• CONTACT
Publicité

QUESTION D'ACTU

Anxiété, dépression...

La Covid-19 a des conséquences psychosociales sur la prise en charge des patients atteints de cancer

Une vaste étude menée par six universités britanniques pointe les conséquences de l’épidémie de Covid-19 dans la prise en charge des besoins psychosociaux des patients touchés par un cancer.

La Covid-19 a des conséquences psychosociales sur la prise en charge des patients atteints de cancer ViktorCap/iStock

  • Publié le 19.08.2020 à 20h00
  • |
  • |
  • |
  • |


L’épidémie de Covid-19 et la saturation des services de santé qui en a découlé ont eu des conséquences très nettes sur la prise en charge des patients d’autres unités, en particulier de ceux atteints de cancer. C’est ce que met en lumière une vaste étude menée par des chercheurs de six universités britanniques et publiée dans la revue Psycho-Oncology. Selon ses auteurs, le soutien psychosocial des personnes touchées par le cancer a été affecté pendant l'actuelle pandémie de Covid-19.

“Les résultats de notre enquête démontrent clairement les bouleversements majeurs que la Covid-19 a provoqués. Le financement et la manière dont les services et l'activité de recherche seront maintenus dans les mois et les années à venir suscitent des préoccupations importantes et constantes, explique la docteure Kate Absolom, membre universitaire de la faculté de médecine de l'université de Leeds et présidente de la Société britannique d'oncologie psychosociale. Il est vital que nous suivions l'évolution de la situation et que nous collaborions avec d'autres organisations de lutte contre le cancer pour atténuer les difficultés et continuer à développer l'activité psycho-oncologique au Royaume-Uni.”

Des sentiments accrus d'anxiété et de détresse

Les chercheurs ont interrogé 94 professionnels travaillant dans le domaine de l'oncologie psychosociale au Royaume-Uni, et ont ainsi identifié un certain nombre de préoccupations concernant la suspension de la fourniture de soins en face-à-face aux personnes touchées par la maladie. En effet, pour endiguer les contaminations, les soins sont désormais dispensés à distance par le personnel à domicile ou, dans certaines régions, ont été entièrement suspendus.

Selon les professionnels de santé interrogés, le nombre de patients orientés vers les services psychosociaux a diminué, ce qui peut occasionner des retards dans l’accès aux soins. Les recherches ont aussi montré que l'absence de suivi en face à face et l'isolement social ont entraîné un sentiment d'anxiété et de détresse accru dans certaines communautés touchées par le cancer, augmentant ainsi le besoin de soutien psychologique. En raison de cette demande accrue et de la suspension temporaire des services de soutien, de conseil et de soins psychosociaux, les besoins des patients risquent de ne pas être satisfaits.

“Recevoir un diagnostic de cancer ou vivre avec un cancer peut être physiquement et mentalement dévastateur pour un patient et sa famille. Les sentiments de dépression et d'anxiété sont courants et ont un impact négatif sur leur bien-être général", analyse le docteur Jo Armes, responsable de la santé numérique à l'université du Surrey et co-auteur de l’étude.

Les prestations de soins à distance ont cependant leurs avantages, note l’étude. Selon les professionnels interrogés, il est désormais plus facile d’aider des patients qui ne pouvaient auparavant pas se rendre chez eux en raison de la distance et de la maladie, et beaucoup ont salué la flexibilité du travail à domicile offert au personnel.

Les soins à distance ne doivent toutefois pas se substituer à un suivi en face à face, en particulier pour les patients touchés par le cancer qui en font la demande. “Déplacer le soutien psychosocial vers une prestation à distance, et dans certains cas le suspendre complètement, s'est avéré difficile pour le personnel et a eu pour conséquence que les besoins des patients touchés par le cancer n'ont pas été satisfaits. En raison de la pandémie actuelle, cela a malheureusement été inévitable, mais il est important que nous tirions les leçons de cette expérience et que nous voyions ce qui fonctionne bien pour les patients et ce qui ne fonctionne pas, afin que des plans puissent être mis en place pour faire face à des situations similaires à l'avenir", conclut Jo Armes.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité