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Journée mondiale : l'allaitement en cinq questions

A l’occasion de la Journée mondiale, PourquoiDocteur fait le point sur les vraies vertus et les faux attributs de l'allaitement.

Journée mondiale : l'allaitement en cinq questions GekaSkr/epictura

  • Publié 29.03.2017 à 15h00
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Au XXIe siècle, il est de bon ton de culpabiliser la mère non-allaitante. Alors que les études sur les bienfaits du lait maternel se multiplient, dans l’Hexagone, seules deux femmes sur trois donnent le sein à leur nourrisson. Devrions-nous sous-entendre qu’un tiers des mères de France sont d’indignes génitrices condamnant leurs enfants à vivre en moins
bonne santé ?

Ce serait aller bien vite en besogne. Sur l’allaitement, tout est dit, avec parfois un peu trop d’empressement. A l’occasion de la journée mondiale, PourquoiDocteur fait le point sur quelques bienfaits et idées reçues au sujet de ce geste ancestral.


L’allaitement favorise le système immunitaire. 
C’est vrai et c’est d’ailleurs sa qualité première. Composé d’eau, de glucides, de lipides, de protéines, de sels et d’oligoéléments, ce « breuvage » contient les nutriments nécessaires à l’alimentation du nouveau-né durant les six premiers mois de sa vie. Les nombreux anticorps également présents dans le lait maternel favorisent les défenses immunitaires du nourrisson et limite le risque de pathologies diverses.

Des études ont ainsi montré que les bébés allaités avaient un risque moins élevé d’otites, d’allergies, de diarrhées ou encore de gastro-entérites. La littérature évoque aussi un effet protecteur contre les réactions inflammatoires. En plus des anticorps et des nutriments, une équipe américaine a isolé dans le lait maternel des molécules bioactives qui combattraient l’inflammation, mais les travaux en sont encore à leurs premiers stades.

L’allaitement prévient l’asthme. Le lien semble lointain… mais le constat a été établi chez les enfants porteurs d’un gène les prédisposant à l’asthme (gène 17q21), avec des précautions toutefois. Selon plusieurs travaux, les enfants ayant des prédispositions génétiques pour l’asthme pourraient être mieux protégés contre cette maladie respiratoire s’ils étaient nourris au sein. Les chercheurs n’expliquent cependant pas comment le lait maternel agit sur l’expression de ce gène et ont entrepris de nouveaux travaux pour mieux comprendre cette interaction encore peu explorée.

L’allaitement rend intelligent.  Si seulement c’était aussi simple... En mars 2015, une étude parue dans le Lancet tissait un lien entre l’intelligence et le lait maternel. Les bébés allaités étaient censés être plus intelligents, plus éduqués et plus riches que les autres une fois devenus adultes. Dans le détail, l’étude ne montrait pas grand-chose, si ce n’est un QI supérieur de trois points chez les adultes anciennement allaités – pas de quoi assurer un avenir de génie non plus, il faut en convenir.

En revanche, l’étude levait une piste intéressante : les femmes qui allaitent ont peut-être tendance à rester plus longtemps à domicile avec leur bébé, ce qui pourrait favoriser leur éveil. Mais que les enfants non allaités se rassurent : ils ne seront pas pour autant stupides, ignares et pauvres !

L’allaitement, c’est compliqué. Vous venez d'avoir un bébé, votre vie est forcément plus compliquée ! Mais en pratique, l’allaitement n’est pas associé à trop de contraintes. En cas de reprise du travail, la mère peut utiliser un tire-lait. C’est le matin, au réveil, que la réserve de lait est plus importante ; il est ainsi conseillé de tirer le lait à ce moment-là.

Côté repas, aucun aliment n’est à bannir ni à privilégier ; un déséquilibre alimentaire n’a pas d’incidence sur la qualité du lait, à moins d’avoir suivi régime très pauvre en calories pendant des semaines. Mais alors, c’est la quantité de lait qui sera diminuée, plutôt que sa qualité. Côté médicaments, en revanche, il faut absolument vérifier la compatibilité de tout traitement, même en automédication, avec l’allaitement.

L’allaitement, ça fait mal. Pas longtemps, théoriquement. Certaines femmes appréhendent d’allaiter à cause de la douleur supposée inéluctable liée à geste. Une bouche vorace face à un téton sans défense, forcément, ça fait peur. Mais allaiter n’est pas censé faire mal durablement. Dans les premiers jours, une sensibilité, voire une irritation, est fréquente ; la mère et le nourrisson doivent prendre quelques temps pour s’accorder.

Toutefois, la sensibilité ne doit pas durer. Toute douleur pénible est anormale. La plupart du temps, elle est due à une mauvaise prise au sein, mais elle peut aussi être le signe d’un trouble (candidose des mamelons). En d’autres termes, en cas de douleur, il faut aller consulter pour vérifier l’absence d’anomalie et la bonne pratique de la tétée.

L’allaitement prévient le cancer du sein. Même si votre bébé n'est pas des plus délicats avec vos seins, il pourrait bel et bien vous protéger d’un cancer. Selon les estimations scientifiques, 20 000 décès par cancers du sein pourraient être évités annuellement, si les mères étaient plus nombreuses à travers le monde à allaiter. Chaque période d'allaitement de 12 mois diminuerait ainsi le risque de cancer du sein de 4,3 %.

Nourrir son enfant au sein conférerait aussi une certaine protection contre le cancer de l'ovaire, si tant est que l'allaitement soit pratiqué sur de « longues périodes », peut-on lire dans l'étude. Ces bénéfices sont liés à des périodes d'aménorrhées allongées en cas d'allaitement, un facteur connu pour diminuer le risque de ces deux types de cancer.

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