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QUESTION D'ACTU

Asthme, bronchite, MPOC...

Maladies pulmonaires : 1 personne sur 10 en souffre à cause de son travail

Un rapport émis par deux sociétés respiratoires pointe le facteur professionnel dans le déclenchement des maladies pulmonaires non cancéreuses : une personne en étant atteinte sur dix l’est en raison de l’inhalation de vapeurs, de gaz ou de poussières sur son lieu de travail.

Maladies pulmonaires : 1 personne sur 10 en souffre à cause de son travail shironosov/iStock

  • Publié 01.06.2019 à 15h30
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Une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition, plus ou moins prolongée, à un risque qui existe lors de l’exercice habituel d’une profession. Si les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent la première cause de maladie professionnelle en France, les personnes travaillant dans les milieux agricoles ou industriels sont pour leur part plutôt concernées par d’autres pathologies, parmi lesquelles les maladies pulmonaires et respiratoires.

Asthme, maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC), bronchite chronique, fibrose cicatricielle et d’autres maladies respiratoires sont à craindre en cas d’inhalation régulière de vapeurs, de gaz, de poussière sur le lieu de travail. D’où la nécessité pour les praticiens d’accorder une vigilance particulière lorsqu’ils reçoivent un travailleur concerné en consultation.

Ce risque n’est pas anodin et isolé : selon une déclaration conjointe de l'American Thoracic Society et de l'European Respiratory Society publiée dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine (ATS), plus d'une personne sur dix souffrant de maladies pulmonaires non cancéreuses l’est en raison de ces inhalations sur son lieu de travail.

Des risques professionnels sous-estimés

Les 13 auteurs du rapport ont passé au crible les résultats d’une dizaine d’études menées dans le monde entier pendant plus de vingt ans et qui analysaient tous les liens entre les risques professionnels et les maladies pulmonaires.

"Le rôle des facteurs professionnels dans la plupart des maladies pulmonaires est sous-estimé", explique le Dr Paul Blanc, chef de la Division of Occupational and Environmental Medicine de l'Université de Californie à San Francisco. "Le fait de ne pas apprécier l'importance des facteurs liés au travail dans de telles conditions entrave le diagnostic, le traitement et, plus important encore, la prévention d'autres maladies."

En analysant les résultats, les auteurs de l’étude ont pu estimer le fardeau professionnel de ces maladies pulmonaires. Ils en ont conclu que 16% des cas d’asthme, 14% des maladies pulmonaires obstructives chroniques et 13% des bronchites chroniques étaient dues aux conditions de travail et à l’environnement professionnel.

Ces chiffres grimpent encore lorsqu’il s’agit de la fibrose pulmonaire idiopathique (26%), de la pneumonie d’hypersensibilité (19%), de la sarcoïdose et des autres maladies granulomateuses (30%) ou encore de la protéinose alvéolaire pulmonaire (29%). Les chercheurs ont aussi constaté que ces inhalations peuvent causer des maladies infectieuses comme la pneumonie aiguë communautaire (10%) et la tuberculose (2%).

Renforcer la prévention chez les travailleurs concernés

Pour le Dr Blanc, ces résultats, en particulier ceux sur l'asthme et la MPOC, renforcent les estimations antérieures du fardeau professionnel sur les maladies respiratoires et pulmonaires. D'autres estimations, comme celles de la fibrose pulmonaire idiopathique et de la pneumonie aiguë communautaire chez les adultes en âge de travailler, mettent en évidence "une ampleur du risque nouvellement appréciée ".

Certaines affections respiratoires ont été exclues de la liste des maladies étudiées. C’est le cas des cancers du poumon et de la plèvre, mais aussi de l’amiantose, de la silicose et de la pneumoconiose des travailleurs du charbon, aussi appelée "poumon noir", car contrairement aux autres maladies pulmonaires, ces affections sont entièrement liées au travail.

Pour les auteurs de l’étude, ces résultats mettent en lumière la nécessité de tenir compte non seulement de l’état respiratoire du patient, mais aussi de sa profession afin d’améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies pulmonaires. Le Dr Blanc espère qu'ils "inciteront les décideurs à prendre au sérieux la prévention de ces maladies chez les femmes et les hommes au travail dans le monde entier".

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