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QUESTION D'ACTU

Facteur de risque

Cancer : pourquoi le stress augmente nos risques

Les hormones du stress sont très néfastes pour notre corps et, à long terme, peuvent favoriser le développement des tumeurs. Le célèbre cancérologue David Khayat s'est exprimé de nombreuses fois à ce sujet dans les médias. 

Cancer : pourquoi le stress augmente nos risques dolgachov/iStock

  • Publié 02.12.2019 à 15h00
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Le stress est l’ennemi du siècle. Il favorise le stockage des graisses et la prise de poids, augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire mais aussi de contracter un cancer, selon de nombreux médecins. C’est notamment la théorie du Professeur David Khayat, célèbre cancérologue qui s’est exprimé sur le sujet dimanche 1erdécembre dans les colonnes de journal régional Sud-Ouest. “Les hormones du stress, diminuent l'efficacité nos télomères, situées au bout de nos chromosomes et dont la fonction est de surveiller et réparer les mutations de l'ADN”, déclare-t-il.  

Le spécialiste s’exprime régulièrement sur le sujet dans les médias. Il a même publié un livre sur le sujet en septembre 2018, intitulé L'enquête vérité. Vous n'aurez plus jamais peur du cancer. “Tout le monde a l’intuition qu’il s’est passé quelque chose d’assez grave dans la vie, comme la perte d’un proche et deux ou trois ans plus tard, un cancer est survenu. L’idée de ce livre est de le démontrer”, explique-t-il pour promouvoir son ouvrage dans une interview à France 24.

“En ce qui concerne le chagrin, cela arrive quand on arrive plus à le partager, parce qu’on est seul et que cette tristesse se transforme en désespoir. A ce moment-là, le corps n’y arrive plus et il se produit des mécanismes qui vont abaisser nos défenses immunitaires. On sait bien que quand on est très fatigué, on a tendance à attraper un bouton de fièvre ou la grippe. C’est le même principe pour le cancer. Dans notre corps, il y a des petits cancers pratiquement tout le temps. Un corps humain c’est une machine incroyable, constituée de milliards de cellules. Tous les jours nous en produisons 70 millions, il est impossible qu’un jour on en ai pas fabriqué une qui soit cancéreuse et se mette à proliférer. Mais le système immunitaire l’empêche de devenir un danger pour nous. Et à un moment donné, ce système immunitaire qui nous défend avec les anticorps abaisse sa puissance et le cancer s’en donne à cœur joie”, développe le spécialiste.

Souris stressées, tumeurs plus grosses 

Il y a quelques mois, des chercheurs ont découvert comment le stress chronique pouvait favoriser le développement des cellules souches du cancer du sein. Dans leur étude, ils ont induit un stress chronique chez des souris en les plaçant pendant une semaine dans des petits enclos limitant leurs mouvements.

Elles ont ensuite été inoculées avec des cellules du cancer du sein. Les souris ont ensuite été divisées en deux groupes : un groupe témoin et un groupe de souris stressées enfermées dans des petites cages pendant un mois supplémentaire. Les scientifiques ont alors constaté que les souris souffrant de stress chronique présentaient des tumeurs plus grosses et à croissance plus rapide que celles du groupe témoin.

“Vous pouvez tuer toutes les cellules que vous voulez dans une tumeur, mais si les cellules souches, ou cellules mères, ne sont pas tuées, alors la tumeur va croître et se métastaser. Il s'agit de l'une des premières études à établir un lien précis entre le stress chronique et la croissance des cellules souches du cancer du sein”, explique Keith Kelley, professeur au département des sciences animales et au College of Medicine de l'université de l'Illinois (Etats-Unis), co-auteur de l'étude.

L'épinéphrine en jeu

Après avoir démontré le lien entre le stress chronique, les changements d'humeur et la croissance accrue des cellules souches du cancer du sein, les scientifiques se sont penchés sur les fondements biochimiques sous-jacents qui sont à l'origine du stress et qui augmentent la croissance des cellules cancéreuses.

Ils ont ainsi remarqué que les taux d’épinéphrine (l’une des principales hormones du stress) étaient plus élevés chez les souris soumises au stress durant toute la durée de l’expérience et que chez celles ayant reçu un traitement pour inactiver le récepteur ADRB2 de l’hormone, les tumeurs étaient beaucoup plus petites et présentaient moins de cellules souches.

“Ces données fournissent une nouvelle voie qui explique comment l'élévation de l'épinéphrine causée par le stress chronique favorise la progression du cancer du sein en agissant directement sur les cellules souches cancéreuses”, déclare Quentin Liu, de l'Institut du cancer de l'université de médecine Dalian, en Chine, et co-auteur de l’article.

Respirez, méditez, marchez dans la nature…  

Ainsi, le stress serait donc bien un facteur de risque pour le cancer. Et s’il ne joue pas un rôle aussi important que le tabac ou la malbouffe dans le développement des tumeurs, il est, comme la cigarette ou une mauvaise alimentation, de notre responsabilité. Ce qui veut dire que nous pouvons avoir un impact dessus.     

“On ne peut pas éviter le stress et la tristesse, la finitude de la vie est une réalité à laquelle nous sommes tous confrontés. Par contre, on peut, au moment de la tristesse, essayer de discuter de trouver des amis ou de psychologues”, assure David Khayat qui délivre toute une série de techniques à instaurer pour mieux gérer son stress.

“La respiration carrée, très liée au bouddhisme et au yoga est, par exemple, très utile : inspirez pendant cinq secondes, arrêtez de respirer pendant cinq secondes, expirez pendant cinq secondes et arrêtez de respirer pendant cinq secondes à nouveau. Se concentrer sur quelque chose d’aussi simple et primitif que la respiration permet d’évacuer son stress”, explique-t-il.  

Autres conseils pour diminuer l'anxiété : méditer ou marcher dans la forêt car “on sait aujourd’hui que les arbres communiquent avec nous”. Il en effet été prouvé à maintes reprises que le contact avec la nature relaxait l’être humain. D’après une étude parue en avril dans la revue Frontiers in Psychology, marcher une vingtaine de minutes dans un parc, ou un environnement naturel en ville, accessible et gratuit, suffisent à diminuer le taux de cortisol des urbains. Jusqu’à 30 minutes, ce dernier se réduit encore plus et au-delà d’une demi-heure, la baisse continue mais à un rythme plus lent. Vous savez ce qui vous reste à faire…

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