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QUESTION D'ACTU

Maladies métaboliques

Traitement de l'obésité infantile : une affaire de famille !

Apprendre à bien manger et à bouger à toute la famille aide à prévenir les risques de maladies métaboliques chez les enfants obèses ou en surpoids.

Traitement de l'obésité infantile : une affaire de famille ! abadonian/istock




L'ESSENTIEL
  • Le traitement comportemental familial peut prévenir les maladies métaboliques chez les enfants en surpoids ou obèses.
  • Il s'agit de changer les comportements alimentaires et les habitudes sédentaires des enfants en surpoids mais aussi des parents.
  • Il faudrait former davantage de professionnels pour assurer le développement de ce type de programme, selon les chercheurs.

Pour lutter contre l’obésité infantile et ses conséquences, il faut former toute la famille aux bonnes pratiques alimentaires et comportementales. C’est ce que révèle une étude de l’université de Buffalo ayant analysé 40 ans de recherche sur ce trouble qui touche de plus en plus d’enfants.

Le traitement comportemental familial réduit les risques de maladies métaboliques de l'enfant

L’université de Buffalo (UB) a mis au point un traitement de l’obésité infantile qui se concentre sur la prise en charge comportementale de l'enfant, mais aussi de ses parents. Il apprend notamment à la famille à distinguer et utiliser correctement les aliments peu caloriques et très nutritifs (fruits, légumes...), ceux qui sont nutritifs mais caloriques (pains, pâtes, riz, produits laitiers...) et les produits riches en calories, sucres, graisses ou très transformés (bonbons, fast-food, viennoiserie…). Il encourage l’activité physique et promeut des méthodes parentales positives et l’auto-surveillance ainsi que la modification de l'environnement et des habitudes familiales.

Les chercheurs ont fait le point sur les performances de ce programme au cours des 40 dernières années, évalué par le biais de 16 essais contrôlés. Ils ont découvert que jusqu'à 70 % des enfants ayant bénéficié du traitement comportemental familial de l'UB étaient parvenus à réduire leur risque de développer des maladies cardiométaboliques à l'âge adulte comme le diabète, la dyslipidémie ou la nécessité d'une chirurgie bariatrique. De plus, près de la moitié d'entre eux ont inversé leur état d'obésité et l'ont maintenu pendant la période de suivi de 5 à 10 ans.

"Ce sont des données inédites qui prouvent l’efficacité clinique de notre programme", souligne le Dr Leonard H. Epstein, auteur correspondant de l’étude, dans un communiqué.

Obésité : la thérapie comportementale familiale est efficace et moins onéreuse au final

L’auteur de l’étude parue dans la revue Health Psychology souligne que la prise en charge de l’ensemble de la famille d’un enfant obèse n’est pas bénéfique que pour lui. La thérapie comportementale familiale améliore également le poids et la santé des frères et sœurs non traités. Autre constat : plus l'enfant est jeune au moment où il commence la thérapie, plus l'amélioration de son poids est significative.

Toutefois, pour assurer la réussite d’un tel programme, il faut du personnel compétant. "La mise en œuvre d'un traitement comportemental axé sur la famille dans un contexte de santé communautaire nécessite l'embauche de personnel formé", prévient Dr Epstein. Et cela n’est pas forcément plus onéreux. "Comme le traitement comportemental familial est associé à des changements de poids chez l'enfant, le parent et les frères et sœurs, il est beaucoup plus économique que de traiter chaque personne séparément", assure l’expert.

"L’obésité est souvent héréditaire, et il est important que les parents donnent l’exemple en matière d’alimentation saine et d’activité physique, qu’ils utilisent des méthodes d’éducation positive (sans se comporter comme des gendarmes de l’alimentation) et qu’ils modifient l’environnement familial partagé afin de promouvoir une alimentation saine, l’exercice physique et une image corporelle positive", conclut le scientifique.

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