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Cancer du sein : les généralistes au coeur de la réforme du dépistage

ENTRETIEN – Le dépistage organisé du cancer du sein va évoluer. Marisol Touraine veut renforcer le message et placer les généralistes au cœur du dispositif dont ils étaient exclus.

Cancer du sein : les généralistes au coeur de la réforme du dépistage imagepointfr/epictura

  • Publié 05.10.2016 à 18h02
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Pour convaincre, le dépistage organisé du cancer du sein doit changer. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a appelé de ses vœux une « rénovation profonde » du système actuel. Elle s’appuie sur les recommandations émises par l’Institut national du cancer (INCa) et les résultats d’une concertation citoyenne et scientifique. Car le programme existant peine à convaincre : 52 % des femmes ciblées réalisent une mammographie avec le courrier qui leur est adressé.

Si les brochures mettent clairement l’accent sur le bénéfice lié au dépistage, elles se montrent plus concises sur le risque de surdiagnostic. D’où la nécessité, pour les personnes interrogées, d’une modification majeure.
C’est aussi le message du Collège national des généralistes enseignants (CNGE)qui dénonce une « information tronquée » dans un communiqué. Une sortie qui tombe à pic : le nouveau programme de dépistage organisé devrait justement placer les généralistes au cœur du dispositif. Pourquoidocteur a donc contacté le Pr Vincent Renard, président du CNGE.

Pourquoi dénoncez-vous une information tronquée ?

Pr Vincent Renard : Dans les documents officiels, on présente surtout les avantages du dépistage organisé. Les inconvénients ne sont pas traités sur le même plan. Les avantages sont chiffrés en termes de maladies et de décès évités, mais le flou est maintenu sur les inconvénients. A notre sens, les femmes ne sont pas suffisamment informées pour faire un choix transparent et éclairé. On aboutit à une situation dans laquelle un certain nombre de patientes se rendent compte que le dispositif est orienté et ne font plus confiance aux institutions. On a connu ce phénomène avec les vaccins.

Comment accueillez-vous ce futur plan ?

Pr Vincent Renard : Il s’agit d’un nouveau plan qui met l’accent sur le dépistage, voire la prévention. En ce sens, c’est une bonne mesure car la France a encore beaucoup de progrès à faire, probablement, pour améliorer un certain nombre d’indices de santé de la population et, individuellement, le devenir des patientes. Pour autant, il faut que l’information soit suffisamment pertinente et équilibrée afin qu’elles puissent faire un choix. A l’heure où on met l’accent sur l’implication du patient, c’est la meilleure manière de le faire participer.

Ecoutez...
Vincent Renard : « Culturellement, le système de santé n’était pas organisé vers la prévention et le dépistage et il y a une méfiance vis-à-vis des messages institutionnels. »


Le médecin traitant sera la clé de voûte du plan. Avez-vous le temps et les outils nécessaires ?

Pr Vincent Renard : Un des défauts de la campagne actuelle réside dans l’exclusion des soins de premiers recours et du médecin généraliste. Structurellement parlant, les outils et le temps, soulèvent beaucoup de questions. Pour mettre à disposition un certain nombre d’éléments, nous avons besoin d’outils de meilleure qualité pour expliquer les enjeux aux patients.
Concernant le temps disponible, nous considérons qu’une part croissante de l’activité du généraliste doit s’orienter sur la prévention et le dépistage. Si cela prend du temps, il faut qu’une partie de la consultation y soit dédiée. On se situe dans une évolution inéluctable du métier. Les professionnels de santé et les patients ont à y gagner.

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