis au moins 25 ans », souligne Serge Halimi.

C’est pour éviter d’en arriver à cette situation qu’il est très fortement recommandé aux femmes diabétiques de faire part à leur diabétologue de leur projet de grossesse pour pouvoir aménager leur traitement et arriver à un diabète équilibré. « Avoir un projet de grossesse est un très fort élément de motivation pour les femmes. A partir du moment où la vie de leur futur enfant est en jeu, elles consentent à faire beaucoup d’efforts pour parvenir à équilibrer leur diabète », note le Pr Halimi.


Adapter le traitement avant la grossesse

Une femme enceinte même non diabétique est souvent en légère hypoglycémie. Pour une femme diabétique, la période de la grossesse fait donc beaucoup augmenter les besoins en insuline, particulièrement à partir du 6e mois. Les traitements antidiabétiques oraux étant déconseillés pour le fœtus, il faut passer par des injections d’insuline.


Ecoutez le Pr Serge Halimi
, chef du service de diabétologie du CHU de Grenoble : « Le passage sous pompe à insuline est souvent la très très bonne solution pour beaucoup de ces femmes et un certain nombre d’entre elles la garde après la grossesse ».


Par rapport à de multiples injections quotidiennes, la pompe à insuline offre à la future mère un confort d’utilisation et une meilleure régularité des glycémies. Elle se compose d’un réservoir d’insuline, une pile, une tubulure et un cathéter. Le cathéter inséré sous la peau diffuse l’insuline très régulièrement. Il doit être changé tous les 3 à 4 jours, en même temps qu’est effectué le remplissage du réservoir. Le maniement de cette pompe à insuline nécessite un temps d’apprentissage, ce qui renforce encore la nécessité d’anticiper le début de grossesse pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions. « Une grossesse programmée et bien accompagnée a toutes les chances de bien se passer, il ne faut pas paniquer », rassure le diabétologue.

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