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Cancer : le stress chronique favorise le développement des cellules tumorales

Des chercheurs ont identifié un mécanisme expliquant comment le stress chronique accélérait la croissance des cellules souches du cancer du sein.

Cancer : le stress chronique favorise le développement des cellules tumorales Ridofranz/iStock

  • Publié 26.02.2019 à 09h53
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De mieux en mieux compris et pris en compte par la communauté scientifique, le stress chronique a déjà fait l’objet de nombreuses études. Toutes ont démontré qu’une longue et intense période de stress pouvait affecter durablement le bien-être psychologique et émotionnel, ainsi que la santé physique des personnes qui y étaient soumises. Des recherches antérieures avaient par exemple suggéré qu’une exposition au stress pouvait accélérer la croissance du cancer en modifiant l’activité des gènes.

D'autres ont suggéré que l'exposition au stress pourrait accélérer la croissance du cancer en raison de son impact sur l'activité des gènes.

De nouveaux travaux, menés par l’Université de Dalian en Chine et rapportés dans le Journal of Clinical Investigation vont plus loin. En menant une étude sur des souris, ses auteurs ont découvert comment le stress chronique pouvait favoriser le développement des cellules souches du cancer du sein.

Le rôle de l’épinéphrine dans le développement des tumeurs

"Vous pouvez tuer toutes les cellules que vous voulez dans une tumeur, mais si les cellules souches, ou cellules mères, ne sont pas tuées, alors la tumeur va croître et se métastaser. Il s'agit de l'une des premières études à établir un lien précis entre le stress chronique et la croissance des cellules souches du cancer du sein", affirme Keith Kelley, professeur émérite au Département des sciences animales et au College of Medicine de l'Université de l'Illinois, et coauteur de l'étude.

Pour établir un lien entre stress chronique et développement des cellules souches, les chercheurs ont induit un stress chronique chez des souris en les plaçant pendant une semaine dans des petits enclos limitant leurs mouvements. Elles ont ensuite été inoculées avec des cellules du cancer du sein. Les souris ont ensuite été divisées en deux groupes : un groupe témoin et un groupe de souris stressées enfermées dans des petites cages pendant un mois supplémentaire. Les scientifiques ont alors constaté que les souris souffrant de stress chronique présentaient des tumeurs plus grosses et à croissance plus rapide que celles du groupe témoin.

Après avoir démontré le lien entre le stress chronique, les changements d'humeur et la croissance accrue des cellules souches du cancer du sein, les scientifiques se sont penchés sur les fondements biochimiques sous-jacents qui sont à l'origine du stress et qui augmentent la croissance des cellules cancéreuses.

Pour les auteurs de l’étude, l’explication est à chercher du côté de l’épinéphrine, l’une des principales hormones de stress. Ils ont d’abord remarqué que les taux d’épinéphrine étaient plus élevés chez les souris soumises au stress durant toute la durée de l’expérience, mais aussi que chez celles qui avaient reçu un traitement pour inactiver le récepteur ADRB2 de l’hormone, les tumeurs étaient beaucoup plus petites et présentaient moins de cellules souches.

"Ces données fournissent une nouvelle voie qui explique comment l'élévation de l'épinéphrine causée par le stress chronique favorise la progression du cancer du sein en agissant directement sur les cellules souches cancéreuses", explique Quentin Liu, de l'Institut du cancer de l'Université de médecine Dalian en Chine.

La vitamine C, efficace pour cibler les tumeurs cancéreuses

Les chercheurs ont ensuite évalué la signification clinique de leurs découvertes en mesurant la présence d’épinéphrine dans le sang de 83 patientes atteintes d’un cancer du sein. Les femmes présentant des taux élevés de l'hormone du stress avaient un taux de survie globale et un taux de survie sans maladie significativement plus faible que les patientes présentant un faible taux d'épinéphrine.

Dans un dernier test, les chercheurs ont cultivé des cellules cancéreuses du sein en laboratoire et ont introduit une grande variété de médicaments contre le cancer. Ils ont découvert qu'injectée à des souris stressées, la vitamine C faisait rétrécir les tumeurs cancéreuses.

Les scientifiques soupçonnent depuis des décennies le potentiel de la vitamine C dans la lutte contre le cancer et plusieurs essais cliniques ont donné des résultats positifs. Cette étude apporte une nouvelle compréhension de son action dans les voies biochimiques pertinentes pour les patientes atteintes de cancer du sein souffrant de stress chronique, affirment ses auteurs. "Pris ensemble, ces résultats montrent que la vitamine C pourrait être un nouvel agent thérapeutique efficace pour cibler le cancer chez les patients souffrant de stress chronique", conclut le Dr Liu.

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