- Les antécédents de lésion cérébrale traumatique sont associés à un risque accru de mortalité par cancer du cerveau.
- Le risque est particulièrement élevé chez les patients ayant été blessé à la tête par des armes à feu.
- Cette étude montre qu'il faut promouvoir le suivi à long terme pour les patients ayant eu un traumatisme cérébral.
En France, environ 150.000 personnes sont victimes d’un traumatisme crânien chaque année. Environ un tiers d’entre elles sont par ailleurs hospitalisées pour des lésions cérébrales consécutives à un choc. Ces dernières peuvent provoquer des handicaps, voire des décès. Mais les complications peuvent aussi apparaître des années plus tard.
Une nouvelle étude de la Mass General Brigham révèle que les antécédents de traumatismes crâniens sont associés à un risque accru de cancer du cerveau.
Blessures cérébrales : jusqu’à 14 fois plus de risque de mourir d’un cancer du cerveau
Pour mieux évaluer les conséquences à long terme des blessures cérébrales traumatiques, les chercheurs ont repris les dossiers médicaux de plus de 20.000 patients ayant ce type de trouble et ayant suivi une rééducation en milieu hospitalier entre 1987 et 2024. Ils ont alors étudié les causes des décès de ces malades avec celles de la population générale.
Résultat : les personnes ayant subi un traumatisme crânien par le passé affichaient 1,75 fois plus de risque de mourir d'un cancer du cerveau que les autres. "Ce risque accru était particulièrement marqué chez celles dont les blessures étaient dues à des coups de feu, qui présentaient un risque de décès par cancer du cerveau plus de 14 fois supérieur", préviennent le Dr Daniel Daneshvar et Charlotte Luster, auteurs principaux de l’étude.
Le risque de décès par cancer du cerveau pour les patients souffrant d'un traumatisme crânien léger mais compliqué était pour sa part près de quatre fois supérieur au reste de la population. Les lésions cérébrales modérées à graves montraient aussi un risque accru, mais ce dernier était non significatif sur le plan statistique. Une différence probablement liée à la petite taille des échantillons, avancent les chercheurs dans leur communiqué.

Un suivi médical prolongé pour les patients ayant eu un traumatisme cérébral
Pour les auteurs de cette étude parue dans la revue Neuroepidemiology, leurs résultats suggèrent qu’il serait intéressant de proposer un suivi médical prolongé et un dépistage du cancer du cerveau aux patients ayant eu des lésions cérébrales suite à un choc.
Les chercheurs ajoutent que le traumatisme crânien ne doit pas "être considéré uniquement comme un événement aigu, mais comme une affection pouvant avoir des conséquences neurologiques à long terme, notamment un risque de cancer".


