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Cancer du col de l’utérus : l’autotest à réaliser à la maison pourrait améliorer le dépistage

Généralement dépisté grâce au frottis cervico-utérin, le cancer du col de l’utérus pourrait être détecté de manière plus fiable et plus précoce si les autotests à réaliser soi-même à la maison étaient généralisés, selon des experts. 

Cancer du col de l’utérus : l’autotest à réaliser à la maison pourrait améliorer le dépistage jarun011/iStock

  • Publié 25.02.2019 à 14h56
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Chaque année, près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués en France et 1 100 femmes en meurent chaque année.

À l’origine de la plupart des cancers du col de l’utérus : des virus appelés papillomavirus humains (HPV), qui se transmettent au cours de rapports sexuels, avec ou sans pénétration, et plus particulièrement au cours des premières années de la vie sexuelle.

Le test HPV, plus efficace que le frottis

Pour détecter les lésions précancéreuses dues à la présence de HPV, il existe le frottis cervico-utérin. Actuellement, seules 62% des femmes de 25 à 65 ans sont dépistées par frottis tous les trois ans, comme le suggèrent les recommandations. Le frottis permet de prélever des cellules au niveau du col de l’utérus afin de rechercher des lésions précancéreuses. Des cellules sont prélevées au niveau du col de l’utérus puis analysées. Mais cette méthode a une limite : la présence du papillomavirus n’est pas mesurée. Or, une infection persistante est responsable de 99,7% des cancers du col de l’utérus.

Mais depuis quelques années, l’attention se porte de plus en plus sur les tests HPV. Ils permettent, par un prélèvement identique à celui du frottis, de détecter la présence de virus HPV (papillomavirus humain), à haut risque de cancer, en particulier les sous-types HPV 16 ou 18 retrouvés chez environ 12% à 15% des femmes. L’infection peut disparaître spontanément mais le virus peut aussi provoquer des lésions susceptibles d’évoluer en tumeur maligne.

Un autotest à réaliser tous les ans à partir de 30 ans

Pour l’heure, ce test HPV n’est pas encore pratiqué en première intention en France. Les médecins plaident pourtant pour sa généralisation. 60% plus efficace que le frottis cervico-utérin pour détecter les lésions précancéreuses, il pourrait aussi améliorer les taux de dépistage s’il était commercialisé sous la forme d’autotest.

C’est ce que confirme une méta-analyse réalisée pendant sept ans auprès de centaines de femmes et publiée dans le British Medical Journal. Tout aussi efficace qu’un test réalisé en cabinet gynécologique pour détecter les lésions précancéreuses dues à la présence de HPV, le test à faire soi-même à la maison pourrait aussi permettre de doubler le nombre de femmes dépistées. "Ce test offre une très bonne opportunité de ramener des femmes dans le circuit du dépistage alors qu’elles en étaient exclues en raison d’un isolement géographique, d’une réticence pour l’examen gynécologique ou autre. Par contre, il ne peut s’agir d’une solution unique dans le sens où il ne remplacera jamais la visite chez un médecin qui permet d’échanger et d’aborder de nombreuses questions de santé", explique au Figaro le Dr Ken Haguenoer, du Centre de coordination des dépistages des cancers au CHU de Tours, responsable du programme Apache en France et principal auteur de la méta-analyse.

Si les chercheurs s’entendent pour garantir l’efficacité de l’autotest HPV, ils précisent tout de même que ce dernier ne peut être réalisé qu’auprès de femmes ayant déjà entamé leur vie sexuelle depuis quelques années. En effet, plus de 80 % des femmes sont infectées par au moins une des cinquante souches de virus HPV au cours des deux premières années d’activité sexuelle. Aussi, "effectuer un test HPV dans les années qui suivent le début de l’activité sexuelle exposerait à un résultat quasiment sûr d’être positif, alertant sur un risque possible de cancer", détaille le Pr Jean Gondry, président de la Société française de coloscopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV).

L’autotest doit aussi être réalisé dans des délais plus court que le frottis : une fois par an en moyenne, à partir de 30 ans. "Quand une femme ne répondra pas à une invitation à effectuer un frottis à deux reprises, un test par autoprélèvement lui sera adressé, mais seulement à partir de 30 ans", âge retenu dans le cadre du programme de dépistage organisé, confirme Jean Gondry.

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