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Cancer du sein : les gynécologues alertent sur le recul du dépistage

ENTRETIEN. En 2016, le nombre de femmes dépistées a reculé. Il faudrait mieux les informer, selon le Collège national des gynécologues.

Cancer du sein : les gynécologues alertent sur le recul du dépistage imagepointfr/epictura

  • Publié 21.06.2017 à 17h48
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Les femmes françaises boudent le dépistage organisé du cancer du sein. En 2016, à peine 52 % des femmes de 50 à 74 ans invitées à y participer l’ont réalisé, soit quelque 2,5 millions de femmes. Une proportion quasi constante depuis 2011.

Cette désaffection pour ce programme national a notamment été nourrie par les controverses et amalgames qui l’entourent. Accusée d’entraîner trop de faux-positifs, de sur-diagnostics, les femmes entendent ici et là que la mammographie n’est pas efficace, déplore le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) qui organise ce mercredi 21 une conférence de presse à ce sujet.

Des doutes qui menaceraient aujourd’hui la vie des femmes. Car selon ces experts, les femmes viennent consulter plus tardivement qu’auparavant. Le volume des tumeurs est alors plus important, nécessitant des traitements plus lourds.

C’est dans ce contexte que l’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé « la rénovation profonde » du dépistage organisé sur la base d’une concertation citoyenne. L’ambition de ce nouveau programme est d’apporter une information plus complète aux femmes. Un élément indispensable pour convaincre les femmes du bien-fondé de ce dépistage, estime Natacha Espié, psychologue et présidente de l’association Europa Donna qui a participé à cette conférence.

Quel regard portez-vous sur le recul du dépistage du cancer du sein ?
Natacha Espié : Je trouve que c’est vraiment dommage pour les femmes, et en tant que présidente d’Europa Donna, la branche française d’une coalition européenne, je ne peux que le déplorer. D’autant qu’il s’agit vraiment d’une tendance franco-française.

Il y a une très forte campagne de dénigrement contre le dépistage. Il faut donc faire un effort de pédagogie pour expliquer aux femmes ce que veut dire se faire dépister, lever l’ambiguïté entre prévention et dépistage, car les patientes et les médecins ne parlent pas le même langage. Les patientes ont l’impression que le dépistage va les protéger du cancer, tandis que les médecins pensent trouver un cancer le plus petit possible et sauver des femmes.

Et évidemment, il y a la peur du cancer qui pousse les femmes à ne pas se faire dépister. J’entends des femmes dire qu’elles n’en ont pas besoin car il n’y a pas de cancer dans leur famille, ou qu’elles craignent que le dépistage leur porte la poisse.

Ecoutez...
Natacha Espié, présidente de l'association Europa Donna

 

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Mais une fois le diagnostic posé, elles veulent s’en débarrasser au plus vite…
Natacha Espié : Il y a très peu de refus de soin. Mais les femmes savent qu’elles s’engagent dans une course de fond et qu’elles devront aller jusqu’au bout. Et pour y arriver, elles acceptent tous les traitements qu’on leur propose, qu’il s’agisse de chimiothérapie, de radiothérapie ou de chirurgie.
Il arrive aussi parfois que certaines femmes formulent des demandes plus radicales, comme une mastectomie, alors que l’ablation de la tumeur suffirait, car elles veulent s’en libérer. 

Et ce qui est très intéressant c’est de voir que les patientes traitées tentent de convaincre leurs amies ou leurs sœurs de se faire dépister.

Un paradoxe qui illustre le besoin d’apporter une meilleure information aux femmes ?
Natacha Espié : Oui, car nous constatons que les femmes qui participent au dépistage sont celles qui ont été convaincues par un dialogue ouvert avec leur médecin généraliste ou leur gynécologue. Il est très important de prendre les femmes pour de véritables interlocuteurs de santé capables de comprendre les tenants et aboutissants du dépistage. On doit donc expliquer les inconvénients et bénéfices du dépistage.

Et je pense que dans notre société actuelle, il faut être extrêmement vigilant à n’exclure aucune femme. C’est pour cela qu’à l’association Europe Donna, nous avons initié une action avec les Restos du cœur pour approcher les femmes en grande précarité et faire en sorte qu’elles aient accès au dépistage.

Cela nécessite aussi de traduire les brochures d’information en plusieurs langues pour que les femmes obtiennent plus d’explications.

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