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QUESTION D'ACTU

Etude neuroZika

Zika : des séquelles neurologiques graves trois ans après l’infection

Une étude menée par des chercheurs du CHU de Guadeloupe met en lumière les conséquences neurologiques graves que peut avoir le virus Zika sur les patients. Et ce, plusieurs années après avoir été infectés.

Zika : des séquelles neurologiques graves trois ans après l’infection Motortion/iStock

  • Publié 04.05.2019 à 11h00
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Responsable d’une grave épidémie en Amérique du Sud et aux Caraïbes en 2016, le virus Zika peut provoquer des séquelles à long terme, dont la communauté scientifique n’avait jusqu’ici pas mesuré la portée.

Une nouvelle étude, menée par la Professeure Annie Lannuzel et des équipes du CHU de Guadeloupe, avec l’aide d’autres équipes françaises (Institut Pasteur, CHU de Martinique, APHP, Inserm, CNRS…) vient apporter de nouvelles preuves sur les conséquences neurologiques graves et persistantes liées au virus Zika. Publiés dans la revue Neurology et nommés neuroZika, ces nouveaux travaux montrent que le syndrome de Guillain Barré ou les manifestations neuro-inflammatoires aiguës ne constituent en réalité qu’une minorité des séquelles liées à l’infection.

6 patients sont toujours gravement invalidés

Transmis par les moustiques Aedes (comme le moustique tigre), le virus Zika peut en réalité avoir comme conséquences de multiples complications. C’est ce que met en lumière les chercheurs de cette vaste étude d’observation basée sur la population lors de l’épidémie de 2016 aux Antilles françaises. Elle s’est appuyée sur 87 patients touchés par le virus, dont 6 enfants. Tous présentaient un neuroZika, qui se caractérise par des atteintes neurologiques. 76 de ces patients ont pu être suivis sur la durée.

La majorité des cas de neuroZika (54 patients) avaient des atteintes du système nerveux périphérique (nerfs). Dix-neuf autres avaient une atteinte du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et quatorze patients présentaient un tableau neurologique mixte, à la fois central et périphérique. Un quart des patients avec neuroZika ont dû bénéficier d’une ventilation assistée en Service de Réanimation.

Dans 75 % des cas, les personnes suivies ont totalement récupéré ou ne présentent que quelques signes sans répercussion importante. Toutefois, un quart des malades souffre de problèmes résiduels comme une marche altérée ou de l’instabilité. Six d’entre eux (7,9% de l’échantillon) présentaient des séquelles entrainant une grave invalidité. Trois patients sur les 87 sont par ailleurs décédés.

"Ce sont des patients qui sont généralement passés en réanimation, qui avaient un syndrome de Guillain-Barré, donc une paralysie des quatre membres. Ils n’ont pas encore récupéré la marche et sont totalement dépendants dans les gestes de la vie quotidienne. Certains vont garder des séquelles ", détaille à Ouest France Annie Lannuzel, professeur de neurologie à l’université des Antilles, qui a piloté l’étude.

Améliorer la prise en charge pour éviter les séquelles à long terme

Selon Françoise Lazarini, chercheuse au sein de l’Unité de perception et mémoire olfactive dans le département des Neurosciences de l’Institut Pasteur, ces séquelles parfois graves et persistantes pourraient être prédites par la détection des acides nucléiques du virus Zika dans l’urine, le sang ou le liquide céphalorachidien. "Ces résultats révèlent que le spectre du neuroZika revêt une grande diversité de manifestations cliniques. Ils soulignent aussi l’importance de la détection des acides nucléiques du virus pour mieux prendre en charge les malades qui pourraient présenter des graves séquelles à long terme", souligne-t-elle dans un communiqué de l'Inserm.

D’où la nécessité de réaliser systématiquement cette procédure auprès des patients suspectés d’avoir été infectés par le virus Zika afin d’éviter les séquelles à long terme. Ces éléments doivent être pris en compte pour adapter le diagnostic et la prise en charge des malades avec neuroZika. "Quand on trouve le virus dans un fluide, il peut y avoir une atteinte plus sévère. Il y a un risque de passer en réanimation ou d’être intubé. Il faut vraiment prendre en charge ces cas rapidement et précocement", conclut Annie Lannuzel.

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