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Frottis pour toutes

Cancer du col de l'utérus : le dépistage enfin généralisé aux femmes de 25 à 65 ans

D'ici quelques semaines, toutes les Françaises âgées de 25 à 65 ans recevront un courrier les invitant à aller se faire dépister contre le cancer du col de l'utérus tous les trois ans.

Cancer du col de l'utérus : le dépistage enfin généralisé aux femmes de 25 à 65 ans Dangubic/iStock

  • Publié 13.01.2019 à 14h45
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Aujourd’hui en France, 3 000 cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués par an et près de 1 100 patientes en meurent. Alors que seules six femmes sur dix réalisent des tests de dépistage, l’Institut national du cancer (Inca) estime que 90% des cancers du col de l’utérus pourraient être évités avec un frottis tous les trois ans. C’est pourquoi, dans le cadre du plan cancer 2014-2019, le gouvernement a décidé de généraliser le dépistage du cancer du col de l’utérus aux 17 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans.

Dans quelques semaines, ces dernières recevront donc un courrier les encourageant à en réaliser un tous les trois ans, après les deux premiers tests espacés d’un an, a annoncé la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) réunie à Montrouge lors d’un congrès.  

"La première vague d’invitation au dépistage devrait concerner les femmes de plus de 50 ans, en particulier celles qui n’ont encore jamais fait de frottis", explique la vice-présidente le Dr Christine Bergeron, anatomo-cyto-pathologiste. "Parmi les femmes qui chaque année ont un cancer envahissant du col de l’utérus, 70 % n’ont pas fait de frottis", développe-t-elle, rappelant que le but de l’examen n’est pas de repérer le cancer du col mais des lésions précancéreuses, dix à quinze ans avant la cancérisation.

Malheureusement, de nombreuses femmes pensent qu’il est inutile de se faire dépister après la ménopause. Pourtant, s’il est vrai que plus d’un tiers des nouveaux cas de cancer du col de l’utérus diagnostiqués en 2015 l’avaient été avant 50 ans, plus de quatre décès sur cinq ont eu lieu après 65 ans. "Les femmes de 50 à 65 ans sont les moins bien suivies", déplore Christine Bergeron .

75% des personnes en âge de procréer sont touchées par le HPV au moins une fois

Dans la même logique, les femmes qui n’ont plus d’utérus mais toujours leur col doivent continuer à se faire dépister régulièrement. Car le plus important facteur de risque pour un cancer du col utérin est une infection du col par le virus du papillomavirus (VPH), qui se transmet sexuellement. Or cette contamination peut avoir eu lieu 10 ou 15 ans plus tôt et ce même sans pénétration. Ainsi, les lesbiennes doivent également se faire dépister, tout comme les jeunes femmes vaccinées contre le HPV, le vaccin ne protégeant pas contre certaines souches du virus.

Rappelons que le frottis est un examen très simple et rapide, qui se fait sans douleur. Grâce à une sorte de coton-tige, un médecin, un gynécologue ou une sage femme prélève vos cellules au niveau de col de l’utérus puis le place dans un récipient contenant un liquide permettant de rechercher l’ADN de papillomavirus par un test HPV. Si on estime que 75% des personnes en âge de procréer seront touchées au moins une fois dans leur vie par une infection au HPV, la plupart des jeunes filles éliminent naturellement le virus avant 25-30 ans. 10 % toutefois n’y parviennent pas.

C’est pourquoi, il est très important de se faire vacciner contre ce virus, rappelle le Pr Jean Gondry, chirurgien et gynécologue obstétricien, président de la SFCPCV qui partait en croisade contre les rumeurs sur le vaccin (certains spécialistes l’accusent de provoquer des maladies auto-immunes) il y a quelques jours dans Le Parisien. Alors qu’en France, le taux de vaccination est de 19%, dans les pays où la vaccination est prise aux sérieux, comme l’Australie, le Danemark ou encore l’Angleterre, on assiste à une "diminution très importante des lésions précancéreuses du col des jeunes femmes", assure-t-il.

Dans 96% des cas, le résultat du frottis est normal

Une fois le test HPV réalisé, le prélèvement est analysé par un médecin anatomo-cyto-pathologiste. Dans 96% des cas, le résultat est normal. Dans le cas contraire (aujourd’hui, parmi les femmes qui se font dépister, on découvre 35 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses par an, d’après l’Inca), des examens plus approfondis devront avoir lieu pour vérifier la présence de lésions précancéreuses par le biais d’un nouveau frottis, d’un test HPV ou d’une colposcopie où un médecin examine le col de l’utérus de la patiente.

Dans le cadre du dépistage organisé, tout est pris en charge à 100% sans avance de frais, assure l’Assurance maladie sur son site. "À l’exception de la recherche de papillomavirus lorsque le frottis est légèrement anormal. C’est pourtant ce que préconisent les recommandations de la Haute Autorité de santé depuis décembre 2016 pour distinguer les femmes vraiment à risque des autres, mais l’acte n’est toujours pas inscrit à la nomenclature (liste des actes remboursés par la Sécu, NDLR)", regrette le le Dr Bernard Huynh, gynécologue obstétricien à Paris et Neuilly, cité par Le Figaro. Dans le détail, le test complémentaire coûte 36,80 € et est remboursé à 60 %. 

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