- La moitié des parents d'Américains âgés de 18 à 25 ans suivent leur localisation via leur smartphone.
- Si cette pratique rassure, elle peut aussi alimenter l'anxiété parentale et limiter l'autonomie des jeunes adultes.
- Les chercheurs recommandent un dialogue familial pour trouver un équilibre entre sécurité et respect de la vie privée.
Savoir où se trouve son enfant à tout moment est désormais à portée de smartphone. Mais lorsque cet enfant devient un jeune adulte, cette surveillance est-elle encore justifiée ? Une enquête menée aux Etats-Unis révèle que de nombreux parents continuent de suivre les déplacements de leurs enfants devenus majeurs, au risque parfois de fragiliser leur autonomie.
Entre tranquillité d'esprit et anxiété accrue
Grâce aux applications intégrées aux téléphones et aux fonctions de partage de localisation, un parent sur deux suit au moins occasionnellement la localisation de son enfant âgé de 18 à 25 ans, selon un sondage réalisé par le C.S. Mott Children's Hospital de l'Université du Michigan, auprès de plus de 1.500 parents américains. Cette pratique est particulièrement fréquente chez les parents de jeunes de 18 à 20 ans et davantage utilisée pour les filles que pour les garçons. Plus des deux tiers des parents qui utilisent ces outils indiquent que la fonction est activée en permanence. Pour beaucoup, l'objectif est simple : être rassurés. Les parents consultent surtout la localisation lorsque leur enfant sort tard le soir, se trouve dans un lieu inconnu, utilise un taxi ou un service de VTC, ou passe du temps avec des personnes qu'ils ne connaissent pas.
Sauf que, si le suivi géographique est souvent présenté comme un outil de sécurité, il ne procure pas toujours le réconfort espéré. Parmi les parents qui suivent leur enfant, un quart reconnaît que cela les rend parfois plus anxieux que rassurés. "Pour certains parents, le suivi de localisation réduit l'incertitude et procure un plus grand sentiment de sécurité. Mais l'accès constant à l'information peut aussi alimenter l'anxiété", explique Sarah Clark, co-directrice du sondage, dans un communiqué.
L'étude révèle également que 11 % des parents qui suivent leur enfant n'ont pas de raison précise pour le faire. Une situation qui interroge sur les habitudes numériques et le besoin de contrôle que ces technologies peuvent encourager.
Un équilibre entre sécurité, vie privée et autonomie
Presque tous les parents qui suivent leur enfant affirment que celui-ci est au courant. En revanche, moins de la moitié disent lui avoir laissé le choix de refuser le partage de localisation. Parmi les parents qui n'utilisent pas ces outils, deux tiers estiment qu'il s'agit d'une atteinte à la vie privée. La moitié considère également que cela peut freiner l'apprentissage de l'indépendance et du sens des responsabilités.
Un autre résultat surprenant ressort de l'enquête : environ la moitié des jeunes adultes suivent aussi la localisation de leurs parents. Pour Sarah Clark, cette réciprocité peut favoriser le dialogue : "Les parents peuvent réfléchir à ce que l'on ressent lorsque sa propre localisation est visible par quelqu'un d'autre."



