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Opération des petites lèvres

Chirurgie du sexe féminin : une mode à risques

Le nombre d’opérations esthétiques sur les petites lèvres est en augmentation très nette. En 2015, 95 000 labioplasties ont été effectuées.

Chirurgie du sexe féminin : une mode à risques marcelo/Epictura

  • Publié 28.01.2017 à 16h50
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Malgré les risques liés à la chirurgie et l'atteinte d'une zone intime, la labioplastie, opération des petites lèvres, jouit d’un succès certain. En 2015, 95 000 d'entre elles ont été réalisées dans le monde. La dimension esthétique semble importante : certaines femmes semblent réellement complexées par l’apparence de leur sexe, et le recours à l'opération pourrait les aider.

« Les femmes se soucient désormais beaucoup plus de l'apparence de leur sexe », a déclaré auprès de l’AFP Nolan Karp, chirurgien à New York et membre du conseil d'administration de l'American Society for Aesthetic Plastic Surgery (ASAPS). Le chirurgien y voit l’effet d’internet, qui aurait libéré les femmes d’un tabou. « Avant internet, combien de femmes nues une femme voyait-elle au cours de sa vie ? » D’après le chirurgien, internet permet aux femmes de comprendre la normalité.

Un sexe normalisé

Mais la définition de la normalité est compliquée. Une étude publiée en 2005 sur un échantillon réduit de 50 femmes avait en effet montré une variété énorme de morphologie du sexe, dont la longueur des petites lèvres variait de 2 à 10 cm, et leur largeur de 0,7 à 5 cm. « Il est surprenant que les chirurgiens affirment qu’une opération peut permettre d’obtenir un sexe féminin d’apparence normale », avaient alors exprimé les auteurs de l’étude.

Si l'on considère comme normaux les sexes où les petites lèvres ne débordent pas des grandes lèvres, alors seulement 20% répondent à ce critère, a expliqué le Dr Nicolas Berreni, gynécologue-obstétricien à Perpignan, lors du congrès de médecine esthétique IMCAS à Paris.

Une quête de fausse normalité d’autant plus inquiétante si le fait de tenter de s’en rapprocher comporte des risques médicaux. L’image de l’anatomie parfaite inquiète de nombreux gynécologues, qui déplorent cette vision du sexe « parfait », véhiculée notamment par les films pornographiques, et très éloignée de la réalité. Ils redoutent le recours des adolescentes à la labioplastie, alors que leur développement physique n’est pas achevé. L’opération n’est en effet pas sans risques. Le tissu cicatriciel peut être douloureux, et il y a toujours un risque d’infection et de saignements.

Gêne psychologique et fonctionnelle

Mais ce n’est pas l’essentiel des raisons des demandes d’intervention. Elle a aussi une fonction réparatrice, comme l’expliquait déjà en 2015 à Pourquoidocteur le Dr Yohann Derhy, chirurgien plastique à Paris, qui réalise entre quatre et cinq nymphoplasties par semaine. « S'il y a toujours une composante esthétique dans la demande des patientes, une gêne fonctionnelle au quotidien y est le plus souvent associée notamment dans la pratique sportive ou lors des rapports sexuels », souligne-t-il. Si certaines femmes y auraient recours sans réel besoin, pour d’autres, elle peut donc s’avérer salvatrice. Une taille excessive des petites lèvres peut entraîner des frottements douloureux sur les vêtements.

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Peu de recul

Les candidates sont des femmes plutôt jeunes, et surtout, particulièrement bien informées. L’âge moyen des patientes est de 32 ans, d’après une étude menée par le Dr Stéphane Smarrito, chirurgien plasticien. Toutefois, celui-ci distingue trois types de profils qui peuvent avoir recours à cette chirurgie.

D’abord des femmes jeunes, qui éprouvent des douleurs lors de leurs premiers rapports sexuels et décident de réagir rapidement en consultant. Ensuite, les femmes d’une quarantaine d’années qui, après plusieurs grossesses, constatent des inconforts plus marqués. Enfin, des femmes âgées de plus de soixante ans, qui veulent bénéficier d’une opération dont elles ne soupçonnaient pas l'existence.

Selon le guide de bonnes pratiques en cosmétique génitale de la SOGC, publié en 2013, rien ne prouve que la labioplastie améliore la satisfaction sexuelle ou l'estime de soi. Le Dr Berreni, souligne que le recul est insuffisant pour estimer les effets de la nymphoplastie, qui semble très mal vieillir. Dans de nombreux cas, les tissus deviennent fibreux, rétractiles et d'aspect boursoufflé. L’injection d’acide hyaluronique pourrait être, d’après lui, une solution plus sûre. Elle consiste à gonfler les grandes lèvres, qui recouvriront alors les petites.

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